Mise à jour économique : la province optimiste après le premier trimestre

Le 17 aout dernier, le gouvernement albertain a annoncé que les prix élevés du pétrole et la vente record de baux fonciers provinciaux pour l’exploitation gazière et pétrolière permettaient de réviser à la baisse le déficit provincial prévu pour la fin de l’année financière 2011-2012.

Dans son troisième budget déficitaire, déposé le 24 février 2011, le gouvernement anticipait que la dette de la province atteindrait 3,4 milliards $ en 2012, soit plus que les 1,1 milliards $ qui avaient été avancés dans le budget 2010.


À la suite du premier trimestre, qui se terminait le 30 juin 2011, le ministre des Finances, Lloyd Snelgrove, prédit désormais que le déficit de la province sera 60 % inférieur aux plans, soit  quelque 1,3 milliard $. De plus, M. Snelgrove croit possible que l’Alberta puisse revenir au déficit 0 dans son prochain budget.

 

 

Revenus

Selon l’économiste David Caron, l’élection à Ottawa d’un gouvernement conservateur majoritaire a fait mousser le marché pétrolier en supprimant la menace d’une taxe environnementale qui planait sur l’exploitation des sables bitumineux.

La hausse des revenus de redevances sur le pétrole et les couts du forage ont ainsi permis d’augmenter les recettes anticipées de l’Alberta de 27 %.

Le ministre provincial des Finance indique de plus qu’à chaque fois que le cout du baril
de pétrole augmente d’un dollar, la province en gagne 141 millions.

Jusqu’aux prochaines élections fédérales, la popularité croissante des biocarburants ne constituera pas une menace pour l’industrie de l’énergie, moteur de la croissance de l’Alberta. « Le mot “environnement” n’apparait que cinq fois dans la plateforme électorale des conservateurs », fait remarquer l’économiste.

Selon le chercheur en fonctionnement et règlementation des marchés énergétiques Joseph Doucet, il n’existe par ailleurs « aucune façon de remplacer le pétrole efficacement dans toutes ses utilisations; la demande continuera de croitre au moins pour les 40 prochaines années. »

Élargir le compte de dépenses
Le gouvernement a aussi dû réviser à la hausse le montant qui sera accordé aux dépenses provinciales. Les incendies de forêt, les inondations et l’aide fournie dans la région de Slave Lake ayant couté plus de 450 millions de dollars à l’Alberta, les dépenses projetées pour l’année passent de 39 milliards $ à 39,6 milliards $.

Le bilan économique reste néanmoins positif au sortir de ce premier trimestre et permet à la province de conserver près de 10 milliards $ dans son fonds de réserve. Les nouvelles prévisions ne tiennent cependant pas compte de la dette mondiale actuelle ni de la crise des marchés boursiers, qui ont été connus après la fin du trimestre.

Si les problèmes économiques des États-Unis et de l’Europe laissent désormais présager une nouvelle récession mondiale, « il reste toujours à voir à quel point cela va affecter le Canada », suggère David Caron.

Il rappelle que le Canada s’est montré le plus solide des pays du G7 face à la dernière crise et, encore aujourd’hui, a assez de marge de manœuvre pour mettre en branle un autre plan de relance économique, contrairement à ses voisins du Sud.

« Ce ne sont que des prévisions sur un an, termine Joseph Doucet. Même si le premier trimestre laisse présager une meilleure année que prévu, rien ne garantit que la situation ne se retournera pas. »

David Caron précise que le premier trimestre couvre généralement la période pendant laquelle le marché connait le plus de rebondissements et que la situation aurait normalement tendance à se maintenir. Notons que budget provincial sera de nouveau révisé après le deuxième trimestre et qu’une mise à jour devrait être publiée en octobre.
 

 

BDV : Lle ministre des Finances, Lloyd Snelgrove (photo : courtoisie)

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