25 ans de la Nouvelle Chanson d’Ici « Du Gala provincial de la chanson française à polyfonik… »

Un des témoins de la première heure raconte ‘à la première personne’, la mise en chantier du Gala albertain de la chanson, un événement catalyseur dans le développement de la Nouvelle Chanson en Alberta et dans l’Ouest canadien. 

 

Le Gala albertain de la chanson a été présenté pour la première fois à l’auditorium de la Faculté Saint-Jean à Edmonton le 10 juin 1989. La 25e édition du concours provincial de la chanson albertaine (connu sous le nom de Polyfonik depuis 2010) aura lieu le samedi 14 juin 2014 au Yardbird Suite dans le quartier historique d’Edmonton.        

 

« J’aurais voulu être un artiste » bien avant que Luc Plamondon n’écrive ces paroles en 1978. Au fait, mon cheminement s’apparente quelque peu au titre de la chanson – Le Blues du Businessman – moins les voyages « à New York ou Singapour » et dans un contexte beaucoup moins apocalyptique, heureusement, que celui de Starmania.

 

Ma première ‘scène’ remonte à 1975 et mes premiers pas en tant que professionnel à 1977, grâce à quelques airs gentils truffés de ‘hooks’ sur une cassette envoyée à Radio-Canada, Moncton. Je suis passé à la télévision avec un seul spectacle sous la ceinture! Ah, la belle époque…

Finalistes du Gala de la Chanson de Caraquet 1979, l’événement déclencheur du Gala albertain. Ronald Tremblay est le 3e debout à partir de la gauche).

 

J’ai pris part à mon premier Gala de la chanson à Caraquet quelques mois plus tard.  Tellement ‘tripatif’(1) : une semaine de répétitions, d’ateliers et de fête en compagnie d’autres jeunes artistes venus de partout en Acadie.

 

Après quelques années, je me suis rendu compte que le métier était trop exigeant. J’étais incapable de me plier aux rigueurs de l’emploi. Comme si le public n’avait qu’à absorber mes balbutiements à leur juste valeur. Ça ne pouvait durer, même à cette époque d’insouciance relative.

 

« La scène m’a quitté » en 1982. J’ai bien tenté de la reconquérir de temps à autre, mais la marche devenait de plus en plus haute!  Le disque que j’ai produit en 2002 demeure un témoin agaçant de ce qui aurait pu être.  

 

DE LA SCÈNE À L’ARRIÈRE-SCÈNE

À CJVA Radio-Acadie, le métier d’animateur d’émission était pour le moins multidisciplinaire. À l’animation s’ajoutait l’écriture et la production de ‘pubs’, les reportages commerciaux en direct, sans oublier le classement et le nettoyage des nouveaux disques. Mais c’était aussi l’occasion de participer activement à la promotion de spectacles des vedettes acadiennes du jour. Par le biais d’entrevues bien sûr mais aussi en présentant les artistes sur scène.  Fort de ces expériences et marqué, on ne peut plus, par celle du Gala de Caraquet, j’espérais recréer un jour l’atmosphère extraordinaire d’un tel événement.  

 

‘Fast-forward’à l’été 1988 (ENFIN!).

 

Je suis en Alberta – et à CHFA - depuis trois ans. Le directeur de la radio Denis Collette rassemble ses réalisateurs pour ce qui allait devenir pour moi une session capitale de brainstorming. Le 40e de la radio s’annonçait pour l’année suivante et on était à la recherche de projets pour souligner l’occasion dignement.

 

J’ai récemment retracé  les minutes de cette réunion fatidique du 10 juin 1988. On y  retrouve la liste préliminaire des  projets qui « devaient refléter l’enthousiasme des artisans de la radio ». On parle d’inventer un slogan,de mettre sur pied un mini-musée de la radio, de produire un radio-théâtre, de réaliser un grand concert classique, de diffuser des émissions en région, d’offrir des ateliers sur la radio au grand public et de produire « un premier Gala provincial de la Chanson d’expression française de l’Alberta, un concours dont le gagnant accéderait au Festival de la Chanson de Granby ». Quelques-uns de ces idées n’ont jamais quitté le papier. D’autres se sont ajoutés à la liste. Une fois la poussière posée, je me retrouvais responsable du radio-théâtre - et du Gala de la chanson.

