Voir le monde de manière aérée

Manitobain d’origine ayant adopté l’Alberta, Raphaël Freynet traine avec lui une solide expérience scénique. Tournée du Canada en 2008 sous le dôme de la Francoforce, finaliste au concours Ma Première Place des arts ainsi que quelques spectacles au Mexique. Ce bagage est imposant et témoigne d’une volonté de foncer.

 

 


En 2011, l’auteur-compositeur-interprète lançait de manière indépendante Le monde à voir, son premier album. Lauréat du prix de l’enregistrement francophone de l’année au Western Canadian Music Awards en 2011, ce disque de 10 chansons permet à Raphaël Freynet d’ouvrir la porte à son univers singulier et aéré.

 

Dès les premières sonorités de la pièce titre, Raphaël Freynet donne le ton à des jeux atmosphériques en guise d’introduction à son monde. L’hameçon pop indé est ensuite lancé, grâce à une esthétique très britpop. Le climat est apaisant, la construction est accrocheuse, mais elle est également plutôt inspirée. Raphaël Freynet flotte à travers les 10 chansons, brisant le moule de ses intentions pop, en définissant un véritable terrain de jeu musical.

Lorsqu’il frôle le folk Americana (Prendre le pouls), la soul (Nous et la terre) ou le rock (This Cast), Raphaël Freynet réussit généralement à conserver un fil conducteur nécessaire pour apprécier certains aspects plus rugueux de la réalisation.

Le monde à voir atteint un sommet lorsque les mélodies sont entourées d’une certaine concision, où l’on ne semble pas chercher un élément précis. C’est là que l’on impose avec brio un sentiment d’urgence (En danger) ou des images fortes (Sainte-Geneviève).

Le monde à voir perd sa force de frappe lorsque Raphaël Freynet flirte avec la langue de Shaskespeare. Les deux pièces anglophones sont irréprochables au niveau musical, mais elles brisent un élan amorcé en français, car les flashs poétiques de l’artiste en français sont mémorables.

La réalisation aurait pu être davantage peaufinée afin d’ajouter plus de profondeur et d’espace, ce qui aurait été bénéfique pour les quelques longueurs du disque. L’équilibre n’est pas loin, mais il n’a pas encore été atteint.

Ce ne sont que des petits bémols parsemés au long d’une écoute somme toute exceptionnelle. Raphaël Freynet propose un véritable métissage entre un univers musical tangible et un désir d’explorer quelque chose d’imagé et rêvé, sans toutefois perdre en cohérence. Le monde à voir est un disque réfléchi et bien muri où l’on se retrouve immergé par un jeu sonore étonnant.

L’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) s’associe à Francopresse pour faire découvrir l’étendue du répertoire des disques francophones. Pour découvrir d’autres révélations musicales, consulter le site francopresse.ca

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