À l’occasion du 25e anniversaire de la Journée mondiale de la Liberté de la presse du 2 au 3 mai, à Accra au Ghana, organisé par l’entremise de l’UNESCO et du gouvernement ghanéen, cet évènement donne l’occasion de prendre une pause, et de se pencher d’un peu plus près sur l’état de la situation. La liberté de la presse n’est pas juste un étendard que l’on brandit par pur esprit de contestation. Fondamentalement, à quoi sert-elle ? Et de quelle liberté s'agit-il exactement ?

Liberte de la presse

Le Journal Le Franco existe depuis de nombreuses années - 1928 pour être exact. Selon son mandat, il représente et parle de la communauté francophone. Dernièrement, un événement m'a fait réfléchir sur la manière dont Le Franco était perçu par certains représentants de la communauté. Pourquoi cette perception existe-t-elle ? Quel est le rôle d'un journal communautaire, en situation minoritaire ? Toutes ces questions me semblent essentielles à la bonne santé de la communauté.

Mardi 3 février, un professeur et trois étudiants francophones de l’Université de l’Alberta ont organisé une table ronde sur la liberté de la presse en invitant des universitaires et un caricaturiste, entre autres. Une exposition sur le même thème était proposée jusqu’au 10 février.

« Le satire joue un rôle central dans une démocratie fonctionnelle », estime Brian Gable, caricaturiste en chef au Globe and Mail. Invité au campus de l’Université de l’Alberta le 3 février pour débattre de la liberté d’expression, le dessinateur n’a pas pu se déplacer mais a tout de même participé aux débats grâce à la vidéoconférence. Cette table ronde était organisée en réponse à l’attentat au journal satirique français Charlie Hebdo qui a fait 12 morts le 7 janvier dernier, notamment les caricaturistes Charb, Cabu, Honoré, Tignous et Wolinski.

Pour M. Gable, le dessin de presse n’a pas pour objectif premier de choquer « ceux qui décident d’être insultés », mais plutôt d’évoquer les « problèmes sociaux », bien qu’il reconnaisse que le manque de contexte reste un « point faible » incontestable (ce qui est aussi vrai avec les articles de presse, dans une moindre mesure…). En ce qui concerne l’attentat de Charlie Hebdo, la publication de caricatures du prophète Mahomet avait permis aux deux assassins de justifier leurs actes.

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