Srilata Ravi à l’île Maurice

Srilata Ravi, d’origine indienne, a lancé Rethinking Global Mauritius, un essai critique sur les littératures et cultures mauriciennes, le 16 mai dernier dans la capitale Port-Louis, en présence du maire de la ville, Aslam Adam Hossenally.

 

Barlem Pyamootoo de la maison d’édition L’Atelier d’écriture, basé à Maurice, connaissait déjà l’essayiste, puisqu’elle a écrit deux autres essais à propos du pays. Pour cette dernière publication, il a insisté pour que le lancement se fasse à Maurice, ce que l’auteure a accepté. 

 

« Ça a plus de valeur pour moi que le livre soit reçu, vu et validé, on pourrait dire, par les gens de là-bas. Et puis, la littérature mauricienne d’expression française est arrivée à un point où il y a une certaine confiance. Les écrivains sont confiants de leur littérature et nombre d’entre eux ont reçu des prix pour leurs œuvres. Pour les Mauriciens, le lancement de ce livre critique a été un évènement vraiment important, une reconnaissance de leur littérature », mentionne Mme Ravi, quelques jours après son retour à Edmonton. 

 

Elle ajoute que ça a été un honneur pour elle, mais aussi pour le Campus Saint-Jean. « J’ai rencontré des étudiants qui étaient fascinés qu’on puisse étudier en français au Campus, tout en vivant dans un environnement anglophone », se souvient-elle. 

 

Une passion pour le français

Srilata Ravi a grandi et effectué toutes ses études aux Indes. Après une licence en physique, elle obtient une maitrise en langue française, puis un doctorat. « J’ai toujours été passionné par la littérature classique française du 19e siècle. D’une certaine façon, une langue étrangère devient une langue de refuge. C’est une langue où je me suis retrouvée », estime-t-elle. 

 

Elle met les pieds à l’ile Maurice pour la première fois en 2005, alors qu’elle est professeure à l’Université de l’Australie occidentale. C’est le coup de foudre. 

 

« C’est une société multiculturelle et multilingue, mais où la langue de travail la plus importante est le français. Donc, même si les Français sont partis en 1810 et qu’ensuite, c’était des Anglais jusqu’en 1968 [année d’indépendance de Maurice], le français reste la langue la plus présente dans le pays comme langue d’expression culturelle. Tout le monde parle le créole et très peu de gens ont le français comme langue maternelle, pourtant, la plupart des médias importants sont en français », explique Mme Ravi. 

 

L’éducation s’y fait en anglais et les cours de français y sont obligatoires. Les élèves doivent ensuite choisir une langue orientale parmi une douzaine comme l’hindi, le mandarin et le créole. 

 

« Il y a des tensions entre le créole et les autres langues orientales, parce que certains considèrent que ces autres langues empiètent trop sur le créole. Le français est un peu à part, a-t-elle remarqué. Ils sont très francophiles là-bas. » 

 

Elle consacre d’abord Rainbow Colours - Literary Ethno-topographies of Mauritius à la littérature de l’ile en 2009, puis Écritures mauriciennes au féminin : penser l’altérité, publié en 2011 et coécrit avec la Belge Véronique Bragard. 

 

Son nouvel essai est plus court et dense que les deux autres. « Ça fait sept ans que je travaille sur le sujet, rappelle-t-elle. J’arrive à un niveau de maturité avec mes idées. » Dans Rethinking Global Mauritius, en plus de la littérature, elle aborde le cinéma émergeant à Maurice, dans des perspectives sociales et culturelles qui dépassent les frontières de l’ile. 

 

Malgré sa passion pour la langue de Molière, Srilata Ravi a décidé d’écrire en anglais. « Je voulais que ça ait plus de visibilité et que ça atteigne un plus grand public. L’anglais est préférable, surtout pour des livres universitaires », assure-t-elle.   

 

Il est possible de commander Rethinking Global Mauritius en contactant l’éditeur au Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

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