Bilous2Le gouvernement lance une ronde de consultations publiques cet automne pour entendre l’opinion des Albertains concernant le prêt sur salaire. C’est ce qu’a annoncé le ministre de Service Alberta, Deron Bilous, le 7 octobre, aux bureaux de l’organisme Centraide, à Calgary.

 

Les lois provinciales encadrant le prêt sur salaire expirent le 30 juin, en Alberta. Le nouveau gouvernement albertain a donc mis un questionnaire en ligne pour recueillir les expériences personnelles et l’opinion des gens sur le sujet. Le sondage sera accessible jusqu’au 28 octobre sur le portail du gouvernement.

payday loansChaque année, des centaines de milliers de Canadiens ont recours à un prêt sur salaire pour des dépenses inattendues ou parce qu’ils n’arrivent pas à boucler la fin du mois. À l’heure actuelle, les entreprises qui prêtent de l’argent, comme Money Mart et Speedy Cash, ont des taux d’intérêt pouvant parfois atteindre les 600% sur une base annuelle. Un groupe albertain de municipalités et d’organisations à but non lucratif a décidé de dénoncer ce type de pratique.

Le président-directeur général du Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA), Marc Tremblay, a partagé ses préoccupations à la ministre de l’Innovation, de l’Éducation postsecondaire, de l’Emploi, de la Formation et du Travail, Lori Sigurdson, le 10 août dernier, lors d’une rencontre officielle en privé.

 

« C’était important pour nous d’expliquer les défis auxquels les entreprises pourraient faire face si le salaire minimum augmentait trop vite. Nous ne sommes pas contre l’augmentation, mais nous souhaitons que le gouvernement consulte les entrepreneurs pour mieux comprendre leurs points de vue sur le sujet », explique Marc Tremblay, qui a reçu plusieurs appels de membres du CDÉA ou de gens d’affaires préoccupés par la hausse salariale.

La conférence du G7 de 2015 s’est terminée le 8 juin dernier avec une entente, admettons-le, relativement importante au niveau des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de l’utilisation des sources d’énergie fossiles.

 

Importante dans son envergure (70 % de réduction des GES sous le niveau de 2010 d’ici 2050 et la fin de l’utilisation des combustibles fossiles d’ici 2100), mais beaucoup moins sérieuse au niveau du délai. Analysons en deux temps ces conclusions, d’abord d’un point de vue de faisabilité économique, ensuite d’un point de vue d’exploitation des ressources.La première partie de cette entente, avec son objectif de réduction des GES, est très ambitieuse. En effet, diminuer dans cette proportion nécessitera une refonte du système industriel. Les émissions devront être d’autant plus contrôlées que pour atteindre l’objectif on voudra vraisemblablement démontrer des progrès au fur et à mesure que la date butoir de 2050 approchera.

Le 4 mai, la campagne de financement participatif du futur restaurant Chartier s’est achevée avec succès. Le couple de francophiles Sylvia et Darren Cheverie a collecté 107 975 dollars, largement de quoi convaincre banques et investisseurs de fournir l’argent manquant pour concrétiser le projet. Ouverture prévue début 2016 à Beaumont.

À la naissance de leur fille Rowan, il y a deux ans de cela, Sylvia et Darren Cheverie quittent Edmonton pour s’installer à Beaumont, où la jeune femme a grandi. En réalisant que la petite ville bilingue n’a pas beaucoup d’endroits pour boire « un bon verre de pinot noir », le couple décide de réaliser un vieux rêve : ouvrir son propre restaurant. On n’est jamais mieux servi que par soi-même... De plus, la ville est en plein essor ; sa population a presque doublé entre 2006 et aujourd’hui, passant de 9 000 à 16 000 habitants.

Fiers de l’histoire francophone de Beaumont, les deux entrepreneurs font le pari d’un établissement proposant de la cuisine canadienne-française (tourtière, poutine, charcuterie, pain frais...), du bon vin et de la bonne bière. « Un des meilleurs moyens de célébrer une culture, c’est de casser la croûte ensemble », sourit Sylvia, qui a passé toute sa scolarité en immersion française. Elle se souvient des petits plats faits maison qu’elle dévorait lorsqu’elle était invitée chez ses amis francophones. Originaire de Pictou, en Nouvelle-Écosse, Darren a lui aussi été initié à la cuisine canadienne-française dans sa jeunesse (et au français pendant son secondaire).

Lancé à Edmonton en décembre 2014, le service de transport entre particuliers Uber pose problème à la Ville, qui a déposé en février une injonction pour que l’entreprise cesse ses activités. L’audition à la Cour du Banc de la Reine a été reportée au 26 mars. La municipalité souhaite prendre le temps de trouver un règlement autorisant la cohabitation entre Uber et les taxis, qui se disent victimes de concurrence déloyale. Inscrit depuis janvier 2015, Corey Loranger nous explique comment le service fonctionne côté chauffeur.

Quel est ton travail principal ?

Je suis pigiste, comédien au cinéma et je travaille en télévision en tant qu’animateur : je fais du remplacement à Radio-Canada ici en Alberta et à la nouvelle chaîne francophone Unis, pour une émission qui s’appelle Couleurs locales. Je fais aussi de l’animation d’évènements et de la réalisation. Mes horaires sont vraiment non conventionnels. Chaque semaine est différente. C’est pour ça que j’ai la liberté d’entreprendre des trucs comme Uber.

