Libération théâtrale

La nouvelle saison de L’UniThéâtre explore une variété de genres, de provenances et d’équipes artistiques, liés de façon anodine par un exercice artistique libérateur.

« Ce n’était pas une thématique voulue, mais ce que toutes ces pièces ont en commun cette saison c’est une exploration de la libération », estime le directeur artistique de L’UniThéâtre, Brian Dooley, en présentant la programmation 2012-2014, sa première à titre de directeur artistique de la compagnie.


Récolte
La saison 2013-2014 de L’UniThéâtre sera lancée par la pièce Récolte, de la Franco-Albertaine Joëlle Préfontaine, à partir du 16 octobre prochain. « C’est important d’avoir l’opportunité de commencer la saison avec une nouvelle pièce, et une écriture qui reflète la communauté », pense Brian Dooley.

Récolte, c’est l’histoire d’une famille dysfonctionnelle de l’époque, dans l’Alberta rurale. Un clin d’œil à l’héritage familial de l’auteure, qui s’estime pourtant chanceuse du milieu dans lequel elle a grandi. « C’est prendre des histoires personnelles comme point de départ et aller dans une autre direction, mais ça reste de la fiction », dit Joëlle Préfontaine.

Philippe Soldevila, metteur en scène, auteur et directeur artistique du Théâtre Sortie de secours, avec qui Joëlle Préfontaine avait travaillé l’embryon de sa pièce à Entr’ARTS  il y a deux ans, signe la mise-en scène.

L’équipe artistique, notamment les comédiens Mireille Moquin, Steve Jodoin, Brian Dooley et Patrick Creery, était de passage à Ottawa le 12 septembre, pour faire une lecture de l’œuvre aux Zones Théâtrales. « On espère créer de l’intérêt auprès des directeurs à travers le pays parce que je souhaite que ma pièce ait une longue vie », soutient Mme Préfontaine, qui interprète également un des personnages de sa création.



Léo
Léo est un homme qui perd le nord, mais qui se joue de la gravité en créant son propre univers, auquel le spectateur est convié en tant que « manipulé consentant ». Un théâtre physique, sans texte, mais aux effets visuels déroutants, qui a su conquérir Brian Dooley et Diane Aubin Labrie, directrice administrative de L’UniThéâtre, lors d’une représentation au Carrefour de Québec, l’année dernière.

 « J’ai été bouleversé par la pièce et par son côté fantasque auquel je ne m’attendais pas du tout »

M. Dooley fait également valoir l’absence de paroles, qui a l’avantage de pouvoir attirer un public nombreux.

Léo est une production allemande dont le rôle principal et unique est tenu par l’acteur-acrobate allemand Tobias Wegner. L’UniThéâtre accueillera l’idée originale de ce dernier mise en scène par Daniel Brière, du 12 au 16 février 2014.

De plein fouet la tempête
Dans un effort de s’inscrire de façon plus prononcée dans l’écologie du milieu théâtral d’Edmonton, Brian Dooley avait en tête une collaboration avec la compagnie Northern Lights Theatre. Le directeur artistique dit « beaucoup aimer le travail de Trevor Schmidt, son esthétique de metteur-en scène ».

Pour cette collaboration tant attendue, les deux théâtres ont choisi la pièce de l’Américain Jeffrey Hatcher Mercy of a Storm, un film noir romantique sur fond d’après-guerre. Le texte français, une traduction de Gisèle Villeneuve, sera présenté en alternance avec le texte original au mois de mars 2014. Il sera joué par la même distribution, en français et en anglais. Sans doute un défi pour les comédiens, cette programmation bilingue est une première pour la compagnie de théâtre.

Par ailleurs, les trois premières pièces de la saison théâtrale reflètent les efforts de l’équipe de créer d’avantages de ponts avec la communauté anglophone. Mettant à profit la visibilité du prix Sterling, reçu au mois de juin dernier, Brian Dooley « pousse de ce côté-là cette année », sans nécessairement vouloir répéter cette particularité de la programmation les années suivantes.

Pièce communautaire
Présentée un peu plus tardivement qu’à l’habitude, la pièce communautaire sera dirigée par deux jeunes du milieu théâtral, Céline Gareau Brennan et Melissa Masse. Brian Dooley ayant décidé que cette année « de prendre le risque avec des concepteurs plus jeunes », il leur a donné carte blanche pour la conception et la direction de la pièce, de A à Z.

Celle-ci, intitulée La nuit la raison dort, sera basée autour de la rencontre de quatre individus qui tentent de fuir leur réalité. Leur quête converge dans un cauchemar à saveur mythique grecque qui se déroule à Athènes. « On voulait amener la jeunesse dans le théâtre », une autre particularité de cette saison à L’UniThéâtre, conclut le directeur artistique.
















 

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