La comédienne Sylvie Drapeau de passage en Alberta

La tournée canadienne de la pièce La Liste de Jennifer Tremblay s’arrêtera à L’UniThéâtre d’Edmonton du 22 au 25 mars prochains. La comédienne a beau approché de la 100e représentation, Sylvie Drapeau ne se lasse pas de personnifier cette femme qui incarne en elle, un mal moderne.
 

« C’est une histoire universelle, humaine. Cette femme s’adresse directement au public en disant J’ai tué ma voisine. C’est comme si elle disait au début, vous pouvez me juger ou me condamner, mais laisser moi vous raconter », expose Mme Drapeau.


Pendant 75 minutes, le public assiste à la remise en question d’une mère intransigeante envers elle-même, aux prises avec des listes de responsabilités qui surchargent son univers mental. Une négligence de sa part, ou un oubli mène à la mort involontaire de sa voisine.

Le texte de Jennifer Tremblay aborde la question de la responsabilité des uns par rapport aux autres et de l’incapacité qu’ont les gens à marquer un temps d’arrêt dans leur vie.

« Au final, nous sommes tous pareils. Dans le monde moderne, il y a tant à faire que lorsque l’on pose une action au quotidien, nous sommes ailleurs dans notre tête. Nous ne vivons pas l’instant présent », déplore Sylvie Drapeau.

Seule sur scène, cette femme livre son propre procès en offrant au public tout ce qui survient dans sa tête. Ce personnage donne libre accès à sa psyché.

« Nous sommes vraiment au théâtre! Cette femme est plus qu’une femme, c’est un archétype. Dans une seule femme, on y retrouve plein d’êtres humains. C’est plus grand que nous », déclare Sylvie Drapeau.

Elle ajoute que les hommes aussi se retrouvent à travers la pièce.

Pour la deuxième tournée de La Liste, Sylvie Drapeau quitte momentanément la production de Wajdi Mouhawad, Des femmes, où 12 personnages interdépendants se partagent la scène. Elle convient que de prime abord, la différence entre les deux productions peut sembler drastique. Dans La Liste, Mme Drapeau se retrouve seule pour porter tout l’imaginaire du spectacle.

« Le sentiment de solitude ne dure pas longtemps. Cette femme sans nom raconte sa vie et dans son récit, il y a tous les autres personnages. Nous sommes nombreux au fond sur scène. Je me sens un peu comme une conteuse dans ce spectacle », témoigne l’actrice.

Le public devient d’ailleurs, rapidement interlocuteur du spectacle. Les nombreux silences, chargés de significations, amènent les gens à des révélations intimes et personnelles, selon Mme Drapeau.

« Les silences sont très importants puisqu’ils sont habités. Ils sont nourris du texte qui précède. Les gens les apprécient parce qu’ils ne sont pas vides. Chacun prend dans La Liste ce dont il a besoin de comprendre », indique-t-elle.

Elle avoue avoir appréhendé l’ajout de surtitres anglophones lors des premières représentations dans l’Ouest canadien. Les craintes se sont rapidement dissipées puisque ces derniers permettent d’accéder à la poésie du texte, qui a d’ailleurs remporté trois prix depuis sa parution en 2008, dont le Prix du Gouverneur général en théâtre de la même année.

La mise en scène qualifiée de judicieuse et inventive par Sylvie Drapeau est signée Marie-Thérèse Fortin et la pièce est une production du Théâtre d’Aujourd’hui.

Photo : courtoisie Théâtre d’Aujourd’hui.

 

 

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