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Fondation franco-albertaine : rendements et dons records en 2013-2014

 

Le 29 septembre, la Fondation franco-albertaine a tenu son assemblée générale annuelle et présenté ses états financiers. Avec des rendements des investissements de 13,6% et 557 357 $ de dons à perpétuité, l’année 2013-2014 a été fructueuse. Reste à mieux développer la redistribution des bénéfices pour répondre aux besoins de la communauté.

En 2013-2014, « en plus d’avoir eu notre plus grosse année de dons, on a eu de très bons rendements : 13,6% », explique Joël F. Lavoie, le directeur de la Fondation franco-albertaine (FFA). En clair, cela veut dire que l’argent placé dans des fonds de dotation a produit 13,6% d’intérêts, l’objectif visé moyen étant de 8,5%.

En ce qui concerne les dons, ils s’élèvent à 577 357 $ (183 nouveaux donateurs), contre 426 219 $ en 2012-2013 (88 nouveaux donateurs). Cette hausse impressionnante est notamment liée au « beau geste de solidarité » de Gaétan Gagnon qui a investi 100 000 $ pour créer un programme d’appariement. Concrètement, au lieu de défendre une cause précise, ce programme a permis de soutenir des donateurs qui ont contribués dans 43 fonds de dotation différents.


De plus, le rapport de la FFA a mis en valeur cinq nouveaux fonds de dotation :
- Pour la francophonie d’Edmonton ;
- Jonathan Létourneau et Paul Blais pour le Quartier francophone ;
- Bureau de visibilité de Calgary / Suzanne de Courville Nicol ;
- Yolande-Proulx pour l’Unithéâtre ;
- Fédération des ainés franco-albertains.
 

Fonds de dotation, mode d’emploi

Comment fonctionne un fonds de dotation au sein de la FFA ? Tout part d’un questionnement : « Qu’est-ce qui vous touche dans votre francophonie ? Est-ce que vous êtes prêts à mettre 10 000 $ ou plus pour faire avancer cette cause-là ? », interroge Joël F. Lavoie, avant d’illustrer son propos : « Il y a des gens qui donnent pour Notre-Dame-des-Monts à Canmore parce qu’ils ont ça à cœur et qui ne donneront jamais pour le fonds de la FAFA. »

Bien que la FFA en elle-même date de 1996, elle ne proposait initialement qu’un fonds général. Depuis 2007-2008, des fonds de dotation plus spécifiques ont vu le jour pour soutenir des causes particulières. Il y en a 65 aujourd’hui.

« Tout l’argent donné est placé selon la même politique de gestion : 60% sur le marché des actions – avec le meilleur retour possible et le minimum de risques –, 40% dans des hypothèques commerciales », détaille M. Lavoie. 1% des profits réalisés grâce à ces investissements servent au développement et à l’administration des fonds. Un pourcentage des intérêts (le rendement moins 1 %, soit 12,6 % pour 2013-2014) est redonné aux donateurs. Et évidemment, une partie de l’argent sert à financer des projets ponctuels.

Ainsi, le 5 mai dernier à Lethbridge, le Fonds albertain pour la jeunesse de Jean Poulin a contribué à hauteur de 1 250 $ à la première édition de la Journée de la musique du Conseil scolaire FrancoSud, avec la participation des écoles La Vérendrye, Les Cyprès et Le Ruisseau.

 

Vers davantage de redistribution ?

« Une chose qu’on aimerait l’année prochaine, c’est de voir plus de fonds qui redonnent », espère néanmoins Joël F. Lavoie. En effet, de nombreux fonds n’ont pas encore d’idée précise de projet à soutenir ou ne s’estiment pas encore prêts à redistribuer de l’argent. « On a été créés pour redonner à la communauté le plus possible », rappelle le directeur de la FFA, qui estime que des exemples concrets de projets peuvent aussi encourager de potentiels donateurs.

Pour autant, au moment de créer un nouveau fonds, il n’est pas évident de définir quelle cause soutenir. D’un côté, être trop précis peut être risqué : « C’est arrivé dans le passé : un fonds a été créé pour guérir la polio, raconte M. Lavoie. Le créateur du fonds est mort, 100 ans plus tard la polio est guérie et les centaines de descendants ne savent pas quoi faire. La fondation qui gérait le fonds a été obligée d’aller devant la cour pour faire autre chose [de l’argent], c’est extrêmement complexe ! » D’un autre côté, être trop large peut provoquer des réactions du type : « Concrètement, ça va servir à quoi ? ».

Les chiffres l’attestent : la FFA travaille bien avec les donateurs, qui n’ont jamais été aussi nombreux et généreux. Il reste cependant des progrès à faire pour répondre aux besoins de la communauté. « Si un jeune m’approche et me dit qu’il a besoin d’une bourse (…) et que nous n’avons pas de fonds pour y répondre, je ne suis pas capable de l’aider, déclare le directeur de la FFA. Toutes les fondations communautaires doivent faire face au même défi. »

Toujours est-il que la FFA continue de croître d’année en année, tout en finançant des causes variées, de la santé à l’éducation en passant par l’économie. Joël F. Lavoie aime comparer la fondation à un arbre : « Tu n’abats jamais l’arbre, tu gardes les fruits… mais ça prend du temps avant que ça ne pousse. »

 

 

Plus de détails dans le rapport à la communauté 2013-2014 (PDF)

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