La rentrée des arts franco-albertains

La moisson artistique serait-elle de retour ? C’est du moins l’impression que ça a donnée avec le lancement conjoint le 13 septembre dernier, de la programmation de l’UniThéâtre, du Centre d'arts visuels de l'Alberta (CAVA),  du Centre de développement musical (CDM) et de la Girandole. Les arts se sont donné rendez-vous dans la salle de spectacle de la Cité francophone. Si le vent d’automne a commencé à souffler, le vent des arts franco-albertains aussi. À quoi peut-on s’attendre cette année ? Coup de projecteur sur les arts de la rentrée.

Saison 2018 2019

C’est Naomi Nadeau responsable des médias sociaux à l’école de danse qui a lancé le coup d’envoi. Si cette année il n’y a pas de nouveautés en matière de programmation, le but demeure de solidifier les bases avec les classes déjà proposées. L’école offre principalement des cours à but récréatif et artistique et non compétitif. Les cours de danse traditionnelle telle que la gigue franco-albertaine reste l’une des plus  populaires parmi tous les cours proposés. Il y en a aussi pour tous les goûts et pour tous les âges. Les cours de Hip Hop et de ballet pour les 9-11 ans sont toujours très demandés. Les cours de comédie musicale ont aussi le vent en poupe, de quoi s’essayer au chant et à la danse. Un partenariat avec la Fédération du sport pour développer le bien-être au travail, se poursuivra après un premier lancement fait l’an passé. On peut y retrouver des cours de yoga dès 16h30 le lundi, du ballet le mardi midi, des cours de mise en forme le mercredi au moment du lunch et enfin la Zumba le jeudi de midi à 13h. Le but consiste à inviter les gens à bouger et leur proposer une véritable pause mentale dans le cadre de leur travail. Un rabais de 10% par session est applicable pour les personnes de la Cité, un 10% de rabais supplémentaire s’applique à chaque réinscription.

Le seul changement majeur est le départ annoncé début septembre de la direction générale de Mme Isabelle Rousseau. La prochaine assemblée générale annuelle de la Girandole se tiendra le 20 septembre.

Le Centre de Développement Musical (CDM)

Selon Matthieu Damer, directeur général du CDM, les cours crédités de création musicale dans les écoles de la province reviennent. Le Galala à Edmonton et les Galalas en région tels qu’à Canmore,  Falher, Bonnyville et Plamondon reviennent pour les 8-17 ans. Cette année, l’organisme a décidé d’ajouter la catégorie des 18 ans et plus, en organisant un spectacle distinct à Edmonton, pour tout(es) celles et ceux désireux d’avoir une expérience de scène accompagnée par un groupe de musique professionnel. Les 9 et 10 mars, trois spectacles seront donnés lors du Galala, dont deux dans la tranche des 8-17 ans, et en soirée un spectacle sera donné pour les 18 ans et plus.

Le groupe Étincelle, qui a récemment donné un spectacle à Grande Prairie lors du Réseau des villes francophones, sera de retour pour La Chicane en avril 2019.  Cette année, deux catégories de prix seront mises en place, afin de séparer les groupes d’âge lors du festival de musique suite à une augmentation du taux de participation. « Si les programmes sont concentrés sur la jeunesse, l’orientation consiste à développer une chaîne de développement … on commence avec les jeunes et on est en partenariat avec la chorale Saint-Jean … », explique son directeur général Matthieu Demers. La suite logique pour les jeunes qui font leur classe par le Galala, c’est le rendez-vous de Polyphonique,  puis de Chant'Ouest une compétition interprovinciale d'artistes émergents francophones des provinces de l'Ouest canadien et enfin le grand rendez-vous de Granby. Dans les nouveautés, une nouvelle plateforme numérique permettra de consolider les services du CDM, avec un accès en ligne à des formations sur des sujets tels que : un atelier de guitare, ou bien d’écriture de texte, ou encore la réservation d’une salle de répétition. Cette plateforme permettra aussi de présenter les personnes qui donneront ce genre de formation. Des projets conjoints entre le CDM et l’UniThéâtre avec le Festival de théâtre jeunesse et le Camp multi-arts avec L’UniThéâtre et la Girandole seront aussi au rendez-vous.

