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FrancoPreneurs : L’incubation, c’est fini

Faute de fréquentation, le programme d’incubation FrancoPreneurs, offert par le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) depuis 2015, met la clef sous la porte. À compter du 1er mai 2018, ce sera Radio Cité, la radio communautaire francophone d’Edmonton, qui deviendra le locataire permanent de la grande salle de FrancoPreneurs.

FrancoPreneurs

Si le programme prend officiellement fin le 31 mars, il sera poursuivi pour quelques semaines afin d’honorer les contrats déjà engagés auprès de certains entrepreneurs qui continuent à recevoir quelques services.

Le programme avait été lancé en 2015, soutenu par le bailleur de fonds Diversification de l’économie de l’Ouest (DÉO) à hauteur de quelque 430 000 dollars. « Le projet visait à mettre sur pied un réseau d’incubateurs physiques et virtuels pour appuyer les entrepreneurs francophones de l’Ouest », rappelle Donna Kinley, gestionnaire pour DÉO. Malheureusement, l’incubation n’aura couvé que trois ans.

Le manque de demande invoqué

« La clientèle entrepreneuriale n’a pas été au rendez-vous autant qu’on l’espérait », estime Étienne Alary, directeur général du CDÉA. Celui qui est aux commandes depuis le 1er juillet 2017 a découvert FrancoPreneurs de l’intérieur. « Je dois avouer qu’avant de commencer au CDÉA, je me demandais ce que c’était FrancoPreneurs. Il y avait beaucoup de questions. Puis j’ai découvert la pertinence d’avoir des gens d’expertise dans plusieurs niveaux », relate-t-il. Malgré l’intérêt, l’expérience n’aura pas été un succès : « on reconnaît qu’il y a eu des ratés, on n’avait pas un bassin assez solide d’entrepreneurs », justifie le responsable.

Un bilan des activités de FrancoPreneurs sur ces trois dernières années sera rendu au début de l’automne pour les bailleurs de fonds, qui ont un droit de regard sur leurs subventions allouées. « Comme la date d’achèvement prévue pour la réalisation du projet approche à grands pas [ndlr: le 31 mars], les résultats seront examinés », prévient Donna Kinley de DÉO. 

Malgré l’échec, le bailleur de fonds continue de croire en l’incubation. « DÉO reconnaît la valeur des incubateurs pour les petites et moyennes entreprises, dont les entreprises francophones, et nous nous réjouissons à l’idée de recevoir de plus amples renseignements sur les résultats du projet FrancoPreneurs dans un avenir approché », exprime sa représentante.

Le programme s’arrête, le nom reste

Gare à la confusion : si le programme d’incubation FrancoPreneurs n’est pas reconduit, son nom de marque, lui, continuera d’être utilisé. En effet, les agents du CDÉA qui œuvrent dans d’autres volets, tels que l’appui aux entrepreneurs, emploieront encore cette dénomination avec laquelle les entrepreneurs se sont familiarisés.

D’ailleurs, du sang neuf vient de rejoindre l’équipe du CDÉA. L’agente de développement économique Marion Bonnet épaissit les rangs de l’équipe d’Edmonton tandis que Maud Comtois-Rouillard, coordonnatrice, sera basée à Calgary. « Il manquait une ressource côté entrepreneuriat à Calgary. On met l’accent du côté du mentorat », explique Étienne Alary.

Changement de cap pour le CDÉA

L’organisme économique est en pleine remise en question. « Notre approche sera différente, nous allons aller là où les entrepreneurs sont afin de les épauler, plutôt que de les faire venir à nous dans des locaux partagés », précise le directeur.

Au cœur de cette nouvelle stratégie, les partenariats avec d’autres organismes, parfois anglophones, occuperont une place de choix. « On a déjà des contacts avec Startup Edmonton et le département  Economic and Business Development de Spruce Grove », indique Étienne Alary. Dans cette nouvelle approche, il s’agira de « bâtir des relations à plus long terme avec les homologues ». En outre, l’équipe réfléchit à la façon dont les membres pourraient en avoir pour leur argent. « Pourquoi sont-ils membres ? On veut leur donner une valeur en retour », relève le responsable.

Si le CDÉA est en chamboulement, l’espoir est de redynamiser l’organisme. « C’est une autre façon de voir les choses qui va permettre au CDÉA de se renouveler. Si on veut être reconnus comme un leader en développement économique de l’Alberta, il nous faut des bases plus solides. Il ne faut pas avoir peur de se retrousser les manches », assure Étienne Alary.

La nouvelle planification stratégique du CDÉA est actuellement en développement et sera rendue publique dans les prochains mois.

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