P1080158La tension a monté d’un cran entre le ministre albertain des Finances, Joe Ceci, et le chef du parti conservateur du Canada, Stephen Harper.

 

Lors du débat des chefs de trois grands partis politiques fédéraux organisé et présenté par le journal The Globe and Mail, le 17 septembre, Stephen Harper a indiqué que « le déficit du gouvernement albertain avait augmenté depuis que les néo-démocrates avaient pris le pouvoir ».

 

La province, dont l’économie était toujours forte il y a à peine un an, doit vivre avec un prix du baril de pétrole instable qui altère ses finances publiques.

Le 4 mai, la campagne de financement participatif du futur restaurant Chartier s’est achevée avec succès. Le couple de francophiles Sylvia et Darren Cheverie a collecté 107 975 dollars, largement de quoi convaincre banques et investisseurs de fournir l’argent manquant pour concrétiser le projet. Ouverture prévue début 2016 à Beaumont.

À la naissance de leur fille Rowan, il y a deux ans de cela, Sylvia et Darren Cheverie quittent Edmonton pour s’installer à Beaumont, où la jeune femme a grandi. En réalisant que la petite ville bilingue n’a pas beaucoup d’endroits pour boire « un bon verre de pinot noir », le couple décide de réaliser un vieux rêve : ouvrir son propre restaurant. On n’est jamais mieux servi que par soi-même... De plus, la ville est en plein essor ; sa population a presque doublé entre 2006 et aujourd’hui, passant de 9 000 à 16 000 habitants.

Fiers de l’histoire francophone de Beaumont, les deux entrepreneurs font le pari d’un établissement proposant de la cuisine canadienne-française (tourtière, poutine, charcuterie, pain frais...), du bon vin et de la bonne bière. « Un des meilleurs moyens de célébrer une culture, c’est de casser la croûte ensemble », sourit Sylvia, qui a passé toute sa scolarité en immersion française. Elle se souvient des petits plats faits maison qu’elle dévorait lorsqu’elle était invitée chez ses amis francophones. Originaire de Pictou, en Nouvelle-Écosse, Darren a lui aussi été initié à la cuisine canadienne-française dans sa jeunesse (et au français pendant son secondaire).

Le parti conservateur a pris un pari : celui que le budget proposé aux Albertains le 26 mars dernier rallierait suffisamment la population pour qu’elle porte au pouvoir le parti pour un autre mandat. Si les sondages laissent planer un doute sur cette possibilité, ce qu’il faut remarquer est qu’on a décortiqué un budget, analysé son effet sur l’économie de la province pour finalement aller en élection sans que celui-ci soit adopté.

Cela laissera en même temps la liberté d’agir au prochain gouvernement qui pourra ainsi faire table rase de cette proposition de budget pour y aller de ses propres suggestions.

Quelles sont donc les options auxquelles le prochain gouvernement fera face?

La ville de Québec et Calgary aimeraient pousser plus loin leur collaboration et leur jumelage, en insistant désormais sur des partenariats économiques.

 

Les deux villes jumelées sont fières de leur amitié qui dure déjà depuis 58 ans, et souhaitent renforcer leur alliance économique. Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, était à Québec début février pour assister au déjeuner western du Stampede, donné chaque année dans le cadre du Carnaval de la capitale québécoise.

Luc Lacasse a conduit une pelleteuse pendant deux semaines sur le site d’un puits de pétrole, à deux heures au nord-ouest de Grande Prairie.

 

« C’est pas fait pour tout le monde », affirme Luc Lacasse en racontant le quotidien des hommes qui vivent sur les puits de pétrole. Cet entrepreneur travaille habituellement dans la construction et la rénovation, mais il vient de réaliser un contrat de deux semaines sur un petit puits de pétrole près de Dawson Creek, en Colombie-Britannique. Un ami québécois sous-contractant pour les « compagnies d’huile » lui a donné le tuyau.

Sur place, une cinquantaine d’employés s’affairent autour du derrick et de sa perceuse qui descend à plusieurs kilomètres de profondeur en quête de l’or noir. Les ‘‘shifts’’ classiques durent douze heures, de sept du matin à sept du soir et inversement. Le bruyant moteur diesel alimentant la foreuse ne s’arrête jamais. Mais en tant qu’ancien camionneur, Luc n’a pas de mal à s’endormir. Au volant de sa pelleteuse, il transporte des produits chimiques ou des boues de forage trois heures par jour. Et le reste du temps ? « Je regarde la télévision et je vais sur internet avec mon téléphone. »

Dopée depuis des décennies par le dynamisme des secteurs du pétrole, du gaz et de la foresterie, Grande Prairie possède un grand pouvoir d’attraction. Si les opportunités d’emplois sont bien réelles, l’intégration n’est pas toujours simple pour les nouveaux arrivants, notamment les francophones.

