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Le Canada en première place

ONTARIO – Le Canada a conservé la première place mondiale pour sa qualité de vie et la deuxième place comme meilleur pays dans le classement de US News pour une troisième année consécutive. Le classement a été dévoilé à la fin janvier.

Cette sélection annuelle du magazine américain est basée sur les classements mondiaux ainsi que les informations et les bases de données internationales. Parmi les critères de sélection, il y a l’ouverture aux affaires, l’héritage, la citoyenneté, la qualité de vie, l’entrepreneuriat.

« Le Canada est toujours cité parmi les plus grands pays du monde qui sont attachés aux valeurs, au savoir-vivre et à l’égalité entre les genres. Ses points forts sont les valeurs comme l’acceptation, l’ouverture et le multiculturalisme, bien qu’il y a encore du travail à faire et des choses à améliorer pour atteindre l’idéal canadien d’une société juste et égalitaire, une société où chaque personne peut se sentir chez elle, quel que soit la couleur de sa peau, ses origines, etc. », déclare le professeur et chercheur en science politique à l’Université Laurentienne, Amadou Bâ. « Malgré cela, le Canada fait bien partie des pays les plus stables, les plus rassurants et les plus pacifiques de la planète. Personne ne peut le contester. »

Une traduction de la réalité

Originaire du Sénégal, M. Bâ a vécu en France en tant qu’étudiant pendant près de dix ans. Il a ensuite immigré au Canada et a choisi le Grand Sudbury parce qu’il voulait faire partie des Africains qui ont osé le « deep snow » canadien et voir ce qui se passe ailleurs au Canada sans rester au Québec, qui est la destination privilégiée des immigrants francophones. Après huit ans de résidence au Canada, il est maintenant citoyen canadien. M. Bâ pense que le Canada a bien mérité sa place et que ce classement devrait être pris au sérieux, parce qu’il traduit la réalité. Il explique ce qui, selon lui, pourrait avoir poussé les États-Unis et la France très loin du Canada dans ce classement de US News.

« En France et aux États-Unis, il existe un malaise social. Une partie de la population de ces pays n’est pas acceptée et la fracture sociale y est plus visible et réelle qu’au Canada. Les politiciens canadiens ont un discours politique plus responsable, plus correct, et ils adhèrent au projet d’un Canada fort, un pays de multiculturalisme comme le reconnaît la constitution. Tandis qu’aux États-Unis, depuis l’avènement du président Donald Trump, l’inacceptation, l’intolérance et le racisme ont monté en flèche. Et tout cela se répercute sur le mental, la confiance et la motivation des populations », dit-il.

Il pense que le Canada est plus pragmatique que la France sur le plan économique. « Au Canada, tout est fait pour que les gens entrent dans la société de consommation rapidement. En France, les réformes sont difficiles à mener. Par exemple, à mon arrivée au Canada, j’étais surpris de remarquer que les magasins et centres commerciaux étaient ouverts le dimanche. En France, on est encore en train de débattre sur la nécessité de travailler le dimanche et la réticence est forte », souligne-t-il.

« La France offre plus de possibilités et de chance aux étudiants étrangers parce que le coût des études est moins cher. Mais, le pays connaît des défis énormes et le taux d’insertion des étrangers diplômés est très faible. Au Canada, il y a un besoin réel et l’insertion professionnelle est un peu plus possible, même si ce n’est pas toujours gagné », concède-t-il.

Un outil pour attirer les immigrants ?

Pour ce qui est de savoir si ce genre de classements attirerait plus d’immigrants au Canada, M. Bâ est convaincu que beaucoup d’immigrants choisissent le Canada à cause de ses bons résultats.

« La France n’est plus la destination préférée des étudiants issus des familles aisées en Afrique, par exemple, et les États-Unis ne présentent jamais le même visage. C’est un pays capable du meilleur comme du pire et cela ne rassure pas les riches du monde pauvre qui veulent que leurs enfants puissent avoir la meilleure éducation. C’est ainsi que les riches du monde pauvre, les diplômés, et même les travailleurs ou entrepreneurs, choisissent de plus en plus le Canada », termine-t-il.

Classée première en 2016, l’Allemagne a perdu sa première place contre la Suisse en 2017 et 2018. Dans le classement de 2018, les États-Unis et la France sont classés aux 8e et 9e positions.

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