#aventurefringe : Beware Beware (à ce qui nous ronge quand on a vingt ans)

Ici à la rédaction du Franco, nous sommes tous des First Time Fringers (j’aime bien l’expression, qui perdrait un peu de sa crédibilité à la traduction, vous m’en excuserez). Nous avons donc décidé de partager avec vous notre regard naïf et impressionnable sur le plus gros festival de théâtre fringe nord-américain.

 

Le Franco s’est inscrit à l’immersion Fringe pour une semaine. Vivez l’expérience avec nous @JournalLeFranco !


Une pièce pour les jeunes au théâtre, ça ne rime à rien. Dans les faits, je veux dire, pas dans l’absolu. Quand on pense au théâtre jeunesse, on veut souvent dire « pour enfants ».

Dans ce milieu, on tient les début-vingtaine pour des adultes. Comme dans celui de la danse, d’ailleurs. Très peu est fait avec eux en tête, car est-ce qu’on a réellement besoin de s’identifier en tant que jeunes adultes ou adultes-en-devenir dans ce qui a trait aux arts ? Le veut-on ? La pièce qu’un jeune auteur franco-albertain, David Walker, présente cette année au Festival Fringe d’Edmonton, tend à suggérer que oui.

Beware Beware est une histoire sans histoire. Celle du voile de tragédie grecque à travers lequel on perçoit sa vie, parfois, quand on a proche de vingt ans. Celle de deux jeunes qui se donnent rendez-vous le soir dans un coin sombre de la River Valley, à Edmonton.

Ils ont chacun eu une dure soirée, l’un plus que l’une. Ce qui est au début humoristique devient amer. Les effets de la drogue et les discussions autour de la religion prennent une tournure étonnement grave. Et on – en tout cas moi, en tant que jeune dans la vingtaine – s’identifie aux angoisses de la jeunesse, mais aussi à la force de caractère des personnages.

La gravité de la révélation que fait Sam (Thomas Barnet) et qui marque le paroxysme de cette angoisse provoque. Et jumelée à une fin plutôt abrupte, elle n’offre aucun répit au spectateur. Pourtant, on ne repart pas sur sa faim, content d’avoir vécu.

Le dialogue est intense, à nous tenir le souffle coupé durant toute la pièce (qui ne dure que 50 minutes, autrement, je ne sais pas si j’aurais tenu). Nous aurions certainement profité, en tant que public, de quelques silences ou moments de réflexions… mais rien à redire sur l’exécution d’un texte bien ficelé et pourtant très naturel.

Les comédiens Thomas Barnet et Sarah Feutl semblent être de la même tranche d’âge que l’auteur et surement que de leurs personnages. Une recette miracle pour faire du théâtre qui interpelle la jeunesse ? C’est en tout cas une équation qui manque, même au Fringe, et qui rafraichit par sa sincérité.

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