DÉO soutient l’audiovisuel francophone !

Le ministère Diversification de l’économie de l’Ouest (DÉO) Canada a annoncé lundi 8 janvier un investissement de 750 000 $ sur trois ans dans le développement du secteur francophone de la production audiovisuelle et numérique. Cette bonne nouvelle est accueillie avec enthousiasme par les sociétés concernées, dont trois en Alberta, témoins et actrices de la croissance vigoureuse du secteur.

Stephan Gabriele fondateur de la societe Orange Iceberg sur le plateau de Chalet de lAlberta

La demande de subvention aura finalement été approuvée. Faisant suite à une collaboration entre l’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) et On Screen Manitoba (OSM), la requête déposée en janvier 2017 auprès du gouvernement a convaincu. « C’est un investissement tout à fait pertinent et nécessaire », relève Carol Ann Pilon, directrice générale de l’APFC.

Les deux organismes entretiennent des liens étroits. En l’occurrence, le projet commun est « d’accroître la capacité de production en français, de profiter des opportunités de développement et d’innovation, et d’augmenter la visibilité de nos productions », informe la responsable.

L’argent octroyé par DÉO reviendra à OSM qui le réinvestira dans des activités au service des acteurs du secteur, par exemple en organisant des colloques nationaux conviant producteurs, réalisateurs, distributeurs et diffuseurs.

Silence, ça tourne !

Le secteur est en pleine croissance. « Il y a une vitalité », résume Carol Ann Pilon. Déserte il y a encore trois ans, la production audiovisuelle en Alberta compte désormais trois boites de production. « C’est en bouillonnement, c’est fantastique ! », applaudit la responsable. Pour elle, l’arrivée d’Unis TV dans le paysage a été décisive, créant un appétit qu’il faut « continuer à nourrir ».

Far West Productions, maison de production bilingue basée à Edmonton, pourrait bénéficier indirectement de l’investissement. « C’est une annonce importante », estime Corey Loranger, réalisateur, producteur et animateur francophone. « On voit les producteurs dans l’ouest travailler et créer des projets de plus grande ampleur donc ce genre de financement va certainement aider à la croissance de l’industrie dans les Prairies, analyse-t-il. Reste à voir comment ce financement sera dispersé ».

Corey Loranger espère, entre autres, que l’investissement permettra d’améliorer le bassin de ressources : « Il y a un énorme besoin en talents francophones. On est souvent obligés de sortir de la province pour embaucher », confie-t-il.

Même constat pour Stephan Gabriele, fondateur de la société Orange Iceberg Media, fondée en 2008 et basée à Calgary depuis 2013. « On a un défi dans l’Ouest : trouver des talents francophones, surtout dans l’écriture, donc cette nouvelle ne peut qu’aller dans la bonne direction ». Même si l’entreprise se porte très bien avec deux documentaires prévus pour l’automne, il faut garder en tête que « les producteurs restent toujours à la merci du prochain contrat ».

Le gouvernement en soutien

C’est la première fois que le secteur de l’audiovisuel francophone en situation minoritaire reçoit une subvention de la part de DÉO. Pour Carol Ann Pilon, la décision reflète une position du gouvernement favorable : « Plusieurs leviers sont mis en place depuis quelques années pour que la production prenne tout son élan ».

Du côté de Loft Productions, basée à Edmonton depuis 2015, on se réjouit : « C’est toujours important de reconnaître que c’est possible de produire, de réaliser, de travailler dans l’industrie du film dans notre coin de pays », commente la cofondatrice et productrice Marie-France Guerrette.

Pour la professionnelle, il est important de défendre la production cinématographique en français dans l’ouest. « On peut produire des choses dans nos villes, dans nos villages, dans nos régions, car on a des histoires à raconter ! », lance-t-elle. Témoin de la croissance de ces dernières années, elle est contente de voir que ce genre de fonds réservés aux francophones « permet de survivre ».

Ainsi le secteur est dépendant des financements publics, et notamment du Fonds des médias où une enveloppe est réservée à la production francophone à l’extérieur du Québec. Mais, si l’enveloppe a suffi pendant de nombreuses années, aujourd’hui elle ne parvient plus à combler les besoins avec plus de 20 millions de dollars de projets. Beaucoup espèrent donc que l’investissement récemment annoncé ne soit que le début d’une série…

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