L'Union européenne et le Canada, des atomes crochus en économie

L'Accord économique et commercial global (AECG) de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada a été récemment signé à Bruxelles. Un accord que certains saluent, d’autres le voient d’un mauvais oeil. Dans les faits, cet accord aura pour but de dynamiser la croissance et l’emploi. Cet accord est-il réaliste par rapport aux normes européennes déjà en vigueur ? Est-ce que l’économie albertaine en bénéficiera ? Voici un rapide tour d’horizon sur la question.

« Pour les francophones en Alberta, c’est une très bonne nouvelle », déclare Erwan Oger, directeur en entrepreneuriat, mentorat et innovation au Conseil de développement économique de Calgary. Selon lui, cet accord facilitera les services en échange et en produit, contrairement aux accords précédents. « Pour un réseau bilingue comme le nôtre, les opportunités sont intéressantes », souligne-t-il. Ce dernier explique que les accords commerciaux sont une composante essentielle pour la performance économique et celle du pouvoir d’achat. « Plus les marchés sont ouverts, plus la qualité augmente, plus les prix diminuent », ajoute-t-il.  Entre le Canada et l’Europe, il y a bel et bien des atomes crochus !

Les normes européennes versus le marcher canadien

En attendant, ce traité de libre-échange entre l’UE et le Canada devra faire l’objet d’une ratification par les Parlements nationaux et régionaux des pays de l’Union. Justin Trudeau a fait lui-même le déplacement jusqu’à Bruxelles pour signer l’accord. Cette signature permettra d’éviter de payer plus cher aux consommateurs à cause de certaines limitations auparavant mises en vigueur. Il supprimera aussi les droits de douane et offrira aux investisseurs une plus grande visibilité du marché, tout en aidant à prévenir d’une quelconque contrefaçon au sein de l'UE.

Cependant, si cet accord représente certains intérêts économiques, qu’en est-il du point de vue de la santé ? La qualité de la viande bovine canadienne élevée pour certaines aux hormones pose question. L’approche entre le Canada et l’Europe a toujours été de l’ordre de la quantité versus la qualité. Cependant, il faut savoir nuancer la réalité. La réalité actuelle n’est ni blanche, ni noire se plait à dire Edward Timsit, professeur à l’Université de Calgary, spécialisé en médecine bovine. « Avec l’AECG ou CETA les viandes que l’on va importer en Europe ne seront pas aux hormones, à l’heure actuelle il y a déjà des unités de production qui importent leur viande en Europe ». Selon lui, les restrictions européennes font l’objet d’un examen stricte avant d’être importées en Europe. La présentation d’un cahier des charges est un prérequis incontournable avec un label rigoureux. « La seule chose que ça va changer avec le CETA, c’est la quantité de carcasses qui va augmenter », déclare le spécialiste.

Selon Erwan Oger, cet accord pourrait favoriser un marcher de niche, à savoir une recrudescence de l’élevage de bovins naturel en Alberta. « La différence c’est que le coût de production va potentiellement être moins élevé en Amérique du Nord, au Canada qu’en Europe, pourquoi, car on travaille avec des exploitations beaucoup plus grandes », souligne le spécialiste Edward Timsit. En effet, les Européens travaillent avec des effectifs de plus petite taille, des problèmes de rentabilité pourraient alors survenir à l’avenir.

Une fois que l’accord sera appliqué, le but sera donc d’offrir aux entreprises de l'Union européenne des débouchés commerciaux au Canada, mais surtout de créer de nouveaux emplois.

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