Originaire d’Edmonton, l’auteure-compositrice-interprète Karimah a fait beaucoup de chemin depuis le début de sa carrière, il y a une dizaine d’années déjà. Surtout depuis qu’elle a fait un virage de l’anglais au français, il y a deux ans. Après ses passages remarqués à Polyfonik et à Chant’Ouest en 2014, c’est au tour du Festival international de la chanson de Granby (FICG) au Québec de l’inviter à faire ses preuves sur scène. Portrait d’une jeune artiste pleine de potentiel.

Ashanti Karimah Mcleod Marshall, abrégé à Karimah sur scène, a toujours eu des inspirations variées pour son art. Elle cite le Motown, la soul et le jazz parmi ses influences, qui ont pris tout leur sens lorsqu’elle s’est mise à chanter en français. «Comme artiste, je suis inspirée par beaucoup de musiques qui ne sont pas vraiment écoutées dans la francophonie», admet l’Edmontonienne dans la mi-vingtaine. Celle-ci se targue d’offrir une musique francophone avec, malgré tout, une petite saveur anglophone. «Je chante des petites phrases en anglais», mentionne celle qui a triomphé à Polyfonik en 2014.

Dans le foulée du Chant’Ouest, Karimah et Robert Walsh se sont lancés tête baissée dans une aventure blues qui, en quelques mois, a débouché sur un album et une participation à un prestigieux concours à Memphis.

« J’ai toujours adoré la musique punk et rock », raconte la chanteuse Karimah, qui s’est intéressée au blues par le biais de films documentaires dans un second temps. Le blues, la jeune lauréate du concours Chant’Ouest 2014 ne s’y était jamais vraiment frottée sur scène. Jusqu’à ce que Robert Walsh lui propose de participer à un concours à Edmonton.

Le guitariste pensait d’abord reformer le Robert Walsh Band mais la nécessité de réunir tout le monde à chaque étape de la compétition compliquait la donne. « Avec des professionnels de mon âge, c’est pas facile de leur dire : ‘‘OK, y’a une possibilité d’une gig dans deux mois, mais c’est pas certain !’’ », confie-t-il. Restait la solution de jouer en solo mais « c’est moins le fun ». Robert propose donc à Karimah de former un duo. Two Blue remporte finalement le concours… et décroche un ticket pour l’International Blues Challenge à Memphis, aux États-Unis.

Cette année, le 25e Chant’Ouest était présenté à la Cité francophone d’Edmonton le 25 septembre. Karimah et Kasperzick ont été couronnés.

Le concours interprovincial de l’Ouest et du Nord canadiens fêtait son 25e anniversaire et mettait en vedette les quatre finalistes : Denis P. Clément (Colombie-Britannique), Karimah (Alberta), Malika Sellami (Saskatchewan) et Kasperzick (Manitoba).

Le président du Conseil d’administration de la Société Chant’Ouest, Aimé Boisjoli, a exprimé sa satisfaction face à la réussite de cet évènement, surtout en ce 25e anniversaire : « C’était un très bon spectacle, je n’avais pas l’impression d’être à un concours et ce n’est pas souvent que je me sens comme ceci lorsqu’il s’agit d’une compétition. Il y avait une belle complicité et une qualité artistique de professionnels chez tous les participants ! J’espère que c’est seulement le début de cette vague de talent. »

Chant’Ouest, ce n’est pas qu’un concours de musique francophone de l’Ouest canadien, c’est aussi une panoplie de formations pour des artistes en devenir. Le Franco a ainsi accompagné l’Albertaine Karimah à deux ateliers (« tournées » et « subventions ») en amont du concert du 25 septembre.

« Si tu loues une camionnette, il faut t’assurer d’avoir des shows à chaque jour », déclare Raphaël Freynet, artiste originaire du Manitoba et responsable de l’atelier Chant’Ouest consacré aux tournées. En effet, une journée sans concert ne dispense pas de payer les « per diem » des musiciens et éventuels techniciens, « même si c’est des amis ».

Ce genre de conseils pragmatiques, Raphaël en a plein sa besace. Cela fait des années qu’il voyage à travers le Canada pour partager sa musique. « As-tu déjà annulé un show ? », l’interroge Karimah, la veille de son concert au Chant’Ouest. « Bien sûr ! » Et le Franco-Manitobain de raconter une histoire de tempête  terrible au Nouveau-Brunswick, avec des « bancs de neige plus hauts que les maisons ». Ce genre d’imprévus demande de changer son fusil d’épaule, passer des coups de fil en série et chercher des dates de dernière minute… ce qui débouche parfois sur de jolies surprises.

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