Galala d’Edmonton : déjà 15 ans

« Moi, je crois dans les arts. La musique c’est un art social qu’il faut partager. Ça n’apporte que du bien dans une communauté. C’est de la beauté », s’exclame le fondateur du Galala, le musicien Pierre-Paul Bugeaud.

Ce qui avait débuté comme un petit spectacle pour la fête des Mères au printemps 1998 est rapidement devenu un évènement incontournable des jeunes artistes francophones d’Edmonton. Après quelques éditions seulement, devant l’envergure que prenait le projet, M. Bugeaud a dû lancer un appel pour recruter des bénévoles et former un comité afin de mener à terme le projet.


Le Galala est aujourd’hui un spectacle de variétés qui offre la chance aux jeunes de faire l’expérience de la scène, sous la supervision de musiciens professionnels francophones qui les accompagnent dans leur cheminement.

Bien que l’édition d’Edmonton reste la plus impressionnante en raison des ressources disponibles, des spectacles ont lieu un peu partout en province.

Cette année, un nombre record de 27 participants ont pris part à ce spectacle multidisciplinaire, qui s’est tenu le 3 et le 4 mars dernier à La Cité francophone d’Edmonton.

Organisé par le Centre de développement musical (CDM), le Galala n’a jamais été une compétition. « L’idée, c’est d’encourager les jeunes à chanter en français. La musique fait partie intégrante de la culture franco-albertaine », assure Pierre-Paul Bugeaud.

Ce dernier cherchait à créer quelque chose où les enfants pourraient s’impliquer pour redonner à la communauté. « C’est comme ça que j’ai été élevé, avec le bénévolat et l’implication, et je voulais démontrer la même chose à mes enfants et assurer une continuité. Aujourd’hui, ils donnent d’eux-mêmes pour embellir la communauté avec l’art et la culture », mentionne-t-il.

Souligner la réussite
Pour souligner la 15e année de ce spectacle, une ancienne bien connue du Galala, Amy Lee Painchaud a été invitée à participer au spectacle. Bien qu’à 21 ans, la jeune femme n’ait plus l’âge requis, qui se situe entre 8 et 18 ans. « C’était fantastique, j’ai adoré retourner. J’ai réalisé à quel point ça me manquait et j’étais contente de voir que l’évènement continue aussi fort et de voir tous les jeunes talents qui y participaient. Je n’aurais jamais su qu’il y avait tant d’opportunité en musique en français en Alberta si je n’y avais pas participé », témoigne l’étudiante en éducation au Campus Saint-Jean.

Des artistes tels que Mireille Moquin et Barobliq font partie des anciens du Galala.

Même si Amy Lee Painchaud ne compte pas faire carrière en musique, elle est heureuse d’avoir eu la chance de chanter sur scène accompagnée de musiciens professionnels. Une expérience qui a non seulement amélioré son chant, mais qui l’a aidé à bâtir sa confiance en soi et sa fierté francophone.

« Au début, c’était effrayant, mais plus ça allait, plus c’était quelque chose que j’attendais avec impatience. C’est une bonne opportunité de s’immerger en français et d’apprendre sur la musique francophone actuelle », témoigne la jeune femme.

Ses rencontres à travers le Galala l’auront conduite à fonder un groupe de musique durant ses études secondaires.

Pierre-Paul Bugeaud, lui, est visiblement fier de ces jeunes artistes. « J’ai remarqué cette année des jeunes qui participaient depuis trois ou quatre ans. Lorsqu’ils débutaient, ils étaient tous jeunes, gênés et ils n’avaient pas de voix. Aujourd’hui, je peux voir l’évolution. Ils ont développé leur talent, ils montent sur scène confiants et offrent une belle présentation », exprime-t-il.

Contemporain et multidisciplinaire
Au fil des années, le comité a décidé d’y intégrer différentes formes d’arts comme la danse et les arts visuels. Chaque année, un concours est lancé en partenariat avec la Société des arts visuels de l’Alberta dans le but d’impliquer les jeunes artistes visuels à confectionner le logo du spectacle qui se retrouvera, entre autres, sur les chandails promotionnels de l’évènement. Avec les commandites, cela permet d’autofinancer le spectacle. 

« Jusqu’à maintenant, nous avons la musique, la danse, le chant et les arts visuels, mais si un jeune souhaite un jour réciter de la poésie moi je suis très ouvert à ça », mentionne le musicien.

Devant la multitude de jeunes talents au sein de la communauté francophone, M. Bugeaud y voit la possibilité de créer d’autres évènements culturels du même genre.

Par ailleurs, l’engouement que suscitait le Galala aura conduit le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) a approché Pierre-Paul Bugeaud pour monter un programme de musique accrédité et de construire un studio de répétition de musique.

« Nous sommes choyés dans la communauté francophone parce que l’art est une priorité et des structures comme le CSCN donnent de l’argent et mettent les ressources nécessaires à son rayonnement. La musique c’est une richesse, c’est notre culture. C’est qui on est et ce qu’on vit. Ce sont de petites choses simples qui embellissent la vie », se réjouit M. Bugeaud.
 

 

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