#aventurefringe : Eavesdrop – Le café des curieux


Qui n’a jamais rêvé de pouvoir lire dans les pensées ? Eh bien c’est ce que la pièce Eavesdrop vous propose, au premier étage du Remedy Cafe à Edmonton (celui sur la 109e rue, tout près du cinéma Garneau). Armé de votre ticket rose du festival Fringe, commandez donc juste une boisson fraîche et installez-vous confortablement à une table, le spectacle va commencer.


Accéder aux pensées d’autrui demande un minimum d’équipement : un casque d’écoute sans fil et… c’est tout. Ensuite, trois acteurs – une femme (Geneviève Paré) et deux hommes (Ian McFarlane et Jeremy Park) – s’installent au milieu des clients et, miracle, tout ce qui se passe dans leur tête arrive dans nos casques*. « Come on, genius ! », peste intérieurement une écrivaine en panne d’inspiration en raturant son cahier. Et tout le monde l'a entendue.

Les casques permettent aussi d’espionner les dialogues entre les personnages (pratique quand ils se trouvent à l'autre bout du café). Inutile pour eux d’ouvrir la bouche, car chaque réplique est pré-enregistrée. En revanche, les acteurs se sont pas avares en mimiques et autres expressions corporelles pour accompagner les dialogues. Ainsi, en toute impunité, on s’immisce dans les retrouvailles d’un trio d’amis qui tournent au vinaigre et on ne rate pas un mot de la rencontre entre un journaliste tourmenté et un amateur de « questions dangereuses ».

Chaque acteur joue en réalité deux ou trois protagonistes. Il leur suffit d’enfiler une paire de lunettes (ou alors un foulard, un blouson…), de s’installer sur une autre chaise et hop, ils basculent illico dans une nouvelle identité, sans aucune rupture de rythme. Besoin de raconter une scène en flashback ? Pas de problème, il faut juste ralentir le mouvement, diffuser un bruitage approprié et zou, on a voyagé dans le temps. Simple et efficace.

Évoquant de façon touchante le rapport au passé et la quête de l’épanouissement, les différentes histoires se suivent avec le plaisir à peine coupable du petit curieux qui n'est pas censé être là. Et de temps en temps, la pièce glisse vers la comédie, comme lorsqu’un personnage plaisante sur la condition de mère de son amie : « Being a mom is the ultimate unpaid internship ! ». C'est ce qu'on appelle avoir le sens de la formule...

* Il s'agit de la même technologie utilisée dans les silent discos. Les casques pouvant proposer deux canaux différents, il se pourrait que la pièce propose des dialogues en français à l'avenir...

 

 

Eavesdrop joue encore jusqu'au 24 août. Pour les dates et horaires exacts, consultez le site web du festival Fringe d'Edmonton. 

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