Un R nouveau pour la danse folklorique

Du 9 au 11 novembre dernier, l’Association la Girandole tenait trois jours de stage et de formation en danse traditionnelle dans le cadre du projet R. Ces activités étaient dispensées par Zogma, une compagnie de danse professionnelle venue du Québec, qui agissait à titre de mentor.

Le projet R, lancé cet automne, a pour but la revitalisation de la pratique de la danse traditionnelle en Alberta et la valorisation de la culture locale.


C’est dans le cadre du programme de création Entr’Art, organisé par le Regroupement artistique francophone de l’Alberta en aout dernier, que les premières rencontres entre les différentes formations folkloriques ont eu lieu.

Le projet implique quatre chorégraphes de Zogma et quatre ensembles folkloriques franco-albertains de Bonnyville, Saint-Isidore, Saint-Paul et Edmonton.

Le directeur artistique de Zogma, Mario Boucher explique que la philosophie de travail de la compagnie est centrée sur une approche collective qui favorise la transmission entre les plus expérimentés et les novices.

« Il s’agit avant tout d’une rencontre de différentes approches, différentes sensibilités. Le travail de Zogma ne consiste pas à enseigner des danses aux différents ensembles folkloriques présents, indique M. Boucher, mais à les amener à créer leurs propres danses. Les confronter à eux-mêmes, les amener à se dépasser, dans le respect des individus, des traditions et dans le respect de ce qui existe déjà. »

Pour la directrice artistique de Zéphyr, Isabelle Laurin, cette initiative ne peut qu’être bénéfique. « Le projet R est un projet multi générationnel. C’est un dialogue entre le passé et le présent, mais aussi un pont culturel entre différentes régions », explique Mme Laurin.

« Cela nous permet d’élargir notre répertoire, composé essentiellement des danses métisses. En partant d’une base de la gigue par exemple, nous pouvons intégrer du western. C’est une chance de perfectionnement pour nous, un gage de meilleur enseignement pour assurer la relève », ajoute-t-elle.

Pour ce faire, deux sortes d’ateliers ont été offerts. D’une part, l’atelier création, et d’autre part, l’atelier danse proprement dite; comprenant le mouvement contemporain, la danse percussive et la gigue. Tout cela aboutira par une série de spectacles au printemps 2014 avec pour thématique R dans toutes ses significations.

Rhéa Labrie, des Blés d’or de Saint-Paul et participante au stage, explique le choix du titre du projet et les différents sens qu’il contient : « Nous avons voulu injecter un peu d’ « air » dans nos vies. Air de la mélodie, la musique. La lettre R comme Revitalisation, Rencontre, Rassemblement. Mais aussi un jeu de mots avec aire, comme l’espace qu’on occupe. L’ère du temps. R est aussi un clin d’œil à l’anglais, qui fait partie de nos racines franco-albertaines, pour we « R » (are). »

« Nous sommes là, rassemblés autour d’un projet commun, enchaine la danseuse Rachelle Bergeron, de la troupe Plein Soleil de Saint-Isidore. Il nous permet de sortir de l’isolement et vivre ensemble quelque chose de nouveau par rapport à la danse folklorique. »

Danielle Lavoie, qui dirige les Vols au Vent de Bonnyville, parle de la beauté de faire du nouveau en partant de la tradition. « C’est intéressant de nous confronter à nous-mêmes, à des nouvelles techniques, telles que le mouvement contemporain. C’est une approche nouvelle, car les mêmes mouvements que nous connaissions déjà, on apprend à les exécuter différemment ».

Par contre, il est de plus en plus difficile de continuer à exister pour les ensembles folkloriques dans les régions à cause du manque de financement. Combien de temps encore vont-ils pouvoir continuer d’affirmer le we R ?

« Nous, à Saint Paul, on vit sur le bingo et le casino qu’on fait, s’il n’y a plus ça, il n’y a plus de nous », explique Hubert Landry. Les danseurs ont donc été heureux de faire partie de ce projet financé par Patrimoine canadien qui pour la première fois depuis des années, réunit les différents ensembles folkloriques de la province et apporte de la visibilité à leurs régions.

À la suite du stage de perfectionnement, les participants sont repartis motivés par ce qu’ils ont appris et, maintenant, ils se retrouveront au printemps pour la série de spectacles.

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