« Il faut arrêter le rêve de l’eldorado, ce n’est pas le tapis rouge ici », explique Michelle Margarit, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta de Grande Prairie et conseillère à l’emploi.

Koffi Kouadio (sur la photo avec sa femme) peut en témoigner. Cet ingénieur diplômé au Québec n’a pas encore trouvé d’emploi à la hauteur de sa formation. En arrivant à Grande Prairie, il a travaillé sur des chantiers de construction pour « payer les factures et nourrir la famille ». Il n’a aujourd’hui plus d’ouvrage et sa femme Élisabeth Katchié doit rester à la maison s’occuper de leur dernier enfant, trop jeune pour aller à la garderie. « Les médias internationaux ne montrent que les côtés positifs [du Canada] et pas les difficultés », estime M. Kouadio. « Quand je dis [à ma famille restée en Côte d’Ivoire] que je n’ai pas un rond, ils ne me croient pas ! », ajoute Mme Katchié. La communauté ivoirienne les aide à tenir.

Assez confortablement perché à 105 $ le baril en juin dernier, le prix du pétrole n’a depuis cessé de chuter pour tomber à 75 $ début novembre. À quoi doivent s’attendre les Albertains dans les mois qui viennent ?

Dans son discours du Trône du lundi 17 novembre, le gouvernement de l’Alberta a promis de maintenir « de faibles taxes et aucune taxe de vente », sans évoquer l’avenir de l’impôt sur le revenu au taux fixe de 10%, en dépit d’une importante baisse de revenus liée à la chute des cours du pétrole. Depuis juin, le prix du baril est passé de 105 à 75 $. Un manque à gagner non négligeable pour la province qui, en 2013, avait récupéré 9,6 milliards de dollars de redevances, soit environ un quart de son budget total.

L’opposition n’a pas manqué de critiquer la dépendance de l’Alberta vis-à-vis du pétrole qui va la pousser à s’endetter davantage et le risque, selon Rachel Notley, la chef du Nouveau Parti démocratique de l’Alberta, de déboucher sur des « compressions à un réseau d’éducation et à un système de santé qui sont déjà en difficulté ».

« C’est une mesure qui va coûter cher et qui bénéficiera seulement à certains types de familles. » Cette réaction du chargé de cours au Campus Saint-Jean Learry Gagné reflète la position dominante des médias après l’annonce du gouvernement de Stephen Harper, le 30 octobre.

La mesure ne fait d’ailleurs même pas l’unanimité au sein du parti au pouvoir. « Le fractionnement du revenu, c’est controversé depuis longtemps dans le parti conservateur, note M. Gagné. L’année passée, (l’ex-ministre des Finances) Jim Flaherty a été forcé de l’annoncer parce que lui n’était pas d’accord avec ça. Après le dépôt du budget, Flaherty a démissionné essentiellement sur cette question-là. Que Harper revienne avec ça, ça démontre que, entre autres, c’est lui qui mène le parti. Mais il y a encore des gens qui ne sont pas d’accord. »

Le fractionnement du revenu pour les parents n’est qu’une des mesures annoncées la semaine dernière par le parti conservateur. Celui-ci a également promis une bonification de la prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE) et une augmentation de la limite de déduction pour les frais de garde. Cependant, le crédit d’impôt pour enfant sera abrogé dès 2015, pour venir contrebalancer ces nouvelles dépenses.

Dans le cadre de la 35e semaine de la PME, la Banque de développement du Canada a publié un rapport identifiant « cinq facteurs clés pour réussir en affaires et cinq pièges courants à éviter ». Le Franco a demandé à trois PME albertaines de commenter ces recommandations.

La Banque de développement du Canada a étudié plus de 1 000 entreprises canadiennes bien établies mais qui ont déjà rencontré des difficultés temporaires. Les informations compilées ont permis de mettre en lumières cinq facteurs clés de réussite et cinq pièges à éviter pour les petites et moyennes entreprises (PME).

Trois entreprises franco-albertaines ont accepté de réagir à ces recommandations :
▶ le restaurant La Poutine à Edmonton (créé en 2010 et ouvert depuis 2011 ; 10 employés aujourd’hui)
▶ le constructeur d’antennes et fournisseur de services internet / téléphone MCSNet à Saint-Paul (créé en 1995, premières connexions sans fil à haut débit en 2002, 38 employés aujourd’hui)
▶ la boulangerie-pâtisserie Le Fournil Bakery à Canmore (créée en 2011, ouverte en 2012, 9 employés aujourd’hui)

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