#aventurefringe : Allegheny, BC (Stupid Boy in an Ugly Town) – DeCroo se raconte

« Sometimes, I hate this town. They built it up to tear you down. » Voilà comment Rodney DeCroo décrit sa ville natale. Le poète, originaire de Pittsburg – près de la polluée rivière Allegheny, lieu dont il parle souvent, couleur charbon –, vit maintenant à Vancouver où il trimballe sa poésie. DeCroo a eu une enfance difficile avec un père atteint d’un syndrome post-traumatique à la suite de son retour de la guerre du Vietnam. C’est ce qu’il nous raconte lors de son spectacle.

Mais ne croyez pas qu’il s’installe une ambiance lourde dans la salle, au contraire. Drame et humour se mélangent et DeCroo expose son enfance dans la confession, l’histoire ou la légende. Parfois chantée, parfois contée. On se demande si tout ce qu’il déclame provient vraiment de sa réalité. « Oui, c’est mon histoire. Parfois, j’attribue une action que j’ai faite à un autre personnage. Parce que ce serait lourd. Lourd de comprendre que tout provient réellement de mon passé », explique l’artiste.


Il parle de son arrière-grand-père écossais, arrivé en bateau. Puis sa grand-mère, celle qui lui demandait sans cesse : « Quand écriras-tu une belle chanson, Rodney ? ». Ce n’est pas sans provoquer les rires dans la salle. C’est à 30 ans qu’il a décidé d’apprendre la guitare par lui-même. Puis des spectacles dans les bars l’ont amené à faire des rencontres qui l’ont mené à son premier disque ; le premier d’une série de six. DeCroo n’a pas chômé. Son dernier album, Allegheny, a été très bien reçu dans l’industrie canadienne de la musique.

Accompagné du magnifique contrebassiste Mark Haney, Rodney DeCroo nous invite dans son univers. J’ai voyagé à travers ses paroles, j’ai ressenti la tristesse et la légèreté ; j’ai été crispée, tendue et touchée. Bref, la prestation de Rodney DeCroo ne laisse certainement pas indifférent.

Poète ? Musicien ? Conteur ? « I’m an artist. I’m everything ! » m’a-t-il dit avant d’éclater de rire. « I don’t believe in regrets. Besides, I don’t have time for them », déclame-t-il. Mon seul regret : ne pas avoir acheté son recueil après le spectacle.

Crédit photo : rodneydecroo.com

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