Assez confortablement perché à 105 $ le baril en juin dernier, le prix du pétrole n’a depuis cessé de chuter pour tomber à 75 $ début novembre. À quoi doivent s’attendre les Albertains dans les mois qui viennent ?

Dans son discours du Trône du lundi 17 novembre, le gouvernement de l’Alberta a promis de maintenir « de faibles taxes et aucune taxe de vente », sans évoquer l’avenir de l’impôt sur le revenu au taux fixe de 10%, en dépit d’une importante baisse de revenus liée à la chute des cours du pétrole. Depuis juin, le prix du baril est passé de 105 à 75 $. Un manque à gagner non négligeable pour la province qui, en 2013, avait récupéré 9,6 milliards de dollars de redevances, soit environ un quart de son budget total.

L’opposition n’a pas manqué de critiquer la dépendance de l’Alberta vis-à-vis du pétrole qui va la pousser à s’endetter davantage et le risque, selon Rachel Notley, la chef du Nouveau Parti démocratique de l’Alberta, de déboucher sur des « compressions à un réseau d’éducation et à un système de santé qui sont déjà en difficulté ».

Pour la première fois de son Histoire, la ville de Calgary a présenté un budget municipal établi sur quatre ans, de 2015 à 2018. De nombreux projets sont prévus, entraînant une augmentation des frais pour les habitants de la ville. Le conseil municipal statuera sur ce plan d’ici la fin du mois.

 

Les Calgaréens vont devoir mettre davantage la main à la poche dans les prochaines années. C’est en effet ce que prévoit le plan d’action financier pour la période 2015-2018, présenté ce mois-ci par la ville. Les frais de services liés au drainage, à l’eau, aux égouts, au recyclage, mais aussi aux frais de transports en commun vont augmenter. Le forfait mensuel, qui est actuellement vendu au prix de 96 dollars, devrait coûter  107 dollars dans quatre ans, et le ticket passera de 3 à 3,35 dollars. Les impôts fonciers, levier financier essentiel pour la ville, augmenteront probablement de 4,7 % en 2015, et d’autant chaque année qui suivra.

 

Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, a récemment recommandé aux jeunes chômeurs du pays de ne pas hésiter à faire du bénévolat en attendant de trouver un travail rémunéré. Donner de son temps gratuitement est effectivement valorisé, mais qu’est-ce que cela apporte du point de vue professionnel, notamment aux immigrants ? Le bénévolat n’est-il bon que pour l’économie du Canada ou également pour ses habitants ?

 

Le bénévolat et ses nombreux atouts

 

Mathilde Denier et Fanny Ratisseau ont plusieurs points communs : elles sont toutes les deux Françaises, elles ont choisi de s’installer à Calgary, et avant de trouver un emploi elles ont décidé de valoriser leur temps libre en faisant du bénévolat.

Le Conseil de développement économique de l’Alberta tenait le 7 et 8 novembre son Rendez-vous économique annuel. L’évènement a permis de faire venir en Alberta une douzaine de conférenciers de renom. Ceux-ci ont enjoint les participants d’embrasser le changement et même d’être en avance sur celui-ci pour réussir en affaires. Le Franco fait un compte-rendu de la journée de samedi.

 

Séverine Arnaud


8h30 Séverine Arnaud : osez grand et passez à l’action

Séverine Arnaud est la fondatrice d’AltaVista Consulting, une agence de marketing et de développement d’entreprise, et présidente de la Chambre de commerce de Vancouver. Elle a fait un portrait de l’entreprenariat comme étant de plus en plus compétitif, dû à l’écartèlement des frontières et l’afflux d’information et de contenu. Pour être prêt à se lancer en affaires ou à faire croître son entreprise, il faut s’entrainer « comme pour un match de boxe », dit la femme d’affaires, anticiper les stratégies de son adversaire et saisir les opportunités avant eux.

