La version canadienne du Handmaid’s Tale (La Servante écarlate) fut récemment exposée par le Comité sénatorial permanent sur les affaires sociales, la science et la technologie. Le rapport Honte à nous : L’adoption forcée des enfants nés de mères célibataire pendant la période d’après-guerre au Canada inclut quatre recommandations, la première étant particulièrement importante car elle donne le ton pour ce qui doit suivre: que le Gouvernement du Canada présente, au nom des Canadiens, des excuses officielles aux mères et aux enfants qui ont été victimes des pratiques en matière d’adoption forcée pendant les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale.

Le rock québécois est à l’honneur cette semaine suite au passage de Lisa Leblanc et du groupe Les Deuxluxes, en Alberta. Après un spectacle commun au Festival Hall de Calgary, les artistes de la belle province poursuivront leur tournée dans l’Ouest canadien, armés d’une énergie emblématique et d’un style qui leur est propre.

party upAprès une pause de plusieurs années, la Saint-Jean-Baptiste a de nouveau été célébrée dans la capitale albertaine! Pour l’occasion, l’ACFA régionale d’Edmonton s’est donné les moyens de ses ambitions, en s’associant avec The Works, Art & Design Festival, qui gère les spectacles et les festivals ayant lieu à Churchill Square, en plein Centre-Ville. Le résultat a été à la hauteur des attentes, et ceux et celles qui se sont rendus ont pu s’époumoner sur des classiques de la chanson québécoise et franco-albertaine. « J’entends frapper! »

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Laissez-moi vous raconter une anecdote. C’était le 24 juin 2004. À l’époque, je travaillais pour le Bloc Québécois. Le parti souverainiste, mené par Gilles Duceppe et une soixantaine de députés, faisait la pluie et le beau temps sur la colline parlementaire. Les temps ont bien changé...

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C’est du jamais vu! L’Alberta courtise ouvertement les Québécois à travers une campagne publicitaire audacieuse mise sur pied en collaboration avec le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA). L’opération a d’ailleurs permis un véritable déridage des outils publicitaires utilisés par le CDÉA pour convaincre les Québécois de visiter la province.

En partant de la Belle province pour m’installer dans celle de la Rose sauvage,  je savais que j’allais beaucoup apprendre en travaillant dans un journal francophone. Ce que je ne savais pas, c’est à quel point j’en apprendrais sur la force avec laquelle les Franco-Albertains défendent leur langue.  

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Quand on est jeune, on veut se couler dans le moule, on veut correspondre aux couleurs qui vibrent autour de soi. Enfin, c’est ce que je croyais. Lors de la 25e édition du Parlement jeunesse de l’Alberta (PJA), j’ai eu la chance de m’entretenir avec des jeunes adultes franco-albertains surprenants. Avec leur accent qui, pour un Québécois, pourrait sembler anglophone, ils m’ont appris que non, justement, leur accent ne vient pas d’une difficulté à traduire les mots de la langue de Shakespeare, mais bien d’une identité propre à celle de Mollière.

La motivation des jeunes franco-albertains m’a fait comprendre que tous les accents ont lieu d’être, même ceux qui sont en voie de disparaître dans l’orthographe rectifiée. Le président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques, Monsieur Denis Desgagné, a prononcé un discours qui en a ému plus d’un. Le Saskatchewanais a entre autres expliqué que, lorsque ses enfants et lui avaient déménagé au Québec, la détermination dont ils avaient fait preuve l’avait touché. À l’école primaire, ses enfants ont été les seuls à se précipiter pour lever la main quand l’enseignant avait demandé qui voudrait se présenter aux élections scolaires. Est-ce que les jeunes francophones de l’Ouest sont plus motivés que les jeunes Québécois ? Et si c’est le cas, serait-ce par habitude de devoir constamment défendre leur identité langagière que cette jeunesse francophone se prononce aussi vélocement ?

