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Pipeline Énergie Est, le projet continue

Le 20 octobre, Brian Gallant, nouveau premier ministre du Nouveau-Brunswick s’est rendu à Calgary afin de rencontrer son homologue albertain, Jim Prentice. La rencontre a porté essentiellement sur le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada. Marc Duhamel, docteur en économie à l’université du Québec à Trois-Rivières, apporte ses vues sur le sujet.

 

Des avantages économiques

Le projet de pipeline reliant l’Alberta au Nouveau-Brunswick est évoqué depuis 2012. Une grande partie de l’oléoduc existe déjà, entre Burstall et Montréal, il s’agirait donc de relier Hardisty à Burstall et Montréal à la raffinerie Irving Oil de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Ce projet, selon TransCanada, devrait coûter 12 milliards de dollars, transporter pas moins de 1 100 000 de barils de pétrole par jour et être long de 4 600 km.

« Le projet de pipeline est important pour le Nouveau-Brunswick » explique Marc Duhamel, « à court terme cela représente des investissements et des créations d’emploi pour la province. » Cela bénéficierait à la croissance économique du Nouveau-Brunswick et permettrait de développer sa plateforme d’échanges énergétiques ». Mais l’Alberta y trouve son intérêt aussi. « Le prolongement du pipeline mettrait en place une distribution et exportation de pétrole à moindre coût, et réduirait le risque de catastrophes environnementales. »      

  

L’environnement en jeu

Si personne ne peut nier les avantages économiques liés au projet de TransCanada, des voix s’élèvent pour en dénoncer les conséquences environnementales. « Deux vues s’opposent à ce sujet » selon Marc Duhamel. Pour l’Alberta et le Nouveau-Brunswick, le transport par pipeline est moins coûteux et moins risqué. Mais pour les opposants, notamment au Québec, ce projet augmentera nécessairement la quantité de pétrole acheminée vers l’est, et donc les risques pour l’environnement. De plus, avec une offre de pétrole plus importante à prix inférieur, et avec une demande croissante, il y aura également davantage de gaz à effet de serre.

 

Par rapport à ces interrogations, le tracé du pipeline fait l’objet de nombreuses controverses. « Il y a des discussions en cours, il faut trouver le tracé le moins problématique au niveau des opposants de ce transport de pétrole » ajoute Marc Duhamel. L’échéance du projet, initialement prévue pour 2018, devrait elle aussi dépendre de l’issue de ce problème. Les habitants de Cacouna, au Québec, s’opposent au projet de TransCanada, de peur que les travaux puis le bruit émis par le pipeline ne dérange les bélugas qui vivent dans la région.

 

La suite du projet

Le 30 octobre, après plus de 18 mois d’études, TransCanada a déposé officiellement son plan d’oléoduc devant l'Office national de l'énergie (ONE) du Canada, mais a également fait parvenir des études d'évaluation environnementales au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux Changements Climatiques du Québec. « Il n’y a jamais eu, depuis la construction du réseau principal du Canada, l'occasion de relier les vastes ressources énergétiques de l'Ouest aux marchés de l'Est », a déclaré à cette occasion RussGirling, le président de TransCanada, insistant sur le côté historique de l’évènement pour l’entreprise. L’ONE a désormais 15 mois pour établir ses recommandations et les faire parvenir au gouvernement du Canada, qui prendra la décision finale concernant le sort du projet.

 

 

À l’issue de leur rencontre à Calgary, Brian Gallant et Jim Prentice ont renouvelé leur volonté que le pipeline Énergie Est soit mené à terme. Selon le premier ministre albertain, en plus de ses conséquences positives sur l’économie du pays, « Énergie Est permettra d’améliorer l’autonomie du Canada en réduisant de manière significative la quantité de pétrole que nous importons ». Le premier ministre du Nouveau-Brunswick a indiqué que 16 entreprises de la province se rendront en Alberta afin de s’assurer que l’investissement entrepris bénéficiera à l’économie du Nouveau-Brunswick. Brian Gallant devrait se déplacer dans d’autres provinces que l’oléoduc traversera, afin d’expliquer les avantages de ce projet. Du côté de Jim Prentice, on peut s’attendre à ce qu’il se rende au Nouveau-Brunswick dans les semaines à venir.

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