La clé, c’est le leadership. La définition du leadership ? « Mobiliser les énergies dans le but de réaliser une action collective ». Il faut donc impliquer et développer le leadership de ses troupes. Autre conseil de la conférencière qui a lancé le bal du Rendez-vous économique samedi matin : « L’échec est le fondement de la réussite ». Et pour illustrer ce propos, Mme Arnaud a fait un exposé des icônes du succès comme nous le voyons aujourd’hui, telles Albert Einstein, Michael Jordan, les Beatles, Steve Jobs, qui ont tous essuyé des échecs avant de se relever.

Enfin, Séverine Arnaud a raconté à la foule l’histoire de l’éléphant énorme, qui n’est retenu dans le zoo que par un petit piquet. Puisqu’il a été habitué depuis tout petit à y rester accroché, la taille ne fait pas de différence. En affaires, il faut se départir de cette mentalité, ne pas avoir peur de prendre des risques et surtout innover.

Le 20 octobre, Brian Gallant, nouveau premier ministre du Nouveau-Brunswick s’est rendu à Calgary afin de rencontrer son homologue albertain, Jim Prentice. La rencontre a porté essentiellement sur le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada. Marc Duhamel, docteur en économie à l’université du Québec à Trois-Rivières, apporte ses vues sur le sujet.

 

Des avantages économiques

Le projet de pipeline reliant l’Alberta au Nouveau-Brunswick est évoqué depuis 2012. Une grande partie de l’oléoduc existe déjà, entre Burstall et Montréal, il s’agirait donc de relier Hardisty à Burstall et Montréal à la raffinerie Irving Oil de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Ce projet, selon TransCanada, devrait coûter 12 milliards de dollars, transporter pas moins de 1 100 000 de barils de pétrole par jour et être long de 4 600 km.

 

Fragile financièrement, l’unique librairie francophone d’Edmonton devra évoluer dans les prochains mois pour s’adapter aux besoins de la communauté.

« J’apprécie énormément la franchise de notre invité qui était le bibliothécaire en chef de l’Université de l’Alberta : il nous a dit clairement que le modèle du Carrefour n’était pas financièrement durable », raconte Fred Kreiner, professeur en immersion et vice-principal de la Junior/Senior High School de Jasper, présent lors de l’atelier du Congrès annuel de la francophonie (CAFA) consacré à l’avenir de la librairie.

La situation financière précaire de la librairie ne date cependant pas d’hier. « Je connais pas le chiffre d’affaires du Carrefour. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’en décembre 2008, lorsqu’on l’a vendu à l’Université, Le Carrefour était dans une situation périlleuse. On avait seulement deux choix : vendre ou fermer », confiait Jean Johnson, le président de l’Association canadienne-française de l’Alberta, sur les ondes de Radio-Canada.

« Le Carrefour est une des dernières librairies francophones dans l’Ouest canadien », rappelle Gerald Beasley, le bibliothécaire en chef et responsable des trois librairies de l’Université de l’Alberta. Il ne remet pas en question « le service excellent » proposé par la boutique de la Cité francophone mais affirme que le lieu doit s’adapter à son époque. D’où l’organisation d’un atelier au CAFA, le 17 octobre dernier, afin d’écouter les suggestions de la communauté.

Dans le cadre de la 35e semaine de la PME, la Banque de développement du Canada a publié un rapport identifiant « cinq facteurs clés pour réussir en affaires et cinq pièges courants à éviter ». Le Franco a demandé à trois PME albertaines de commenter ces recommandations.

La Banque de développement du Canada a étudié plus de 1 000 entreprises canadiennes bien établies mais qui ont déjà rencontré des difficultés temporaires. Les informations compilées ont permis de mettre en lumières cinq facteurs clés de réussite et cinq pièges à éviter pour les petites et moyennes entreprises (PME).

