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Le Rendez-vous d'affaires du CDÉA. Entretien avec Michelle Blanc

Michelle Blanc Credit Olivier Samson-Arcand OSA Images

« Du concept à l'action », tel est le thème du Rendez-vous d'affaires du Conseil de développement économique de l'Alberta (CDÉA) qui se tiendra les 21 et 22 octobre prochains à Edmonton au Delta Edmonton South, hôtel et centre des congrès.  
Le Franco vous livre la première entrevue de sa mini série avec Michelle Blanc, experte, confièrencière et auteure en stratégie web et médias sociaux. 

 

 

 


Le Franco : pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Michelle Blanc : À la suite de ma maitrise scientifique en commerce électronique, j’ai commencé à être consultante. Ça fait 15 ans que je fais de la consultation. J’ai écrit plusieurs livres sur les médias sociaux, sur l’exportation, sur le blogue, etc.  Et évidemment, j’ai un blogue, michelleblanc.com, qui est considéré comme l’un des blogues francophones les plus influents. Je m’intéresse à tout ce qui est web et médias sociaux dans un contexte organisationnel.

LF : quel est l’objectif de votre atelier pour ce prochain Rendez-vous d’affaires ?

MB : Les gens d’affaires ont un retard assez appréciable sur le web. Tous les mois 40 à 60% de l’argent qui est dépensé par les Canadiens en ligne sort du pays. Notre économie numérique est en train de s’expatrier alors, évidemment, l’objectif de ma conférence est d’expliquer comment inverser cette tendance lourde et prendre part à l’économie numérique.

LF : qu’est ce que vous inspirent ces ateliers ?

MB : je fais ça depuis 15 ans. Ce qui m’inspire, ce sont les recherches, l’expérience que je vis, les succès de plusieurs de mes clients, mais aussi de plusieurs autres entreprises qui ont compris l’importance d’être sur le web et qui s’en servent judicieusement. Moi je suis grand-mère, j’aimerais bien que mon petit-fils puisse être dans un pays qui fera partie de la révolution numérique et non pas celui du Tiers-monde numérique.

LF : que pensez-vous des Rendez-vous d’affaires du CDÉA ?

MB : c’est une très bonne idée parce qu’évidemment la plupart des informations se trouvent déjà en ligne. On a cependant besoin de se réunir, de se donner des poignées de main et de réseauter. À cela s’ajoute le besoin de se parler dans le blanc des yeux. Les rencontres comme celles qui vont avoir lieu à Edmonton, sont des moments idéaux pour accomplir ces choses-là. Alors, ça va me faire plaisir et c’est un honneur pour moi d’y participer.

Bandeau LeFranco

LF : D’un point de vue plus micro-économique, que pensez-vous de l’économie franco-albertaine ?

MB : l’économie franco-albertaine est un peu comme l’économie de toutes les autres régions du Canada. Elles sont en suspens de l’économie numérique. Évidemment, c’est sûr qu’elles ne sont pas une économie en général. En ce moment ça ne va pas bien en Alberta à cause de la chute du prix du pétrole. On a le même problème dans plusieurs autres provinces notamment au Québec, où on était prêt à investir 500 millions de dollars pour développer le Plan Nord. En Alberta et au Québec, ainsi que dans plusieurs autres provinces, on n’a pas les infrastructures numériques qui nous permettraient de prendre un virage numérique efficace. Le pire, c’est que nous sommes l’un des pays du G20, qui nous paie le plus cher, pour avoir accès à ces services qui sont plutôt déficients. Alors, je pense qu’un virage majeur doit être pris au Canada pour, un, nous doter des infrastructures numériques du 21e siècle ; et deux, préparer la main-d’œuvre et les entrepreneurs à cette révolution numérique qui bouleverse absolument tout. Vous savez, plusieurs villes canadiennes luttent et réagissent très fortement à des nouveaux modèles comme celui de UBER (ndlr : entreprise Uber) par exemple. Ce qui me fâche avec les taxis UBER, c’est que ça n’a pas été développé au Canada et qu’on soit en réaction plutôt qu’en action. Ce qui m’inquiète c’est que UBER n’est que la pointe de l’Iceberg, parce qu’à moyen terme les chauffeurs de taxi comme tels n’existeront plus. Les chauffeurs de camion et les chauffeurs d’autobus non plus, puisqu’on va avoir très bientôt des véhicules autonomes. Les seuls qui se posent des questions au moment où l’on parle quant à la transformation de leurs modèles d’affaire ce sont les assureurs. Je pense qu’on a du retard, et qu’on devrait avoir une mission plus pro active pour s’adapter à ces réalités-là, plutôt que d’attendre et qu’on soit dans la réaction. Il faut commencer à prendre des dispositions pour être l’un des chefs de file de cette révolution numérique.

