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Les régions de l’Alberta, un potentiel insoupçonné

Les quatre panélistes invités : Patrick Twomey, Martin Ebel, Paul Pelletier et Evens Lavoie.Un panel portant sur les économies et occasions d’affaires en région ouvrait la série d’ateliers proposés par le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) dans le cadre des Rendez-vous économiques, tenus à La Cité francophone d’Edmonton le 19 novembre dernier.

Les quatre panélistes invités (Martin Ebel, Evens Lavoie, Paul Pelletier et Patrick Twomey) venaient, à tour de rôle, dresser un portrait des différents secteurs d’activités en effervescence dans leur région afin d’informer les entreprises qui souhaitent développer de nouveaux marchés dans la province.


Une région à développer
« Le sud de la province est méconnu des Albertains », affirmait l’agent de développement économique de la ville de Fort Macleod, Martin Ebel. Ce dernier confirme la croyance populaire selon laquelle le sud de l’Alberta serait la région où les salaires sont les plus bas, la région étant majoritairement agricole.

Cependant, il y prévoit une hausse de la population et beaucoup d’opportunités de développement économique d’ici les prochaines années. « Le gouvernement investit 122 millions $ pour la construction d’une école de formation policière, dont les travaux débuteront au printemps 2012, alors que l’ouverture est prévue pour 2014 », explique M. Ebel.

Martin Ebel revient sur le potentiel touristique de la ville de Fort Macleod, qui se démarque de la région par la richesse de son histoire et insiste sur le fait que la région a un potentiel énorme pour développer les énergies alternatives telles que les éoliennes.

« Rappelez-vous qu’il y a un agent de développement qui parle français à Fort Macleod et qui veut augmenter la présence francophone dans la région », déclare-t-il à l’auditoire composé d’entrepreneurs.

Le nord pétrolier
Tout le contraire à l’autre extrémité de la province où l’industrie pétrolière et celle du gaz naturel s’y sont développées de façon exponentielle. Si bien que l’économie peine à se diversifier déplorait le panéliste Paul Pelletier, directeur général du Community Futures pour la région de Saint-Paul-Smoky Lake.

L’industrie forestière et l’agriculture seraient les deux autres grands secteurs de développement de la région nord-est.

« Le secteur des entreprises et gouvernemental ne vont pas très bien. Les PME peinent à trouver des employés et les institutions du gouvernement assistent à une baisse de leurs employés, mais ne remplacent pas nécessairement les postes vacants », avance M. Pelletier.


Ce dernier observe de plus en plus de travailleurs saisonniers venus de l’étranger pour pourvoir à ces postes secondaires.

« L’industrie pétrolière et celle du gaz naturel perturbent l’économie, les salaires sont trop élevés et les entreprises vont chercher leur main-d’œuvre là où elle est. Les autres industries ont de la difficulté à rester compétitives », affirmait, pour sa part, le conseiller municipal de Northern Sunrise County, Evens Lavoie.

Originaire de la région Rivière-la-Paix, M. Lavoie affirme être en relation avec le gouvernement de l’Alberta afin que la province tienne compte du développement rapide des régions au nord et s’assure de ne pas restreindre l’offre de services à cette nouvelle population de travailleurs. « Il faut prévoir des services sociaux, comme des logements à prix modiques, pour pallier à la demande excessive de service », indique-t-il.

Ce dernier met en garde contre les effets néfastes de ce genre d’économie, où des bulles spéculatives peuvent faire exploser les prix du marché immobilier par exemple.

Les Rocheuses touristiques
À Canmore, et dans les Rocheuses, il va sans dire que l’industrie du tourisme y prime. Toutefois, le directeur des ventes et marketing chez Tourism Canmore Kananaskis, Patrick Twomey, précise qu’il s’agit d’un moment charnier pour l’économie de Canmore, puisque les jeunes sont maintenant en mesure d’accéder à la propriété et de s’y établir en tant que résident.

« Nous avions un problème au niveau de la bulle immobilière en 2005-06, mais la crise économique nous a permis d’atteindre un certain équilibre », explique-t-il.

Bien que l’industrie du tourisme soit un pari dangereux en raison des divers facteurs qui la régit, M. Twomey voit une opportunité pour  Canmore de se positionner par rapport à Calgary et Banff. « On veut favoriser les gens qui s’installent pour développer l’économie parce que pour l’instant, les salaires ne sont pas assez élevés pour que les gens s’achètent une maison », fait observer ce dernier.

Sans être saturée, Canmore offre beaucoup plus de services que ce que la population locale de 12 000 habitants a réellement besoin. Cependant, la ville est un pôle touristique pour la province de l’Alberta et compte énormément de maisons secondaires. Elle compte donc sur une population flottante pour assurer la vitalité de son économie.

« La population de Canmore est différente du reste de l’Alberta, elle est très diversifiée et ce sont, pour la plupart, des gens qui ont choisi d’y vivre et beaucoup de ces gens ne connaissent pas beaucoup l’Alberta », avance Patrick Towmey, qui voit
l’opportunité de créer un lien entre Canmore et la province.

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