Place à la diversité culturelle

L’artiste ivoirien Jean-Paul Beché, a fait danser petits et grands, le 7 juillet dernier, lors du concert J’en SOMMES fiers  de la Fête franco-albertaine.

Même s’il vit dans des milieux majoritairement anglophones depuis plus de 10 ans, Jean-Paul Beché retrouve toujours un bonheur immense à participer à des évènements francophones.

 

 


Pour lui, la langue française restera toujours numéro 1 dans son cœur. « Ça m’a fait un très grand plaisir de pouvoir participer à une fête comme celle-là, avoue-t-il. D’abord le français est ma langue maternelle. Je prioriserai toujours les événements francophones aux anglophones. »

Bien qu’il soit chorégraphe, danseur, musicien, acteur et marionnettiste et qu’il fabrique des tableaux avec des étoffes traditionnelles africaines, Jean-Paul Beché ne se considère pas comme un artiste accompli pour autant. Pour lui, il y a toujours place à l’amélioration.

« J’aime toucher un peu à tout en même temps, exprime-t-il en précisant qu’il n’est spécialiste d’aucune discipline en particulier. J’essaie toujours de pousser plus loin. » C’est sa polyvalence qui fait en sorte qu’il est différent.

Celui qui est aussi percussionniste avoue avoir trouvé difficile ses débuts à Calgary. « Durant la première année, les gens ne t’ont jamais vu et c’est difficile de les convaincre de ton talent », précise-t-il. Petit à petit, il a su se faire connaitre en donnant des concerts par-ci par-là dans les bars et les écoles.
 
« C’était difficile au début parce que Calgary est une petite ville où il fallait que je passe du bouche à oreille mais je ne savais pas à qui parler. C’est comme ça que j’ai pris contact avec des organismes francophones, explique l’Ivoirien. La communication, c’est la clé. Celui qui demande reçoit. » 

Avant son arrivée en Alberta, il faisait partie d’un groupe basé à Toronto. À un moment donné, l’artiste multidisciplinaire a décidé de voler de ses propres ailes et de partir à la découverte de l’Ouest canadien : «  Je suis tombé en amour avec l’Alberta,  parce que la province est paisible et magnifique », dit-il.

Combattre les problèmes sociaux
Selon lui, si les problèmes sociaux sont aussi importants dans les communautés immigrantes, c’est une question d’identité. Au Canada anglais, « la majorité piétine la minorité », ce qui fait qu’il est difficile, pour un jeune immigrant francophone, de trouver sa place au sein de sa société d’accueil.

« C’est l’art qui fait qu’on est au-dessus, constate-t-il. Je conseille aux parents de valoriser la culture francophone et d’encourager leurs enfants s’ils ont talent en musique. On peut réussir si on s’y met. »

Sortir de sa coquille
Jeune adulte, Jean-Paul Beché avait honte de danser. « Un jour, raconte-t-il, je suis allé à l’école et il y avait un concours de danse. Je me suis dit que j’avais à me présenter à ce concours. La honte est alors partie d’un seul coup et j’ai été couronné grand champion. »

C’est cette montée de courage qui a fait de lui un artiste épanoui aujourd’hui. À partir de ce concours, celui-ci a participé à des émissions de télévision qui lui ont permis de se faire recruter par le village artistique ivoirien Kiyi-M’Bock.

Kiyi-M’Bock compte moins d’une cinquantaine d’habitants où ceux-ci apprennent à chanter, apprivoiser différents instruments de musique, peindre, sculpter et faire du théâtre.

S’il pouvait obtenir des subventions, Jean-Paul Beché aimerait reproduire le concept en Alberta. « Il faut toujours prendre les devants, souligne-t-il. Si les moyens sont là, il faut le faire. C’est mon souhait de mettre sur pied une école comme Kiyi-M’Bock. » 

En plus de la Fête franco-albertaine, Jean-Paul Beché a participé aux célébrations du 100e anniversaire du Stampede et de la Fête du Canada avec le groupe africain Kassade.

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