Être chevalier en 2013

Un ordre militaroreligieux remontant au Moyen-Âge est établi à Edmonton depuis environ six ans. 

 

L’Ordo Supremus Militaris Templi Hierosolymitani (OSMTH), ou l’Ordre Suprême Militaire des Chevaliers Templiers de l’Occident, a été créé sous forme de milice en 1118 par Hugues de Payns et huit autres chevaliers. À l’époque des croisades, ces Templiers, ayant fait vœu de chasteté, d’obéissance, de pauvreté, d’intégrité et de fidélité, protégeaient les pèlerins chrétiens en terre sainte, dans la vallée du Jourdain, Bethléem, Nazareth, le Mont Olivier et Saint-Sulpice. 

 

Passionnés de l’époque médiévale et du rôle qu’ont joué les Templiers, des Albertains sont allés se faire adouber, c’est-à-dire se faire conférer le titre de Templier, à Londres il y a de cela quelques années, pour créer leur propre commanderie. Sur le territoire canadien, outre les commanderies de l’Alberta et de Saint-Georges à Edmonton, il n’existe qu’une seule autre commanderie à Toronto. 

 

Aujourd’hui, les 24 membres de l’OSMTH à Edmonton ont un objectif tout autre que ceux du passé : ils souhaitent raconter l’histoire des Templiers et remémorer ces moines-soldats.

 

Un retour dans le passé

Dans le Jérusalem de l’époque, aux mains du roi Beaudouin 1er, Hugues de Payns et d’autres chevaliers s’installent dans une grande écurie du temple de Salomon, d’où provient leur nom de chevaliers du temple. Ce n’est qu’au retour en Occident d’Hugues de Payns que cette milice est officiellement créée, sous le nom de Pauvre milice des chevaliers du temple de Salomon. Au concile de Troyes en 1128, ils reçoivent le statut officiel d’ordre militaroreligieux. 

 

Le concept de moines-soldats, inspiré de la chevalerie mystique persane, est tout à fait nouveau et choque l’Europe, tout en attirant bon nombre d’attention sur ce qu’ils font. Les dons affluent. Au même moment, plusieurs autres ordres voient le jour, sans toutefois frôler la popularité des Templiers. 

 

À Jérusalem, tout ne tourne pas rond. Les croisés demandent l’aide des Templiers. « C’est à ce moment que tout bascule. Les Templiers sont entrainés, malgré eux, dans une lutte qui les mène à la chute de leur dynastie, en 1241 », raconte Jacques Duport, Edmontonnien d’origine suisse et membre de l’ordre depuis 30 ans. 

 

Les batailles s’enchainent et les Templiers perdent des membres de leur effectif à vue d’œil, en plus de perdre les forteresses qu’ils ont construites les unes après les autres. Par contre, les connaissances et le progrès social qu’ils ont ramenés en Occident de leur contact avec les pays arabes ne sont point négligeables : la géométrie descriptive, la philosophie, la médecine, les mathématiques, etc.

 

Les Templiers d’Europe, ou les travailleurs de l’ombre, qui ont fourni l’équipement et les fonds aux Templiers d’Orient, continuent leur travail dans des industries et des fabriques de nombreux domaines. « Ils ont une puissance financière, sociale et culturelle, ajoute M. Duport. Ils se retrouvent pratiquement propriétaires de la France. À cette époque, il y a plus de 2000 commanderies au pays. »

 

Le roi de France, Philippe le Bel, y voient des ennemis puisqu’il est endetté envers eux et il se voit refuser le titre de Templier. Il décide de les éliminer. En 1307, le roi fait arrêter tous les Templiers de France. Les trois principaux responsables de l’ordre sont brulés, 7 ans plus tard, après un long procès. 

 

Dès lors, l’ordre n’existe plus au grand jour en France. L’ordre des Hospitaliers reçoit tout ce qui appartenait aux Templiers. Ce n’est qu’au 18e siècle que l’ordre réapparait dans l’Hexagone.  

 

De nos jours

« Dans l’ordre, nous essayons de maintenir et de respecter le plus possible le sens profond des Templiers. Nous nous occupons aussi de la conservation du patrimoine », continue l’artiste médiévaliste. 

 

Pour faire partie de l’ordre aujourd’hui, l’amour de l’histoire et du médiéval est essentiel. Le désir d’aider son prochain est également un intérêt qui rassemble tous les membres Templiers à Edmonton, puisqu’il s’agit d’abord d’un ordre de charité. L’ordre d’Edmonton travaille beaucoup avec les sans-abris et les jeunes dans la rue.

 

La modestie, l’engagement personnel, la loyauté, le respect et l’humilité sont des valeurs qui ont traversé les siècles et qui sont toujours d’actualité au sein des Templiers. 

 

Une série d’étapes est nécessaire pour déclarer que quelqu’un, homme ou femme de religion chrétienne, est membre de l’ordre. Le dossier du candidat doit être approuvé à l’internationale, par le Grand Maître au Portugal. Des cérémonies et des périodes de probation suivent avant d’être déclaré chevalier. Les membres se rencontrent amicalement une fois par mois, avec un moment d’instruction pour transmettre les connaissances sur l’histoire. 

 

À Edmonton, l’ordre n’en est qu’à sesbalbutiements, comparativement à ce qu’on retrouve en Europe. OSMTH sera au pavillon français du Heritage Festival du 3 au 5 aout prochains, dans l’espoir de piquer la curiosité et l’intérêt des gens qui partagent cette passion pour la vie au Moyen-Âge. 

 

 

 
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