French Twist au Festival de poésie d’Edmonton

Près d’une soixantaine de francophones et francophiles se sont rassemblés à La Cité pour la première édition du volet francophone du Festival de poésie d’Edmonton, le 26 avril dernier. Bienvenue au French Twist.

Une soirée bilingue et volubile amorcée sous un moment de silence proposé par Pierrette Requier, poète et représentante littéraire du Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA). « Pour tous ceux et celles qui ont perdu leur langue. Parce qu’on le prend souvent pour acquis, mais c’est un grand privilège que de pouvoir s’exprimer dans notre langue », tenait à souligner Mme Requier pour qui le français est une langue retrouvée.


« Cette année, j’ai voulu inviter le grand public à voir how the French do it. Et lorsqu’on pense français, on pense bonne bouffe et élégance. Alors, j’ai joué avec les différentes saveurs, parce que nous allons entendre plusieurs styles de performances », évoque Pierrette Requier qui a offert au public, un bouilli poétique de ses expériences au sein d’une famille francophone du nord de l’Alberta.

Des styles et des saveurs bien différents, parfois accompagnés de musique, parfois livrés de façon théâtrale. « J’ai beaucoup aimé la mixité de l’anglais et du français. L’idée de les mélanger aura fait ressortir le meilleur de deux langues », partage Sari Schiff, anglophone. Bien qu’elle n’ait compris que la moitié des textes présentés durant la soirée, elle avoue s’être laissée bercer par les différents rythmes de la langue française.

Honneur aux artistes francophones
Une sélection d’artistes qui s’est avérée difficile pour Mme Requier, responsable de l’organisation de la soirée en collaboration avec le RAFA et la société du Festival de poésie d’Edmonton.

Gisèle Villeneuve nous emmenait dans les sentiers sinueux de l’écriture bilangue aux confins de l’anglonie et la franconie, alors que Raphaël Freynet aura offert une parcelle du monde d’où il puise son inspiration. Jocelyne Verret-Chiasson, quant à elle, partageait des poèmes où les champs de lin caressés par le vent de la Saskatchewan faisaient penser au mouvement de l’océan.

Le professeur de philosophie au campus Augustana de l’Université de l’Alberta, Jérôme Melançon, a transporté l’auditoire à Paris avec des vers joyeux et amoureux, alors que Josée Thibeault a offert une prestation toute culinaire avec un texte véritablement bilingue et une poésie pour le moins colorée. Jason Kodie est venu remplir la salle de mots et de musique aux sons de l’accordéon pour la dernière prestation.

Une session à microphone ouvert en fin de soirée aura aussi rassemblé des amateurs de poésie et des artistes tels qu’Ariane Mahryke Lemire et Gisèle Lemire.

Pierrette Requier participe au Festival de poésie d’Edmonton depuis sa création en 2006. Elle y performe souvent des textes en français et assure que les Edmontoniens raffolent des rythmes de la poésie française.

Le comité d’organisation a d’ailleurs sauté sur l’occasion lorsque Mme Requier a proposé le French Twist, traduit : le chignon, pour l’élégance que cette coiffure évoque et son association avec la culture française.

Une soirée pour les francophiles
« Ce chignon is so very elegant », affirmait d’ailleurs la poète lauréate d’Edmonton de cette année, Anna Marie Sewell, en s’adressant à l’auditoire. Cette dernière tenait à rappeler le rythme propre à chaque langue et son plaisir à l’entendre être livré par des artistes à son plein potentiel.

« La poésie survient à travers les langues. Or, elle les transcende, et c’est cette idée de traverser les frontières et de rejoindre
les gens qui la rend intéressan-te », témoignait la présidente de la société du Festival de poésie d’Edmonton et fondatrice de l’évènement, Alice Major. Elle ajoute qu’il lui semblait tout aussi important de tenir une soirée dédiée aux artistes francophones qu’une soirée en l’honneur des artistes autochtones.

Janice Boucher, quant à elle, ne pouvait imaginer meilleur endroit pour célébrer l’anniversaire de son mari, originaire du Québec. « J’aime la poésie et cela me permet de travailler sur mon français. Je n’ai jamais assisté à une soirée de poésie auparavant et j’ai beaucoup aimé », admet la spectatrice. 

Devant cet engouement de la première édition du French Twist, Mme Major se dit ravie de l’intérêt du RAFA à continuer cette collaboration pour les années à venir.

 

 

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