Les dirigeants coopératifs de partout au Canada se sont rejoints à Edmonton du 26 au 28 juin derniers pour le congrès sur l’avenir du mouvement coopératif canadien. 

 

L’année 2012 ayant été décrétée Année internationale des coopératives par l’Organisation des Nations unies, un succès en soi, que le Conseil canadien de la coopération et de la mutualité et l’Association des coopératives du Canada, les deux associations coopératives nationales, souhaitaient célébrer lors de ce congrès. Mais avec la reconnaissance vient la responsabilité de démontrer un progrès presque constant, d’où la rédaction du Plan d’action pour une décennie des coopératives de l’Alliance coopérative internationale (ACI) visant à faire des coopératives le type d’entreprise ayant la croissance la plus rapide d’ici 2020.

 

Constats

Comme le faisait remarquer le défenseur des coopératives au gouvernement fédéral, le député libéral Mauril Bélanger, « les coopératives ont démontré, durant la crise de 2008, qu’elles sont deux fois plus résilientes que le secteur privé ». Pourtant, leur fonctionnement est très peu connu du grand public, des bureaucrates et des politiciens. Elles ne sont comprises dans presque aucun curriculum des écoles de commerce du pays, ne font que très rarement l’objet des programmes Échanges Canada (affectation temporaire des employés de l’administration publique centrale dans le secteur public, privé ou à but lucratif) et elles n’apparaissent pas dans les sections Affaires des journaux nationaux. 

 

D’où l’importance de l’application du cinquième principe d’une coopérative: l’éducation. « Si vous n’exercez pas ce principe dans une génération et demie, votre coop va disparaitre », avance Mauril Bélanger. 

 

Afin de pouvoir composer un message de marque pour le mouvement coopératif canadien, les coopératives financières et non financières doivent se définir une identité commune, ce qui peut s’avérer plus compliqué qu’il n’en parait, du simple fait que par exemple, certaines des plus grandes institutions fiancières coopératives ne s’affichent même pas comme tel sur leur site internet.

 

Capitaux

Un des défis importants pour les coopératives, qui peut s’avérer être identitaire, est celui de « trouver des sources fiables de capital tout en restant fidèle aux valeurs de propriété collective », souligne la présidente et directrice générale du Groupe Co-operators limitée, Kathy Bardswick. Pour ce faire, il est peut-être nécessaire d’explorer des options pour l’accès aux capitaux en dehors de l’adhésion traditionnelle, un sujet délicat pour certains.

 

Parmi les suggestions : trouver un moyen de transformer la dette en actions, multiplier les efforts pour injecter de l’argent dans le Fonds national d’investissement coopératif, créer une bourse des coopératives, encourager les coopératives d’investissement local (un projet pilote vient d’être entamé à Falher, dans le nord de l’Alberta) et, encore une fois, éduquer les membres pour que quelque soit la solution, elle soit attirante pour eux en tant qu’investisseurs. 

 

Un membre de l’audience, reflétant une crainte collective, dit qu’il « n’aimerait pas trop qu’on se rapproche du modèle capitaliste » et « qu’il faut lever des fonds à l’intérieur du réseau coopératif, sans chercher à être sur le marché ». 

 

« Sinon, nous pourrions manigancer une crise économique de toutes pièces et le gouvernement nous débloquerait des fonds », plaisante Ian Glassford, le directeur financier à Servus Credit Union. 

 

«  Ceux qui font les règles  en connaissent très peu sur les coopératives », constate Bernard Brun, du Mouvement Desjardins. 

 

Sur ce point, les Credit Unions de l’Alberta sont favorisées grâce aux lois provinciales qui régissent les institutions financières. « Le minimum en capitaux règlementaire est plus haut en Alberta et la loi prend en considération les parts communes et les actions préférentielles », explique le président-directeur général de Servus Credit Union, Garth Warner. « Nous avons de très bonnes relations avec le gouvernement albertain, qui a construit un régime favorable pour les Credit Unions », affirme-t-il. 

 

Par ailleurs, « le fait d’avoir une structure nationale pourrait permettre plus de cohérence », croit Bernard Brun. 

 

Le transfert de la responsabilité des coopératives à Industrie Canada (avant sous  Agriculture et Agroalimentaire Canada) et l’ouverture de certains hauts placés de l’administration de ce ministère, comme Iain Stewart qui s’est exprimé au congrès, permettent aux dirigeants des coopératives partout au pays d’espérer un cadre règlementaire commun pour 2020. 

 
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