« L’Afrique, ce n’est pas que la maladie et les guerres »

La fondation Bosalisi expose et vend des œuvres de l’artiste congolais Mayemba à partir du vendredi 28 novembre à la Cité francophone d’Edmonton. Une manière de soutenir l’art africain et de le faire découvrir aux Albertains.

« Souvent, ses œuvres disent quelque chose. Par exemple, il y en a une qui représente deux personnes, un homme et une femme, qui rentrent dans une forêt. La forêt représente les obstacles de la vie. » C’est ainsi que Max Mubela, co-fondateur de Bosalisi, présente l’artiste congolais Mayemba qui sera exposé à La Cité francophone d’Edmonton. Le vernissage aura lieu le 28 novembre dans la rotonde (10h-18h) et les tableaux seront ensuite déplacés dans la salle 212 du 29 novembre au 6 décembre (accessible entre 10h et 16h30).

Peintre autodidacte reconnu, Mayemba expose actuellement à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, une institution soutenue matériellement par la fondation Bosalisi. « On va recevoir d’ici quelque temps des œuvres [des étudiants ou des professeurs] de l’académie, explique M. Mubela. En attendant, Mayemba s’est proposé. Il s’occupe aussi des jeunes de la rue au Congo… Donc il rejoignait un peu notre objectif. »


Soutenir l’art et l’éducation

Car Bosalisi, en plus de soutenir la création artistique en Afrique subsaharienne, a comme premier objectif de développer l’éducation. « On s’est dit : si on se met dans la politique, on va mal finir. […] Alors, qu’est-ce qu’on peut faire ? On va donner notre contribution à l’éducation », raconte Max Mubela. Cela passe notamment par la livraison de fournitures scolaires de base (cahiers, crayons...) mais aussi d’ordinateurs portables.

Une partie des œuvres de Mayemba ont été achetées sur place lors d’un passage de Bosalisi au Congo mais le reste a été envoyé par avion dans un second temps. En tout, une quarantaine de tableaux seront exposés et proposés à la vente (autour de 150 $ le tableau), dont environ 25 de Mayemba. Le reste provient du marché des artistes de Kinshasa. L’argent récolté sera reversé aux artistes mais une partie va être consacrée aux missions éducatives de Bosalisi au Afrique.

« Sa spécialité, ce sont les paysages »

Amateur de théâtre et des arts en général, Robert Suraki sera le représentant de Mayemba pendant l’exposition. « Sa spécialité, ce sont les paysages », précise-t-il. Mais au-delà de leurs dimensions esthétiques, les tableaux de l’artiste dévoilent la vie quotidienne au Congo, de façon plus ou moins réaliste (un tableau représente des femmes-cannes à sucre…).

« L’Afrique, ce n’est pas que la maladie et les guerres. Il y a des gens qui sont créatifs, des gens qui veulent montrer qu’il n’y a pas que la désolation », insiste Max Mubela. « Au-delà de toutes les tragédies, il y a aussi la vie », acquiesce M. Suraki. Quant à Riplea Lothian, une étudiante en sciences politiques investie dans Bosalisi depuis le début, elle reconnaît qu’elle avait auparavant une « perception très négative » de l’Afrique de l’Ouest, une région du globe où ce serait « juste l’anarchie ».

L’exposition s’adresse bien sûr aux Canadiens curieux de l’Afrique et aux Africains déracinés, mais pas que. « C’est aussi pour les jeunes immigrés qui sont nés ici et qui ne connaissent peut-être pas le passé de leurs parents », invite le co-fondateur de Bosalisi.

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