De la Chorale Saint-Jean au Panthéon canadien de l’art lyrique

Le baryton, Bernard Turgeon, ancien du Campus Saint-Jean, a été intronisé au Panthéon canadien de l’art lyrique lors d’une cérémonie qui précédait la 17e édition du Gala de l’Opéra de Montréal, le 2 décembre dernier.

En dépit de sa carrière prolifique, ce natif d’Edmonton s’est dit surpris de cet honneur. « Cela ne m’a jamais traversé l’esprit. Lorsque j’ai reçu le courriel, je croyais que c’était une farce », avoue-t-il humblement.


M. Turgeon, qui a foulé les planches des grands opéras du Canada, et de par le monde, a tenu à remercier tous ceux, des solistes aux administrateurs, en passant par les compositeurs, et bien sûr, son public, qui l’ont accompagné dans sa carrière.

« Je me suis adressé aux jeunes aussi. Ils sont notre futur. Leur temps est venu de prendre leur place et de donner vie à l’art. Let it grow, let it breathe », leur a-t-il dit, en anglais, lors de son discours à la Place des Arts.

Le Gala de cette année donnait justement la place à de nouvelles voix de l’opéra. Le baryton a invité ces jeunes recrues à se questionner sur ce qu’ils pouvaient apporter à l’art au moment où plusieurs amorçaient leur carrière.

Une histoire de passion
C’est qu’en plus d’avoir joué plus de 150 rôles sur scène, Bernard Turgeon a développé des programmes d’opéra dans plusieurs universités canadiennes, dont Banff School of Fine Arts, l’Université de l’Alberta, de Victoria et McGill.

Il a également enseigné le chant en Autriche, en Grande Bretagne, ainsi qu’en ancienne URSS, où il a reçu plusieurs honneurs.

« Lorsque j’ai eu la chance de créer le département d’opéra à l’Université de l’Alberta, j’avais des idées prises de par le monde. Je faisais le tour des écoles d’opéra de différentes villes et de divers pays pour connaitre leurs hauts faits », se remémore ce dernier.

Le Franco-Albertain de naissance se dit d’ailleurs fier de voir les carrières fructueuses de ses anciens élèves. Encore aujourd’hui, il continue à promulguer des conseils aux nouveaux chanteurs d’opéra qui lui avouent avoir du mal à incarner un personnage. « Il y a de très belles voix dans le monde, mais une voix ne devient unique que si l’on prend possession de ce que l’on fait. Que le personnage devienne comme nous et qu’on le rattache à notre vie  », explique le chanteur.

C’est d’ailleurs ce qu’il a fait pour créer le personnage de Louis Riel en 1967, dans le cadre du centenaire du Canada. Une occasion unique pour le jeune Canadien, alors qu’il effectuait des études à Saint-Boniface au Manitoba. Il admet s’être rendu au village de Batoche pour s’imprégner de ce personnage historique et échanger avec les gens du coin.

Une pièce qui a été immortalisée sur les ondes de la Société Radio-Canada, en anglais, en 1969. Bernard Turgeon est également le premier Canadien à être introduit au sein du Sadler’s Wells Opera de Londres.

Celui qui a été initié au chant par sa mère, diplômée du Conservatoire de musique de Québec, et par la suite, Jean Létourneau, fondateur de l’Edmonton Professional Opera Assn, se souvient de ses débuts au sein de la Chorale Saint-Jean, dans les années 40 sous la direction du père Pépin.

« J’ai toujours aimé chanter, cela me fait vivre. Je continue encore à donner des concerts avec ma femme. C’est une vraie passion pour moi », témoigne celui qui s’est retiré à Victoria, en Colombie-Britannique, où il y tient une ferme de légumes.

Créé en 1991, le Panthéon canadien de l’art lyrique reconnait la contribution exceptionnelle d’artistes et de personnalités à l’art lyrique au Canada.
 

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