Le député Bob Wanner faisait aussi partie des invités du PJA, avec le rôle de Lieutenant-gouverneur. Au lendemain de l’événement, M. Wanner a écrit sur Twitter que c’était pour lui un privilège de se retrouver entouré des jeunes parlementaires francophones de demain. Il a conclu son gazouillis en conseillant aux jeunes de « ne rêver que de grands rêves ».

De son côté, Colin-Philip Belliveau-Simard, président du Conseil d’administration de la Francophonie jeunesse de l’Alberta (FJA), a offert des mots et des larmes durant son discours célébrant le travail des participants du PJA. Émouvant, son allocution a fait réaliser à la Québécoise que je suis que pour certains, la langue française est plus qu’une façon de communiquer. Pour ces jeunes ayant deux langues maternelles, le français représente un perpétuel combat contre la tentation de s’exprimer dans la langue la plus facile au monde et contre ceux qui ont peur des accents (glottophobes).

Au Québec, parler français, c’est normal. Tellement normal qu’on en oublie parfois l’unicité de notre langue, et on en vient à envier les anglophones d’avoir un langage aussi facile et universel. En Alberta, la rose sauvage est le symbole notoire de la Francophonie. Singulière, rare et pourtant bien ancrée, celle-ci est défendue inopinément par ceux qui la parlent, mais aussi par ceux qui l’aiment.

Je sais déjà que je ressortirai grandie et changée de mon passage en Alberta. J’apprends, et je m’émeus de voir tous ces jeunes défendre leur langue avec conviction. Je rapporterai ce bagage linguistique fièrement à une nation qui a besoin d’apprendre la résilience.

 

Le ministre albertain de la Culture et du Tourisme, et responsable du Secrétariat francophone, Ricardo Miranda, a passé quelques jours dans la Belle province dans le cadre des Rendez-vous du Canada.

Rejoint à Montréal, le ministre ne cachait pas son enthousiasme de vanter les mérites touristiques de l’Alberta à ses comparses québécois. « Nous voulons développer des produits touristiques pour inviter les Québécois en Alberta », communique-t-il. Pour lui, cela commence par la création d’une politique linguistique en Alberta, « pour améliorer la relation entre le gouvernement et la communauté francophone ».

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M. Miranda s’est dit impressionné par l’offre culturelle québécoise. « Je suis ici pour apprendre les meilleures pratiques et les apporter en Alberta », a-t-il lancé. Pour lui, la meilleure façon d’appuyer le secteur de la culture et du tourisme, c’est d’engager le dialogue avec le Québec. « Il faut constater tout ce que la province fait dans le secteur culturel, et également dans le secteur linguistique. »

Dans cette optique, le ministre a rencontré plusieurs intervenants, telle la ministre québécoise du Tourisme, Julie Boulet, ainsi que la ministre Canadienne du Patrimoine, Mélanie Joly, ainsi que des acheteurs et des médias de l’industrie du voyage de partout dans le monde.

Par ailleurs, le séjour de Ricardo Miranda au Québec coïncide avec le lancement de la brochure touristique de l’Alberta (oxygénez votre vie), produit en collaboration avec le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA).

 

Le Colloque de l’ACFAS s’est ouvert de très belle façon le 7 avril dernier, avec  la présentation d’une conférence de l’ancien ministre libéral québécois, Benoît Pelleter. « Quelle est la place du Québec dans la francophonie canadienne? », a-t-il demandé aux convives réunis dans le Grand Salon de la Faculté Saint-Jean.  Pour lui, il s’agit d’un véritable défi de bien vivre ensemble dans une seule et même Francophonie.

Avocat de formation, Benoît Pelletier a commencé sa conférence en expliquant qu’au Canada, les droits linguistiques ne sont pas des droits individuels fondamentaux et que la Cour suprême choisi de les interpréter de façon uniforme, peu importe la communauté. « Par contre, au Québec, cette interprétation devrait être plus nuancée, car la langue de la majorité québécoise est la langue de la minorité canadienne », a-t-il partagé. Du même souffle, il a souhaité que la Cour suprême soit plus souple envers le fait français au Canada, afin de protéger la langue de Molière.