 

Malgré une expérience artistique olé olé, j’avais acquis une éthique de travail plutôt stricte. Surcompensation peut-être. Donc, ‘pas question d’échec : avec le Gala de la chanson du 40e, j’avais une chance unique de produire un show dans des conditions gagnantes. Les mois menant au spectacle ont été marqués par un barrage téléphonique digne d’un conseil de guerre : le Festival de Granby a été avisé de nos plans et feraient des auditions en Alberta pour la première fois. La CAPAC et la SDE – les sociétés de droits d’auteurs de l’époque - offriraient conjointement une bourse pour la meilleure chanson originale ainsi que des ateliers, tout comme la Société Musicaction. Le Bureau du Québec et Radio-Canada décerneraient le Prix d’excellence de la soirée.   

 

Pierre Sabourin, Patrick Spiers, Paul Lamoureux et Yvon Loiselle en 1996.

 

 

« ALLO, LES ARTISTES? »

J’imaginais le recrutement des artistes pour le spectacle comme étant beaucoup plus simple. Il n’y avait pas encore de Société du Gala, évidemment,  ni de CDM ou de RAFA. Il y avait toutefois l’ACFA provinciale et Yves Caron, le directeur du secteur culturel. Mais la chanson n’était qu’un des nombreux dossiers du secteur et il n’existait pas de liste active d’artistes de la chanson. L’année précédente, j’avais établi quelques contacts lors du spectacle télévisé Artistes de Chez-nous. Ce serait mon point de départ.

 

La première liste de candidats potentiels contenait 11 noms. Une première ronde d’appels téléphoniques, et la liste passait de onze à sept. Certains des prospects semblaient vraiment surpris d’apprendre qu’ils faisaient de la chanson! D’autres étaient passés à autre chose ou n’étaient plus en Alberta. La diffusion radio en a effrayé quelques autres encore. Suivrait un dernier désistement à quelques heures de la fin des candidatures.

 

En bout de ligne, le Gala provincial de la chanson française mettrait en vedette Crystal Plamondon de Plamondon, Josée Lajoie de La Corey, Lori-Lee Turcotte de Falher et Yvon Loiselle d’Edmonton. La direction musicale serait confiée à George Blondheim et la mise en scène au comédien Clermont Bouchard. L’animation serait assurée par le cadet de nos annonceurs, Claude Bernatchez. L’équipe serait complétée par Witold Kurpinski à la direction technique, George Deslauriers à la sonorisation, Lisette Vienne aux communications ainsi qu’au soutien logistique et Pierre-Paul Bugeaud à l’enregistrement de l’émission pour la radio. J’assurerais la coordination du projet et la réalisation de la spéciale radio. Denis Collette, grand argentier des projets marquant le 40e anniversaire veillerait à la bonne marche de l’événement.

 

Samedi 10 juin 1989, juste avant 20h : l’auditorium de la Faculté Saint-Jean était rempli à ras bord. Si un inspecteur des incendies s’était pointé, il aurait probablement fallu tous sortir en file indienne. Et cette histoire aurait un tout autre début. 

 

Claude Bernatchez a été l’animateur du 1er Gala en 1989.

 

Le directeur du secteur culturel de l’ACFA, Yves Caron, observait attentivement le déroulement à partir de la salle. L’histoire lui réservait un tout autre rôle l’année suivante.

 

(1)    Merci, Jacques Languirand.

 

RONALD TREMBLAY RACONTE SON PROJET D'ARTICLES DANS LE FRANCO ET LES DESSOUS DE LA CHANSON EN ALBERTA:

 

 

 

Ronald Tremblay œuvre dans le domaine de la chanson depuis près de 40 ans, en tant qu’auteur-compositeur-interprète, journaliste, parolier, animateur d’émission, réalisateur et gérant d’artistes. Il a été réalisateur à la radio de Radio-Canada (CHFA) pendant 15 saisons. C’est là qu’il développe le Gala albertain de la chanson  puis co-conçoit le Chant'Ouest en 1990. Depuis, il est demeuré associé au développement de la chanson à travers la Société du Gala albertain, le Centre de Développement musical, l’Association nationale de l’Industrie musicale, le Regroupement artistique francophone de l’Alberta - et les pages du Franco.  Son disque ‘Poésie pour le Poivre’ est paru en 2002.

 

Ronald Tremblay travaille présentement à la réalisation d’un répertoire de la chanson populaire de l’Ouest canadien dont la parution est prévue pour 2017.

 

Pour lire la suite, cliquez ici.

 

 

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