Le Centre d'arts visuels de l'Alberta (CAVA)

Pour Patrick Dunn, directeur général du CAVA ce partage d’informations démontre un désir de collaboration entre les organismes artistiques. Du 5 octobre au 9 novembre, une première exposition sur le thème de l’exploration, accueillera des installations d’artistes professionnels, originaires des quatre coins du Canada. L’artiste Sonia Paço-Rocchia, présentera son installation Hélix ainsi qu’un atelier sur la robotique. Les artistes Sylvie Nadeau, Karine Blanchet et Patrick Arès-Pilon seront aussi présentés dans le cadre de l’espace des membres. Une seconde édition sur le projet des Grosses têtes sera présentée, cette fois sur le thème de la réconciliation. Quatre jeunes autochtones guideront les jeunes dans la création de leur propre Grosse Tête qui représentent la culture des jeunes autochtones. L’objectif : créer plus de rapprochement entre les communautés francophones et autochtones. « Les Grosses Têtes représentent des nations ou des personnages, la connexion c’est le fait de parler tous français », explique Patrick Dunn. Les têtes seront dévoilées le 22  septembre. Des panels créatifs sur la réconciliation se tiendront à Legal et à Edmonton, le 28 septembre à l’ACFA de Centralta. Les artistes Terry Lusty et Jacques Martel viendront partager et témoigner sur leur expérience et la manière de vivre leur identité. Le 29 septembre, ça sera au tour des artistes Heather Shillinglaw et Isaiah Rust de venir dans les locaux du CAVA raconter leur histoire. En décembre, une vente de figurines aura lieu aussi dans les locaux du CAVA. En janvier prochain, un autre lancement se tiendra, afin de présenter la nouvelle programmation du CAVA.

L’UniThéâtre

Cette année, l’UniThéâtre a rallié les forces vives des arts francophones en initiant cette présentation conjointe du théâtre et des 3 autres organismes. L’année 2017-2018, a été une année charnière puisque le théâtre a accueilli en son sein une toute nouvelle équipe, à commencer par Joëlle Préfontaine directrice artistique et codirectrice générale (janvier 2018), Milane Pridmore-Franz directrice administrative et codirectrice générale (embauchée en juin 2016) et Émanuel Dubbeldam agent de projets, communications, et marketing (août 2017).

Après un passage de flambeau réussi du directeur général artistique sortant Brian Dooley, le CA de l’UniThéâtre a décidé d’opter pour une direction bicéphale. « Milane et moi avons chacune notre titre de direction, l’une artistique et l’autre administrative, mais ensemble on fait la codirection générale. C’est aussi pour assurer dans le futur qui si une personne part, il prévoit une bonne transition … c’est aussi un modèle de théâtre », explique Joëlle Préfontaine. D’autres théâtres au Canada se sont dotés d’un modèle identique à celui-ci.

Cette année, trois pièces grand public seront présentées. La première s’intitule Billy, les jours de Hurlement de Fabien Cloutier. Cette pièce porte sur le thème du conflit entre les différents protagonistes, le tout écrit en joual québécois. La seconde pièce s’intitule Ma Irma, de l’auteur Haley McGee, connue dans le circuit du Fringe, côté anglophone, traduite en français par la Fransaskoise Marie-Claire Marcotte. La troisième pièce de l’année, La fille du facteur de Josée Thibeault, déjà présentée dans la série de lectures publiques À Voix Haute, de L’UniThéâtre est le parfait mélange de poésie et de slam mettant en scène un spectacle personnel et touchant sur des épisodes de la vie de l’auteur. Côté jeunesse, la pièce intitulée : Elise contre l’extinction totale de Paula Humby, racontera comment un professeur a donné pour projet de classe à ses élèves sur comment sauver le monde. Cette pièce sera en tournée triprovinciale. La série À Voix Haute ou la force de la parole continuera aussi sa série de lecture.

Après cette soirée de lancement s’en est suivi l’AGA de l’UniThéâtre. Cette année, un surplus de 13,798$ a été enregistré, contre un déficit de 747$ en 2017. Les deux directrices ont expliqué avoir travaillé fort sur le nouveau budget de cette année. Un déficit cumulatif a été diminué ainsi de près de 50%. On a hâte d’entendre les trois coups lancer cette nouvelle saison théâtrale avec aux commandes sa toute nouvelle équipe.

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