Histoire du Gala interprovincial: « La chanson se lève à l’Ouest »

En 1989 et 1990, l’Alberta s’est retrouvée à la une de deux initiatives qui ont donné un coup d’envoi important au développement de la chanson d’expression française dans l’Ouest canadien : le Gala provincial de la chanson française et le Gala interprovincial de la chanson de l’Ouest. Un des témoins de la première heure, Ronald Tremblay, relate les évènements menant à la création du Gala interprovincial. La 25e édition de ce qui s’appelle maintenant le Chant’Ouest aura lieu le 25 septembre prochain à La Cité francophone d’Edmonton.

 

10 juin 1989, 21h05— Le premier Gala provincial de la chanson française aura duré en tout et partout une heure et cinq minutes, même si le temps semblait beaucoup plus long à l’arrière-scène. Les quatre artistes en lice – Lori-Lee Turcotte de Falher, Yvon Loiselle d’Edmonton, Josée Lajoie de La Corey et Crystal Plamondon de Plamondon — avaient leurs suites respectives et possédaient tous une certaine expérience de la scène et du petit écran. Mais la présence sur le jury de professionnels de l’industrie québécoise et une participation au Festival de Granby dans la balance accentuaient la nervosité chez chacun des concurrents.  

À l’entracte, Yves Caron — le directeur du secteur culturel de l’ACFA — et moi décidons d’aller prendre l’air. La salle était surchauffée dans tous les sens du terme. L’appétit du public pour un tel spectacle ne faisait plus de doute. Toutefois, avec un si petit bassin d’artistes, on risquait, d’une année à l’autre, de se replier sur les mêmes têtes d’affiche. 

 

Janvier 1990 – Lors de l’annonce officielle de la tenue en juin d’un premier Gala interprovincial de la chanson de l’Ouest : PAUL DUMAINE, directeur régional de Radio-Canada en Alberta; RONALD TREMBLAY, coordonnateur pour CHFA; France LEVASSEUR-OUIMET, présidente de l’ACFA provinciale; YVES CARON, producteur délégué de l’événement pour l’ACFA.

 

Le concept d’un concours interprovincial a été développé le temps d’une marche autour du quadrilatère qui longeait les installations de la Faculté Saint-Jean.  Dans les jours qui ont suivi, Yves Caron a contacté ses contreparties des trois autres provinces de l’Ouest. Du côté de Radio-Canada, le directeur de CHFA, Denis Collette était aussi enthousiaste que nous à l’idée d’une vitrine rassemblant sur une seule scène les talents émergents des provinces de l’Ouest. En quelques jours, il avait signifié à ses confrères notre intention de présenter un tel spectacle l’année suivante, à Edmonton.

FINALISTES 1990 du 1e Gala interprovincial de la Chanson

(Auditorium de la Faculté Saint-Jean, Edmonton, 8 juin 1990)

 

La chanson se lève à l’Ouest

Pendant l’entracte, les gageurs allaient bon train. Les quatre artistes s’étaient donnés à fond. Selon plusieurs (dont Yves et moi),  deux performances ressortaient : celles de Crystal Plamondon et de Josée Lajoie. Cette dernière avait semblé insouciante durant les répétitions, non loin d’en paraitre indifférente alors que Crystal avait utilisé chaque instant de la formation et de son temps de scène de manière professionnelle. Le soir du Gala, toutefois, il y a eu comme un déclic chez Josée : elle s’est emparée de la scène avec une énergie qui a saisi le public, stupéfié les organisateurs et renversé plusieurs paris.

 

Cette victoire de Josée Lajoie de La Corey allait justifier d’autant plus la mise en chantier d’un spectacle à plus grande échelle l’année suivante. Trois mois plus tard, Josée remportait les grands honneurs chez les interprètes au Festival international de la chanson de Granby. La grande dame de la chanson québécoise Ginette Reno lui remettait le prix en mains propres.

 

Le 9 juin 1990, la chanson se levait une fois pour toutes, cette fois sur tout l’Ouest.

 

FRANCIS MARCHILDON, SK – Prix du public 1991. Maintenant animateur à Radio-Canada, Saskatchewan. Sa performance au Gala de 1991 figure parmi les plus électrisantes – et acrobatique - de l’histoire de l’événement.

 

Les 9238 jours (1) qui séparent la première mention du Gala international de la chanson du 25e Chant’Ouest ont évidemment été riches en péripéties, en négociations, en créativité — et en voyage à travers la plus grande et plus belle région du pays! De 1990 à aujourd’hui, environ 30 000 kilomètres ont été parcourus d’Edmonton à Saint-Boniface, vers Regina, puis Vancouver, une tournée à laquelle se sont intercalés à l’occasion Moose Jaw, Victoria, Saskatoon et Whitehorse. Le Chant’Ouest est la preuve vivante que la route la plus directe n’est pas nécessairement une chose souhaitable lorsqu’il s’agit de faire rayonner une culture.   

 

Il serait redondant (et laborieux) de vous faire part des démarches qui assurent depuis 25 ans l’existence d’un projet comme le Chant’Ouest. La liste grandissante de partenaires nationaux, la grande variété de bailleurs de fonds – publics et privés – et les opportunités de diffusion qui se sont ajoutées pour les artistes depuis un quart de siècle demeurent des témoins irréfutables d’une collaboration étroite en constante redéfinition.

 

(1)    Tenant compte, bien sûr, des années bissextiles…

 

RONALD TREMBLAY RACONTE SON PROJET D'ARTICLES DANS LE FRANCO ET LES DESSOUS DE LA CHANSON EN ALBERTA:

 

 

Ronald Tremblay œuvre dans le domaine de la chanson depuis près de 40 ans. Après son départ de CHFA en 2000, il est demeuré associé au développement de la chanson à travers la Société du Gala albertain, le Centre de Développement musical, l’Association nationale de l’Industrie musicale, le Regroupement artistique francophone de l’Alberta et par le biais de nombreux articles dans Le Franco.

 

Ronald Tremblay travaille présentement à la réalisation d’une Anthologie de la chanson populaire de l’Ouest canadien dont la parution est prévue pour 2017.

 

Pour connaitre l'histoire du Gala albertain de la chanson (maintenant, Polyfonik), cliquez ici.

 

 
 
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