Trois entreprises franco-albertaines ont accepté de réagir à ces recommandations :
▶ le restaurant La Poutine à Edmonton (créé en 2010 et ouvert depuis 2011 ; 10 employés aujourd’hui)
▶ le constructeur d’antennes et fournisseur de services internet / téléphone MCSNet à Saint-Paul (créé en 1995, premières connexions sans fil à haut débit en 2002, 38 employés aujourd’hui)
▶ la boulangerie-pâtisserie Le Fournil Bakery à Canmore (créée en 2011, ouverte en 2012, 9 employés aujourd’hui)

Selon l’étude sur les prix des maisons de Royal LePage, le prix moyen d’une maison canadienne a augmenté de 4,4 à 6,1% entre septembre 2013 et septembre 2014.

Au Canada, le prix moyen d’une maison standard à deux étages a grimpé de 5,5% en un an pour atteindre 441 714 $, celui d’une maison individuelle de plain-pied de 6,1% (405 101 $) et celui d’un appartement standard en copropriété de 4,4% (257 377 $).

Du côté de l’Alberta, « le marché de Calgary a encore une fois été parmi les plus solides au pays, explique l’étude. La demande a été forte pour tous les types d’habitations et a encore une fois surpassé l’offre ». Conséquence : le prix moyen d’une maison standard à deux étages a augmenté de 9,2% au cours des 12 derniers mois pour atteindre 499 811 $, celui d’une maison individuelle de plain-pied de 10,8% (515 844 $) et celui d’un appartement standard en copropriété de 11,8% (294 156 $).

Députée provinciale de Barrhead-Morinville-Westlock depuis 2012, Maureen Kubinec a été nommée ministre de la Culture et du Tourisme de l’Alberta le 15 septembre 2014. Elle évoque la relation entre le ministère et le Secrétariat francophone, ainsi que l’importance de la culture francophone dans la province, notamment d’un point de vue touristique.

 

Le Franco (LF) : Comment la fusion entre le ministère du Tourisme et celui de la Culture affectera-t-il le Secrétariat francophone ?

Maureen Kubinec (MK) : Vous savez, je pense que la fusion n’aura que des effets positifs sur le Secrétariat francophone. Le gouvernement de l’Alberta continue de soigner sa relation avec les francophones et, via le secrétariat, nous nous engageons à soutenir les besoins de cette communauté. Maintenant, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais j’ai un gendre qui est francophone. J’ai des petits-enfants qui vont dans le système francophone et d’autres dans le système d’immersion… donc vous prêchez une convertie.

La fusion de ces deux ministères crée de nouvelles occasions de travailler avec le secrétariat, pour mettre en valeur la richesse du patrimoine et de la culture que nous avons ici. Vous savez sans doute que Legal est dans ma circonscription ? J’ai une merveilleuse relation avec la francophonie et j’apprécie vraiment chacune de mes visites là-bas.

 

Le 29 septembre, la Fondation franco-albertaine a tenu son assemblée générale annuelle et présenté ses états financiers. Avec des rendements des investissements de 13,6% et 557 357 $ de dons à perpétuité, l’année 2013-2014 a été fructueuse. Reste à mieux développer la redistribution des bénéfices pour répondre aux besoins de la communauté.

En 2013-2014, « en plus d’avoir eu notre plus grosse année de dons, on a eu de très bons rendements : 13,6% », explique Joël F. Lavoie, le directeur de la Fondation franco-albertaine (FFA). En clair, cela veut dire que l’argent placé dans des fonds de dotation a produit 13,6% d’intérêts, l’objectif visé moyen étant de 8,5%.

En ce qui concerne les dons, ils s’élèvent à 577 357 $ (183 nouveaux donateurs), contre 426 219 $ en 2012-2013 (88 nouveaux donateurs). Cette hausse impressionnante est notamment liée au « beau geste de solidarité » de Gaétan Gagnon qui a investi 100 000 $ pour créer un programme d’appariement. Concrètement, au lieu de défendre une cause précise, ce programme a permis de soutenir des donateurs qui ont contribués dans 43 fonds de dotation différents.

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