Profitant du passage à Edmonton de l’ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) a organisé un 5 à 7.

Près de 25 personnes se sont présentées au Campus Saint-Jean, le 11 février dernier, pour échanger avec l’ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, et écouter une présentation portant sur la Chine.


« Nous avons reçu un appel nous signifiant que l’ambassadeur serait de passage à Edmonton et qu’il tenait à rencontrer des gens d’affaires francophones et bilingues. Le concept initial était une table ronde, mais nous avons suggéré un 5 à 7 », a expliqué le président-directeur général du CDÉA, Marc Tremblay.

Ce dernier s’est dit partagé quant au succès de cette rencontre. « C’est certain qu’on s’attend toujours à attirer une grande foule à ce type d’échanges et rencontres qui n’arrivent pas tous les jours. J’espérais une plus grande participation, même des gens qui ne sont pas entrepreneurs, mais les échanges semblent avoir été appréciés par les participants », souligne M. Tremblay.

En effet, le conférencier, qui a été nommé à ce poste à l’automne 2012, a joué franc jeu lorsque questionné sur les opportunités d’affaires possibles entre l’Alberta et la Chine. « Pour les petites et moyennes entreprises, c’est un marché difficile à percer. Je pense qu’il est préférable que les entrepreneurs fassent affaire ailleurs, comme aux États-Unis par exemple, avant de s’attaquer au marché chinois », a lancé le diplomate.

Celui qui a occupé pendant deux ans le poste de négociateur en chef et ambassadeur aux changements climatiques pour le Canada, en plus d’avoir occupé auparavant des fonctions diplomatiques dans plusieurs pays estime que pour une PME, « il faut avoir les reins solides » pour aller en Chine. « Au Japon, c’est plus simple alors qu’en Chine, cela peut être déroutant. Les Chinois veulent vous connaitre avant. Il faut donc avoir les ressources financières nécessaires pour se déplacer à quelques reprises », estime-t-il.

Une affirmation qui ne surprend pas Marc Tremblay. « On le dit souvent à des entrepreneurs québécois qui veulent venir s’implanter ici que cela est difficile, qu’il ne faut pas s’attendre à de grandes retombées immédiatement, qu’il faut établir des relations. Donc, si faire des affaires entre Canadiens est difficile, ce n’est pas surprenant que des échanges Canada et Chine le soient également », lance le président-directeur général du CDÉA.

Guy Saint-Jacques entend travailler pour renverser cette tendance. « J’ai rencontré Mme Redford (Alison Redford, la première ministre de l’Alberta) aujourd’hui et nous avons convenu de regarder à ce que nous pouvons faire pour aider les PME », avance l’ambassadeur. « Ce n’est pas Bombardier qui a besoin de mon aide, ou encore les banques. Ces grandes entreprises ont les ressources », ajoute-t-il.

Malgré tout, l’ambassadeur voit un pays en plein changement, surtout avec la venue d’un nouveau leader : Xi Jinping. « À quoi faut-il s’attendre du nouveau gouvernement chinois? Il tentera de satisfaire les attentes de la nouvelle classe moyenne. Xi Jinping a une approche plus conviviale et il se veut près du peuple », soutient Guy Saint-Jacques.
L’économie, la lutte contre la corruption et les abus de pouvoir, préserver la stabilité sociale et définir la place de la Chine dans le monde seront les objectifs des nouveaux dirigeants, une fois la transition politique complétée d’ici quelques semaines.

Le nouveau bureau politique, dont la moyenne d’âge est 61 ans, est constitué de 15 nouveaux membres sur un total de 25. On y retrouve seulement deux femmes. « Sur le plan de l’égalité, il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais cette représentation des femmes est deux fois plus grande que ce que l’on retrouvait dans l’ancien bureau politique », soutient M. Saint-Jacques.

La place du Canada
Pour l’ambassadeur, le Canada et la Chine ont intérêt à bien s’entendre. C’est pour cette raison que le premier ministre Stephen Harper s’est rendu en Chine à deux reprises, soit en 2009 et 2012, et que le Conseil de la fédération a organisé une mission, comprenant 110 chefs d’entreprises et d’institutions, en 2012 également.
   
« Au niveau des relations avec les autres pays, il y a des préoccupations, mais le Canada est bien positionné. Dans les relations avec la Chine, ce qui importe, c’est de ne pas les froisser », indique Guy Saint-Jacques.

Il donne en exemple la rencontre, en mai 2012, entre le premier ministre britannique David Cameron et le dalaï-lama. « Cela a causé certains remous. Depuis, les échanges entre les deux pays sont minimes », lance-t-il.

L’ambassadeur est d’avis que la relance de l’économie canadienne passe par ce pays d’Asie. « La Chine, avec 7,4 %, est devenue pour le Canada le 2e marché d’exportation, devançant maintenant le Royaume-
Uni (3 %) », note M. Saint-Jacques en précisant que les États-Unis arrivaient en tête de liste (62 %).

Les exportations vers la Chine ont augmenté d’environ 16 % par année entre 2006 et 2012. « Les provinces de l’Ouest, surtout l’Alberta et la Colombie-Britannique, comprennent l’importance de la Chine, surtout grâce à quelques secteurs comme les minéraux (fer et cuivre), charbon, huile de canola et le bois », souligne Guy Saint-Jacques.

Ce dernier est d’avis que la courbe ascendante se poursuivra. « Il y a encore beaucoup de perceptions dans la population que la Chine est un pays communiste, mais le pays a évolué. Notre travail comme diplomate c’est de faire un effort de communication pour renverser cette image négative »,affirme M. Saint-Jacques.

« On ne peut pas faire autrement que de faire affaire avec des compagnies chinoises sinon on va manquer le bateau », conclut-il.
 

 

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