L’artiste malien Sidi Touré jouera deux fois plutôt qu’une lors de la 33e éditon de l’Edmonton Folk Music Festival, du 9 au 12 aout.


Même s’il chantera en songhaï, sa langue maternelle, celui-ci entend prononcer les premières paroles de ses chansons en français et en anglais pour mettre son auditoire en con-texte.


Lui qui dit apprendre quelque chose de nouveau tous les jours en sera à sa première visite en Alberta. Pour l’occasion, il présentera des chansons de son dernier album, Koïma.

« Koïma est une idée pure de mon producteur. C’est du folk traditionnel malien où on peut entendre l’harmonie de la guitare et la voix. Les chansons de cet album sont très vivantes », partage Sidi Touré.

Remuer ciel et terre
« Si les gens ne comprennent pas ce que je chante, ils sauront comprendre à travers ma musique », explique-t-il. Pour lui, la musique n’a ni langue, ni frontière, ni ethnie. Elle lui sert de véhicule pour combattre la délinquance juvénile et la violence rurale.

« Je chante pour que la paix s’installe pour de bon sur la terre. Sans paix, on ne peut rien faire, on ne peut même pas respirer, croit Sidi Touré. Dans la quiétude, on a le pouvoir de tout faire. »

Sous les feux de la rampe
Selon lui, sa carrière en solo lui permet de mieux se faire écouter. « Jouer avec un groupe, c’est agréable, mais aussi différent. J’aime chanter en solo parce que toute l’attention des spectateurs est concentrée sur mon message », avoue-t-il.

Si l’artiste est aujourd’hui bien connu dans son pays natal, il a d’abord dû convaincre ses proches qu’il allait faire de la musique sa carrière. « Ça a pris du temps avant qu’ils acceptent ma musique. J’ai construit mes premières guitares moi-même et mon frère passait derrière moi pour les casser, se rappelle-t-il. On ne doit pas nuire à la nature. » Sa nature à lui, c’est d’être musicien.

Le seul grand regret de Sidi Touré, c’est que ceux qui l’ont vu naitre et grandir reposent en paix. Ils n’ont pas eu la chance de le voir réussir. « Je suis devenu l’un des ambassadeurs de la musique songhaï. J’aurais aimé que ma mère et mes oncles voient le progrès que j’ai fait depuis le début de ma carrière », partage-t-il.

 


Le gouvernement malien n’a peut-être pas soutenu financièrement Sidi Touré, mais ce dernier explique qu’il est « le fruit de la semaine de la Jeunesse et de la Biennale », soit deux manifestations culturelles importantes pour la jeunesse au Mali.

Inspiration du moment
Sidi Touré a plus souvent le sourire que la moue au visage, mais il avoue que toutes les émotions qu’il ressent l’inspirent. « L’inspiration me vient de partout. Quand je suis fâché, je suis inspiré. Quand je suis content, je le suis aussi », admet le musicien.
 

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