VIDÉO - Classique ou contemporain, nul besoin de choisir

La compagnie inaugure sa programmation avec une pièce en quatre parties qui rendent hommage à l’évolution du ballet classique à la danse contemporaine.


La pièce HereAfter met à profit le génie créatif du directeur artistique de Citie Ballet, François Chevennement, de sa femme, Laurence Menotti Chevennement, et de deux autres danseurs devenus chorégraphes, Heather Myers et Paul Destrooper (Victoria Ballet), avec qui le couple dansait au sein de la compagnie Alberta Ballet il y a de cela une dizaine d’années.

 


« C’était une compagnie assez petite, ce qui faisait que nous pratiquions tous ensemble tout le temps », témoigne Mme Myers qui se souvient de François Chevennement comme du « danseur plus âgé, plus mature ».

Ce sera la première fois que les quatre collaboreront au niveau de la chorégraphie. Heather Myers a commencé sa carrière de chorégraphe il y a sept ans, lorsqu’elle progressait au sein du ballet de Boston. De son côté, Paul Destrooper est entré comme directeur artistique en 2007 au Victoria Ballet, pour lequel il a produit la pièce Carmina Burina, dont un segment sera monté par Citie Ballet comme troisième partie de la « réunion » artistique de ces anciens collègues.  

Du pur classique (la pas de trois du Lac des cygnes, dirigé par Laurence Menotti Chevennement), à la chorégraphie originale et contemporaine de Heather Myers, ce qu’a voulu présenter François Chevennement est réellement une rétrospective de la danse. Son interprétation satyrique du Lac des cygnes, Once Upon a Pond, est un classique revisité – une des marques de commerce de la compagnie – tout comme celle de Destrooper qui se retrouve dans les penchants néoclassiques de Citie Ballet.

La continuité de ce programme mixte réside donc dans la progression des styles de danse, mais aussi dans des racines communes, celles de l’entrainement classique.  « J’y tiens au répertoire. C’est comme ça que j’ai commencé la danse et je crois que tous les danseurs, même ceux qui se dirigent vers le contemporain, doivent maitriser les bases classiques », affirme François Chevennement.

Lui-même bercé dans un apprentissage néoclassique, avec un directeur artistique professant l’esthétique de George Balanchine, puis un autre plus contemporain, il tient cependant à sauvegarder le répertoire.

Sensible à un public parfois moins lettré en danse, plus nourri d’autres formes d’expression artistique, M. Chevennement pense que la variété de ce programme le rendra moins lourd à apprécier qu’un bloc de deux heures de danse contemporaine, par exemple, qui peut avoir la caractéristique de diviser les opinions.

Par ailleurs, la chorégraphie contemporaine de Heather Myers est inspirée d’une tradition de danse européenne, où la fluidité des mouvements domine.

« C’est un autre contemporain qu’on fait habituellement en Amérique du Nord, qui est un peu plus dure à regarder », estime l’ancien danseur professionnel.

HereAfter, la dernière partie du programme éponyme, puise son inspiration dans l’idée de la pelouse plus verte en face, de la poursuite éternelle du toujours plus.

« Je veux parler de cette poursuite, mais aussi des moments de la vie où le pas décélère et où on peut être plus présent dans l’instant, que ce soit dans le deuil ou dans un moment de paix avec soi-même », exprime Heather Myers.

Elle se dit ravie jusqu’ici de son expérience avec Citie Ballet et avec ses danseurs : « C’est une compagnie qui, même si elle tangue vers le classique, est très ouverte à explorer d’autres styles. Et les danseurs sont tous très différents, que ce soit dans leur personnalité ou leur façon de bouger. »



Notons que depuis que Citie Ballet a obtenu son statut professionnel en 2012, elle compte dans ses rangs six danseurs qui répètent cinq jours semaine au studio Dance Alberta, épaulés dans certaines pièces par les six apprentis qui complètent sa fougueuse écurie.

Celle-ci accroit donc la qualité des spectacles et, par la même occasion, le succès de sa programmation auprès des résidents de la capitale albertaine. « Le public se développe de plus en plus : l’année dernière la vente des billets de saison n’était pas très bonne, là elle a presque triplé », en témoigne le directeur artistique de la compagnie.

HereAfter sera présenté deux soirs seulement, les 5 et 6 octobre prochains.

La programmation continue ensuite en février, avec la troisième pièce de la série Mosaic, qui rassemble sur scène chaque année des artistes de disciplines diverses.

Cave Beat sortira néanmoins de l’ordinaire en ce que les trois talents – François Chevennement avec le ballet classique, Tony Olivares, un chorégraphe contemporain d’Edmonton et la peinture vivante de Levi Etherington – se mélangeront pour créer une seule et même pièce inspirée de l’humanité préhistorique des peintures de Lascaux.

Le dernier programme de la saison, habituellement un programme à histoire, reprend cette année le Carmen de François Chevennement, pimenté d’une variation de Paquita chorégraphiée sur la musique Léon Minkus.

Les femmes de Paquita vs. Carmen sont «  toutes les deux battantes, l’une dans le répertoire, l’autre dans ma version puisée dans le livre de Prosper Mérimée, qui diffère du Carmen de Bizet », annonce le directeur artistique.

Restant fidèle à ses assises, la compagnie en résidence offre pour une deuxième année consécutive une programmation solide tout en réservant au public quelques surprises.    

 

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