Les coopératives se mutualisent

Les deux organisations représentant le mouvement coopératif canadien ne feront qu’une en 2014. 

 

Les mandats du Conseil canadien de la coopération et de la mutualité (CCCM) et de l’Association canadienne des coopératives (ACC/CCA) seront repris par une nouvelle entité bilingue, Coopératives et mutuelles du Canada. L’ACC/CCA existera toujours, mais s’en tiendra à ses opérations internationales pour le réseau anglophone des coopératives canadiennes.

 

Cette décision a été prise par un vote lors du congrès conjoint du CCCM et de la CCA-ACC tenu à Edmonton du 26 au 28 juin derniers. 

 

Ce remaniement venait du besoin de faire front commun sur certains objectifs, de partager les expertises transférables et renforcer les réseaux d’affaires, ainsi que d’améliorer l’efficacité des deux organisations, pour faire des coopératives le type d’entreprise ayant la croissance la plus rapide d’ici 2020.

 

« Il faut comprendre qu’il s’agit d’un changement majeur, car, depuis la naissance du mouvement coopératif au Canada au 19e siècle, les coopératives francophones et anglophones avaient toujours été séparées en deux réseaux. Nous croyons que ce regroupement améliorera notre représentation ainsi que les opportunités de développement coopératif », relate le directeur des communications et des programmes au CCCM, Michaël Béland. 

 

Victoire

Les deux associations nationales ont profité du congrès pour célébrer le succès de leurs efforts de lobbying cette année : le transfert de responsabilité des coopératives d’Agriculture etAgroalimentaire Canada à Industrie Canada. Historiquement, les coopératives ont commencé dans le premier secteur d’activités, mais avec le temps, se sont développées des entreprises venant de tous les secteurs de l’économie.

 

« Avec Industrie Canada, nos entreprises coopératives verront leurs défis de capitalisation, des services-conseils et de mise en marché mieux compris. Donc, les programmes et les services offerts par le gouvernement fédéral risquent d’être plus adéquats », explique Michaël Béland. 

 

Selon Bernard Brun du Mouvement Desjardins, « un des grands enjeux au Canada est la succession des entreprises selon le modèle coopératif. » Il a en effet là un besoin de développer un cadre avec Industrie Canada, pense-t-il. 

 

Néanmoins, la capacité des coopératives de se capitaliser demeure un élément central de l’agenda de lobbying du mouvement coopératif canadien (voir l’article « Canada coop » dans le Franco du 4 juillet). Il s’agit maintenant pour la nouvelle organisation de rallier deux réseaux très distincts, aux outils de capitalisation propres à chaque modèle, autour de stratégies communes.

 

« Les entreprises coopératives ne peuvent pas aller sur les marchés de capitaux pour se développer. De plus, l’accès à certains programmes gouvernementaux est rendu plus difficile pour les coopératives. Il faut explorer toutes les voies pour permettre aux coopératives d’avoir des outils de capitalisation équivalant aux entreprises à capital-actions comportant des avantages légaux et fiscaux du même ordre », affirme M. Béland. 

 

Pour transmettre ces revendications, et plusieurs autres, une identité et un message unique sont nécessaires. Comme le déclarait Bernard Brun lors de la plénière sur l’avenir du mouvement, une association nationale était « un incontournable ». 

 
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