Pourquoi as-tu décidé de travailler pour Uber ?

[… ] Je suis vraiment fan de ce système. Je ne suis pas nécessairement fan de Uber en tant que compagnie, mais c’est vraiment une idée brillante. Cela crée de nouvelles opportunités de transport dans notre ville. [...]

 

Comment s’est passé le recrutement ?

J’ai trouvé ça impressionnant. Le côté sécuritaire de Uber est très développé. [...] J’ai fait mon application en ligne, ça m’a pris peut-être une demi-heure pour répondre à toutes sortes de questions. J’ai dû envoyer plusieurs documents : évidemment mes assurances, mon enregistrement de voiture, mon casier judiciaire, mon historique en tant que chauffeur et des photos de ma voiture (elle doit avoir quatre portes et pas plus de six ans je pense). [...].

 

Lancée le 1er janvier 2015, la plateforme Entrée express avait pour objectif d’encourager l’immigration économique. Le problème, c’est que l’exception francophone n’apparaissait nulle part. Pour tenter de corriger le tir, Citoyenneté et immigration Canada (CIC) a lancé une consultation nationale, avec une étape à Edmonton le 19 février.

« J’ai apprécié qu’ils fassent leur tournée de consultation. J’aurais juste aimé qu’elle ait lieu avant parce qu’on aurait pu faire des modifications pour les francophones hors Québec », regrette Suzanne Corneau, directrice générale d’Accès-Emploi. Un avis largement partagé parmi les représentants des organismes invités à La Cité francophone pour donner leur avis Entrée express, une plateforme censée faciliter la venue d’immigrés économiques.

Depuis la suppression fin septembre l’Avantage significatif francophone, un programme conçu pour simplifier le processus d’embauche de travailleurs qualifiés d’expression française, l’immigration des francophones dans des provinces où ils seront minoritaires s’avère plus compliquée. « Pour nous et pour les employeurs que le CDÉA dessert, l’Avantage significatif francophone était un gros plus. Il se trouve qu’on n’a plus cette facilité pour aider les employeurs », déplore Francis Essebou, responsable des communications au Conseil de développement économique de l’Alberta. Entrée express ne tient nullement compte de l’exception francophone alors que, paradoxalement, le gouvernement affirme vouloir « attirer plus de francophones à l’extérieur du Québec, et ainsi contribuer à assurer la vitalité, le développement et la prospérité des communautés francophones en situation minoritaire au Canada. »

La ville de Québec et Calgary aimeraient pousser plus loin leur collaboration et leur jumelage, en insistant désormais sur des partenariats économiques.

 

Les deux villes jumelées sont fières de leur amitié qui dure déjà depuis 58 ans, et souhaitent renforcer leur alliance économique. Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, était à Québec début février pour assister au déjeuner western du Stampede, donné chaque année dans le cadre du Carnaval de la capitale québécoise.

Luc Lacasse a conduit une pelleteuse pendant deux semaines sur le site d’un puits de pétrole, à deux heures au nord-ouest de Grande Prairie.

 

« C’est pas fait pour tout le monde », affirme Luc Lacasse en racontant le quotidien des hommes qui vivent sur les puits de pétrole. Cet entrepreneur travaille habituellement dans la construction et la rénovation, mais il vient de réaliser un contrat de deux semaines sur un petit puits de pétrole près de Dawson Creek, en Colombie-Britannique. Un ami québécois sous-contractant pour les « compagnies d’huile » lui a donné le tuyau.

Sur place, une cinquantaine d’employés s’affairent autour du derrick et de sa perceuse qui descend à plusieurs kilomètres de profondeur en quête de l’or noir. Les ‘‘shifts’’ classiques durent douze heures, de sept du matin à sept du soir et inversement. Le bruyant moteur diesel alimentant la foreuse ne s’arrête jamais. Mais en tant qu’ancien camionneur, Luc n’a pas de mal à s’endormir. Au volant de sa pelleteuse, il transporte des produits chimiques ou des boues de forage trois heures par jour. Et le reste du temps ? « Je regarde la télévision et je vais sur internet avec mon téléphone. »

Dopée depuis des décennies par le dynamisme des secteurs du pétrole, du gaz et de la foresterie, Grande Prairie possède un grand pouvoir d’attraction. Si les opportunités d’emplois sont bien réelles, l’intégration n’est pas toujours simple pour les nouveaux arrivants, notamment les francophones.

« Il faut arrêter le rêve de l’eldorado, ce n’est pas le tapis rouge ici », explique Michelle Margarit, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta de Grande Prairie et conseillère à l’emploi.

Koffi Kouadio (sur la photo avec sa femme) peut en témoigner. Cet ingénieur diplômé au Québec n’a pas encore trouvé d’emploi à la hauteur de sa formation. En arrivant à Grande Prairie, il a travaillé sur des chantiers de construction pour « payer les factures et nourrir la famille ». Il n’a aujourd’hui plus d’ouvrage et sa femme Élisabeth Katchié doit rester à la maison s’occuper de leur dernier enfant, trop jeune pour aller à la garderie. « Les médias internationaux ne montrent que les côtés positifs [du Canada] et pas les difficultés », estime M. Kouadio. « Quand je dis [à ma famille restée en Côte d’Ivoire] que je n’ai pas un rond, ils ne me croient pas ! », ajoute Mme Katchié. La communauté ivoirienne les aide à tenir.

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