LF : quelle est la tendance économique dans votre secteur ?

MB : mon secteur vit ce que d’autres secteurs professionnels vivent, par exemple la guerre entre les psychologues et les psychothérapeutes. Malheureusement, on n’a pas d’ordre professionnel. Il n’y pas d’association pour distinguer quelqu’un qui possède une maîtrise scientifique en commerce électronique, et un autre ayant un cours collégial de programmation HTML qui est un expert du web au même titre que moi. C’est sûr que pour les entrepreneurs c’est difficile. Ce secteur est encore nébuleux pour eux. Ce qui est encore plus triste, c’est qu’ils vont faire de gros investissements avec des gens peu qualifiés. Le conseil : demander et appeler les références, regarder l’historique des réalisations et surtout regarder quelles sont les retombées trébuchantes et sonnantes des initiatives qui ont été faites vers l’un des fournisseurs que vous considérez.   

LF : Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs présents lors du Rendez-vous d’affaires ?

MB : Un, préparez vos questions. Deux, moi, je ne suis que l’une des nombreuses intervenantes qui sera présentes dans ces rencontres-là. C’est bien d’avoir une conversation humaine avant de s’imposer avec ses gros sabots et de donner sa carte professionnelle pour ne parler que de soi. Lors du Rendez-vous d’affaires, on va apprendre des autres et lorsqu’on s’intéresse aux autres, ils s’intéressent à nous, et finalement, eux vont nous demander ce que l’on fait dans la vie. Si on inverse la situation, cela donne très  peu de résultats.

J’ai hâte de rencontrer les francophones d’Edmonton pour la première fois dans un contexte d’affaires.

 

Michelle Blanc est l’une des premières titulaires de la M.Sc. Commerce électronique, avec une spécialisation en gestion, au Canada. Spécialiste en marketing internet, Mme Blanc est aussi reconnue dans son domaine en tant que conférencière et auteure. Madame Blanc est une conférencière recherchée pour sa connaissance du Web, des médias sociaux, de la sécurité informatique, du marketing web, de l’économie numérique et des stratégies Internet. Elle est particulièrement appréciée pour sa capacité de vulgarisation et son humour qui ne laisse personne indifférent. Elle a été conférencière pour plusieurs PME, la plupart des universités francophones du Québec et des entreprises aussi prestigieuses que le Cirque du soleil, le Conference Board of Canada, Loto-Québec, Deloitte, Desjardins, SAS Canada, la Journée Informatique du Québec, LesAffaires, Radio-Canada, Protégez-vous et plusieurs autres. Selon le Journal Les Affaires (2009), elle est l’une des 15 femmes qui feront bouger le Québec. Elle est l’une des 100 femmes qui marquent le Québec « catégorie visionnaire » selon la revue Châtelaine (2009). Et elle fait partie des 12 Québécois qui se sont démarqués dans le domaine technologique selon MSN (avril 2012).

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Comment se rendre au Delta Hotels Edmonton South Conference Centre ? 

 

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