L’Unithéâtre veut « cultiver des voix d’ici »

Cette année, la rentrée de L’Unithéâtre tombe le 29 octobre. Son directeur Brian Dooley nous offre un tour d’horizon de la saison 2014-2015.

« Trois pièces ancrent la saison : La Corneille, Le Destin de tragicomique de Tubby et Nottubby et Jean et Béatrice», déclare Brian Dooley, le directeur général et artistique de L’Unithéâtre d’Edmonton. Trois œuvres destinées au grand public.

Le première est signée Lise Vaillancourt, une dramaturge et romancière québécoise. La Corneille(jouée du 29 octobre au 9 novembre 2014) s’articule autour d’« un thème universel – la relation entre fille et mère – et tout ce que ça peut représenter… Il y a quelque-chose de très émouvant là-dedans », confie M. Dooley. Les actrices locales Isabelle Rousseau et Carole Saint-Cyr donnent la réplique à Jessica Heafey de Vancouver. « C’est important de créer des liens avec d’autres communautés de l’Ouest du Canada », estime le directeur de L’Unithéâtre.


Comme son titre le laisse présager, Le Destin de tragi-comique de Tubby et Nottubby(du 29 janvier au 1er février 2015) mélange drame et comédie, questionnements shakespeariens et clowneries. À la fois auteurs et acteurs, Louis Fortier et Sophie Brecht ont fait tourner leur pièce à l’international, notamment en Afghanistan. Lui Québécois et elle Anglaise, ils sont tous les deux passés par l’école Jacques-Lecoq (Paris) qui forme les comédiens au jeu physique et à l’improvisation.

Quant à Jean et Béatrice(du 25 mars au 5 avril 2015), « c’est la première fois que la pièce est présentée en français en Alberta », précise Brian Dooley, qui se charge de la mise en scène. Cette création de Carole Fréchette interprétée par Steve Jodoin (Edmonton) et France Perrin (Vancouver) raconte l’histoire d’une femme qui, au sommet d’une tour moderne, guette l’arrivée de l’homme qui saura la séduire. « Une pièce très contemporaine qui parle de l’isolement émotionnelle », décrit M. Dooley.

Des lectures pour évoquer la réalité des francophones de l’Alberta

Outre les trois pièces-piliers précédemment évoquées, L’Unithéâtre inaugure cette année trois séries de lectures de textes écrits par des auteures francophones habitant en Alberta : Pierrette Réquier (Franco-Albertaine), Donia Mounsef (Franco-Libanaise) et Isabelle Rousseau (Québécoise).

« C’est important d’être capable de cultiver des voix d’ici qui vont raconter les histoires d’ici, pas nécessairement du territoire ou du terroir, mais qui reflètent leur réalité », estime Brian Dooley.

Regroupées sous l’intitulé « À voix haute », ces trois séries de lectures publiques seront assurées par des comédiens de L’Unithéâtre entre novembre et mai : le texte de Pierrette Réquier les 28 et 29 novembre 2014, celui de Donia Mounsef les 27 et 28 février 2015 et celui d’Isabelle Rousseau les 1er et 2 mai 2015.

Dans un second temps, dès l’année prochaine, M. Dooley aimerait « prendre une de ces pièces-là et la mettre en production », c’est-à-dire en faire une véritable œuvre théâtrale.
 

Des tournées dans les écoles

Librement inspiré du célèbre roman de Lewis Caroll, le spectacle Alice dans le monde à l’enverssera proposé dans les écoles francophones et d’immersion de l’Alberta du 24 février au 28 mars 2015.

Cette pièce écrite et mise en scène par Isabelle Rousseau est interprétée par Elisa Benzer et Caley Suliak, deux comédiennes francophiles qui ont appris le français à l’école. « Je trouve ça important que les élèves [des écoles d’immersion] entendent leurs accents », précise Brian Dooley. La tournée se prolongera en Colombie-Britannique.

« Chaque deux ans, on crée quelque-chose qui part en tournée à travers l’Alberta et la Colombie-Britannique, car on a une entente avec eux, explique le directeur du théâtre. Les années alternatives, on accueille leurs productions. »

Par ailleurs, L’Unithéâtre recherche actuellement des auteurs francophones de l’Alberta « qui ont quelque chose à dire », résume Brian Dooley. Peu importe le genre, le directeur apprécie simplement les démarches « honnêtes dans l’écriture » et des textes qui ont « un potentiel théâtral » et qui suscitent les émotions du public. Pour faire simple : des bonnes histoires. «  On cherche tous des bonnes histoires », sourit M. Dooley.

 

Avec ou sans surtitres ?

Depuis six ou sept ans, L’Unithéâtre propose des surtitres en anglais pour certaines de ses productions. « Cela fait des années que ça existe côté opéra », note Brian Dooley. « Mon instinct me dit que c’est important. On veut attirer un public anglophone ou des gens qui n’ont pas eu l’opportunité après l’école d’immersion de se pratiquer en français… », précise-t-il, conscient malgré tout qu’« un pourcentage du public préférerait ne pas avoir de surtitres ».

Responsable des surtitres de L’Unithéâtre depuis 2012, l’étudiante Milane Pridmore-Franz réalise actuellement une recherche sur l’effet des surtitres sur le public, dans le cadre de sa maîtrise en traduction. Ses conclusions seront évidemment précieuses.

Les trois pièces principales de la saison 2014-2015 seront présentées avec des surtitres.

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