French Twist à toutes les sauces

C’était devant une salle comble au Café Bicyclette que des poètes francophones ont donné voix à leurs œuvres lors de la soirée French Twist du « Edmonton Poetry Festival » le 24 avril dernier.

Dans une collaboration entre le Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA) et le Edmonton Poetry Festival Society, c’est la poète et membre du conseil d’administration du RAFA, Pierrette Requier, qui a animé la soirée avec la participation des auteures Jocelyne Verret, Gisèle Lemire, Josée Thibeault, Melissa Morelli Lacroix, Medgine Mathurin et Ariane Marhÿke Lemire.  


« C’était une soirée super plaisante et touchante aussi, fait part Thérèse Lemire, qui a saisi l’occasion de voir performer sa sœur et sa nièce. C’est bien que les Franco-Albertaines prennent possession de leur expression. Elles passent par le personnel pour présenter l’universel, afin qu’on devienne plus conscients de notre humanité partagée », observe-t-elle.

Des mots de toutes les couleurs
« Nous allons vous régaler avec une panoplie d’émotions », a promis Mme Requier en début de soirée. Ce fut bien le cas pour l’auditoire de plus de 75 personnes dans cette troisième édition du French Twist qui présentait des genres variés de poésie, en français, en anglais, dans un mélange des deux, avec une pincée
de créole, sur fond de musique, ou encore accompagnée d’art visuel.

L’auteure prolifique Jocelyne Verret a débuté la soirée avec une lecture de poèmes, en français et en anglais, dont la création s’inspire d’une série de tableaux qui étaient simultanément projetés sur un écran.

Un changement de ton a suivi avec la performance de Gisèle Lemire qui, entre autres, évoquait l’état d’âme dans lequel on se trouve lorsqu’on a 2 ans. C’était aussi le temps des retrouvailles avec le retour à Edmonton de Josée Thibeault, qui elle, a partagé ses pensées (et son humour) sur un sujet souvent d’actualité ici : l’hiver.

Une belle découverte pour ceux qui ne la connaissaient pas déjà, Medgine Mathurin, originaire d’Haïti, a ensuite pris la scène et s’exprimait tantôt en français, tantôt en anglais ou en créole dans un poème qui évoque la réappropriation de la culture de son enfance, même quand il y a perte d’identification.

Une spectatrice anglophone originaire de Montréal, Sari Schiff, dit avoir beaucoup apprécié le mélange de langages. « C’est spécial ici d’avoir la chance d’écouter les deux langues ensemble et j’ai beaucoup aimé entendre les présentations, même si je n’arrivais pas toujours à tout comprendre. Je trouve cela important d’apprécier l’art dans les deux langues, cela peut contribuer à un monde plus positif, plus ouvert sur les autres et plus tolérant », avance-t-elle.

Dans sa mise en lecture, Melissa Lacroix a présenté une version française de poèmes tirés de son recueil qui vient de paraitre, A Most Beautiful Deception. Elle abordait les thèmes de perte et de maladie, en traçant des parallèles avec la vie du grand compositeur Frédéric Chopin.

Et, en fin de soirée, l’artiste multidisciplinaire Ariane Marhÿke Lemire a présenté deux de ses textes avant de reprendre sa guitare le temps d’une chanson.

C’est la coordonnatrice du French Twist, Pierrette Requier, qui a eu l’idée d’organiser cette soirée francophone, il y a trois ans, dans le cadre du festival annuel de poésie. Elle se dit ravie du succès que connait l’évènement.

« C’est ce que je voulais, et encore plus. Depuis six ans que je fais des mises en lecture en français et en anglais, j’ai constaté que les anglophones aiment beaucoup le cachet français. C’est un évènement qui interpelle les écrivains et les chanteurs de continuer leur trajet; c’est une opportunité de lire les écrits, de se faire voir et se faire entendre », poursuit-elle.

Parmi les spectateurs au French Twist, on retrouvait la présidente et fondatrice du Edmonton Poetry Festival, Alice Major, la directrice générale du festival, Rayanne Doucet, et la poète officielle d’Edmonton, Mary Pinkoski.

Pour sa part, la directrice générale du RAFA, Sylvie Thériault, se réjouit du partenariat avec le festival anglophone.

« C’est vraiment bien de voir le métissage des publics, celui du Edmonton Poetry Festival et de la communauté francophone aussi. Cela donne une soirée très animée et c’est une collaboration gagnante pour tout le monde », conclut-elle.

Photo : Randall Edwards
 

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