Le 29 juillet, la 24e édition du Tour de l’Alberta a fait chauffer les routes des alentours de Beaumont. Plus grand rassemblement cycliste hors compétition de la province, la journée a été l’occasion de célébrer le cyclisme, mais aussi la communauté et la culture locales.

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Comme tout autre enseignant d’immersion, ceux de l’École Secondaire Beaumont Composite High School et de l’École J.E. Lapointe School essaient de partager avec leurs étudiants leurs connaissances de la langue française et de sa culture. Depuis plusieurs années maintenant, certains de ces enseignants ont trouvé un nouveau passe-temps professionnel : la musique contemporaine comme outil de motivation et d’apprentissage.

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Surpopulation étudiante, zonage inapproprié, librairie et gymnase absents, les 6 établissements que forment l’école Saint-Vital de Beaumont ne répondent plus aux besoins de sa population étudiante. Armée de parents attentionnés et d’une volonté de fer, la direction tente toutefois d’améliorer la situation au profit de ses élèves.

Les données du recensement de 2016 montrent que le Canada compte plus de 35 millions d’habitants. Selon Statistique Canada, les provinces de l’Ouest étaient les seules à afficher des taux de croissance supérieurs à la moyenne nationale. Francopresse s’est intéressée à la situation de trois lieux dynamiques des Prairies où s’épanouissent des communautés francophones.

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Jeudi 2 mars à 10 heures le matin, le drapeau franco-albertain a été hissé haut dans le ciel de Beaumont. Plus de 750 personnes s’étaient déplacées, un record depuis que la ville a adopté cette tradition il y a six ans.

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Les habitants de Beaumont l’attendaient depuis longtemps ! Le premier centre communautaire bilingue a ouvert ses portes, officiellement le 21 janvier. Un projet qui a coûté près de 12 millions de dollars pour la construction de l’édifice. Il aura fallu attendre presque 10 ans pour qu’un tel projet puisse voir le jour. La communauté est enchantée et le maire tout autant !

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Le 4 mai, la campagne de financement participatif du futur restaurant Chartier s’est achevée avec succès. Le couple de francophiles Sylvia et Darren Cheverie a collecté 107 975 dollars, largement de quoi convaincre banques et investisseurs de fournir l’argent manquant pour concrétiser le projet. Ouverture prévue début 2016 à Beaumont.

À la naissance de leur fille Rowan, il y a deux ans de cela, Sylvia et Darren Cheverie quittent Edmonton pour s’installer à Beaumont, où la jeune femme a grandi. En réalisant que la petite ville bilingue n’a pas beaucoup d’endroits pour boire « un bon verre de pinot noir », le couple décide de réaliser un vieux rêve : ouvrir son propre restaurant. On n’est jamais mieux servi que par soi-même... De plus, la ville est en plein essor ; sa population a presque doublé entre 2006 et aujourd’hui, passant de 9 000 à 16 000 habitants.

Fiers de l’histoire francophone de Beaumont, les deux entrepreneurs font le pari d’un établissement proposant de la cuisine canadienne-française (tourtière, poutine, charcuterie, pain frais...), du bon vin et de la bonne bière. « Un des meilleurs moyens de célébrer une culture, c’est de casser la croûte ensemble », sourit Sylvia, qui a passé toute sa scolarité en immersion française. Elle se souvient des petits plats faits maison qu’elle dévorait lorsqu’elle était invitée chez ses amis francophones. Originaire de Pictou, en Nouvelle-Écosse, Darren a lui aussi été initié à la cuisine canadienne-française dans sa jeunesse (et au français pendant son secondaire).

Trois nouvelles écoles ont vu le jour à la rentrée 2014. Leur confessionnalité vient d’être déterminée grâce aux votes des parents d’élèves.

« Le vote pour le ‘‘public’’ était dans le meilleur intérêt de l’école, estime Malorie Aubé, laprésidente du conseil de l’école francophone de Camrose. On voulait que notre environnement soit inclusif. » Sur les 27 bulletins envoyés aux parents, 21 sont revenus dans les temps… et 20 soutenaient le choix du public. L’école sera donc officiellement publique à la rentrée 2015. Pour autant, il reste « envisageable » de mettre en place un cours d’éducation catholique, en cas de demande des parents.

À Beaumont, les parents d’élèves en ont décidé autrement. 60% des bulletins reçus réclamaient une école catholique. Une surprise pour Daouda Marika qui avait « l’intime conviction » que l’école serait publique. D’après Alain Bertrand, le président du conseil d’école, un cours alternatif d’éthique et culture religieuse devrait être proposé pour les enfants dont les parents ne souhaitent pas d’éducation catholique. « Si c’est le cas, alors je ne vois aucun problème à ce que ma fille reste à l’école francophone catholique de Beaumont », confie M. Marika.

C’est ce qu’espère la Beaumont Heritage Society qui, depuis 2010, tente de sauver les bâtiments historiques de ce village, devenu ville tardivement.

« Il ne se passait pas grand chose ici jusque dans les années 70 », explique Carole Hudson, la fondatrice de la Beaumont Heritage Society. « Le village de Beaumont était très petit quand je suis née dans les années 50. Chaque quart de section avait une ferme, une grange et puis des vaches, c’est tout ! », relate Adèle Madu, née Gobeil. Cette dernière vient de signer les papiers pour faire don de l’étable familiale (photo ci-dessous) à la société patrimoniale, conjointement avec une autre association intéressée à préserver les traditions locales : la Beaumont Agricultural Society.

L’étable – achetée dans les années 40 par Ernest et Angéline Gobeil – va être déménagée à un mille et demi de la ville, sur le terrain de l’Agricultural Society. Le rêve est d’en faire une salle communautaire où pourront être célébrés les mariages au pas de valse et de two steps, comme dans le bon vieux temps. « Nous, c’est ce qu’on faisait quand on était jeunes : on allait à toutes les danses des villages environnant. Et quand quelqu’un se mariait, tout le village était invité à la soirée dansante, raconte la fille de fermiers. Je veux préserver l’héritage pas seulement de mes parents, mais de toutes les familles de Beaumont. »

Jeudi 11 décembre, une quinzaine de parents se sont réunis à l’invitation du Conseil scolaire Centre-Nord pour discuter de la confessionnalité de la nouvelle école de Beaumont.

« On ne veut pas vous influencer d’une façon ou d’une autre. […] La loi veut que l’école soit publique ou catholique. Au conseil scolaire, ça ne fait aucune différence », annonce Henri Lemire, directeur du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN), à la quinzaine de parents présents jeudi 11 décembre dans un des six bâtiments de la toute jeune école de Beaumont. Des conseillers scolaires sont également de la partie. Une réunion similaire avait d’ailleurs eu lieu lundi 1er décembre à Camrose.

Ouverte en septembre 2014, l’école de Beaumont compte désormais plus de 70 élèves. Il s’agit maintenant de décider si l’on veut qu’elle soit catholique ou publique. Dans les deux cas, elle dépendra du CSCN, mais le choix n’est pas anodin pour autant. Histoire d’y voir plus clair, deux intervenants ont présenté ces deux approches de l’enseignement francophone en Alberta.

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