Au Québec, afin de freiner l’assimilation à la majorité anglophone, le gouvernement a mis sur pied la loi 101, honnie du reste du pays. « La Cour suprême a dit, dans différents jugements, qu’elle comprenait les objectifs poursuivis par la loi 101, qu’ils étaient même nobles, mais que les moyens utilisés par le Québec pour poursuivre ces mêmes objectifs étaient démesurés et disproportionnés », a fait savoir Benoît Pelletier.

Ringard, le français?
Quebec City 01Pour le professeur en droit de l’université d’Ottawa, le français est fragilisé au Canada, et même au Québec. Or, selon lui, la Belle province n’en fait pas assez pour protéger la langue française. « Les Québécois ont tort de considérer que la défense du français est ringarde. Nous sommes tous dans le même bateau, nous devons ramer dans la même direction et surtout éviter les confrontations », a-t-il insisté.

Selon lui, si tous les francophones du pays œuvraient collectivement pour la protection du français, le concept de dualité linguistique du Canada serait possible et  serait plus sensé. « Or, il n’est pas évident de dire aux Québécois, dont plusieurs estiment qu’il est inutile de maintenir des relations serrées avec le reste du pays, de revenir dans le giron de la Francophonie canadienne », s’est-il désolé. Il ajoute qu’un certain travail de sensibilisation auprès des Québécois devrait être effectué afin de raffermir ces relations, « ce qui n’enlève en rien au caractère national du Québec. Les Québécois forment une nation, la Chambre des communes l’a reconnu. »

Une seule Francophonie canadienne
Les Québécois peuvent-ils réellement réintégrer la grande famille de la Francophonie canadienne? « Politiquement, la tâche est difficile, car dans une perspective québécoise, il est plus simple de faire cavalier seul », répond le conférencier.  Or, à son avis, il n’y aucune raison qui explique que le Québec ne veuille pas s’inclure dans le concept de Francophonie canadienne, alors qu’il le fait pour la Francophonie internationale. « C’est complètement contradictoire. Quand on aime une langue, on veut qu’un maximum de gens la parlent! »

C’est d’ailleurs un des moyens privilégiés par Benoît Pelletier pour assurer l’avenir de la langue française au Canada. « La Francophonie canadienne doit devenir une grande société d’accueil. Nous devons travailler ensemble, avec le Québec. C’est ensemble que nous sommes, et c’est ensemble que nous serons », a-t-il conclu.

 

Originaire d’Edmonton, l’auteure-compositrice-interprète Karimah a fait beaucoup de chemin depuis le début de sa carrière, il y a une dizaine d’années déjà. Surtout depuis qu’elle a fait un virage de l’anglais au français, il y a deux ans. Après ses passages remarqués à Polyfonik et à Chant’Ouest en 2014, c’est au tour du Festival international de la chanson de Granby (FICG) au Québec de l’inviter à faire ses preuves sur scène. Portrait d’une jeune artiste pleine de potentiel.

Ashanti Karimah Mcleod Marshall, abrégé à Karimah sur scène, a toujours eu des inspirations variées pour son art. Elle cite le Motown, la soul et le jazz parmi ses influences, qui ont pris tout leur sens lorsqu’elle s’est mise à chanter en français. «Comme artiste, je suis inspirée par beaucoup de musiques qui ne sont pas vraiment écoutées dans la francophonie», admet l’Edmontonienne dans la mi-vingtaine. Celle-ci se targue d’offrir une musique francophone avec, malgré tout, une petite saveur anglophone. «Je chante des petites phrases en anglais», mentionne celle qui a triomphé à Polyfonik en 2014.

La ville de Québec et Calgary aimeraient pousser plus loin leur collaboration et leur jumelage, en insistant désormais sur des partenariats économiques.

 

Les deux villes jumelées sont fières de leur amitié qui dure déjà depuis 58 ans, et souhaitent renforcer leur alliance économique. Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, était à Québec début février pour assister au déjeuner western du Stampede, donné chaque année dans le cadre du Carnaval de la capitale québécoise.

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