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Zachary Richard fait salle comble à Calgary

Présent le 5 juillet à Calgary, Zachary Richard a donné un concert à guichet fermé à la Cité des Rocheuses. Interprétant plusieurs de ses titres phares ainsi que des nouveautés, l’artiste louisianais a enivré les Franco-Albertains de sa musique, et de spiritualité.

Le public a fait honneur a lartiste en se deplacant en masse

Au total, 188 personnes se sont déplacées pour apprécier « le plus français des Américains » sur scène. En majorité venus de Calgary, quelques-uns des spectateurs ont aussi fait la route depuis Canmore pour profiter du concert. À partir de 20 h, la représentation a duré plus d’une heure avec plusieurs rappels, suivie d’une séance de dédicaces jusqu’à tard dans la nuit.

Zachary Richard a pu proposer un bel éventail de ses plus beaux titres, des compositions les plus connues qui ont fait sa gloire, telles que Travailler c’est trop dur, à des morceaux plus récents issus du dernier album Gombo, comme La ballade du Irving Whale ou Au bal du Bataclan.

Zachary Richard sur la scene de la Cite des RocheusesUne proximité de cœur

Entre le Louisianais et les Franco-Albertains, le cœur palpite. L’artiste se dit toujours heureux de se produire pour ce public dont il se sent proche. « Il y a une certaine solidarité entre francophones en milieu minoritaire. C’est quelque chose que je comprends très bien, qui fait partie de mon vécu », explique-t-il.

Il faut dire que Franco-Albertains et Louisianais partagent des paysages semblables : « Il y a des ressemblances importantes, j’habite aussi dans une prairie où il y a beaucoup de cowboys et beaucoup de pétrole. En termes d’industrie et d’activité économique, l’Alberta ressemble à la Louisiane, bien que vos hivers soient un peu plus extrêmes ! », s’amuse l’artiste.

L’un au fin fond des États-Unis, l’autre au bout du continent canadien, mais c’est la même façon d’aborder la vie qui régit le quotidien, « avec une grande solidarité, l’esprit de communauté, la famille, l’amour de la fête, l’entraide, l’amitié, et un héritage francophone nord-américain ».

Zachary Richard réserve certaines de ses chansons à son public des Prairies. Très inspiré par l’histoire de Louis Riel, il dédie par exemple La cloche de Batoche au Manitoba, ou encore La Saskatchewan, qui parle de la rivière et non de la province, à son public albertain, dans un véritable éloge du camping.

Lors de sa séance de dédicaces en fin de soirée, le chanteur a pris un grand plaisir à rencontrer les spectateurs, dont certains le suivent depuis plus de 40 ans. « Certains sont là depuis mes débuts, d’autres me découvrent, c’est la même intensité d’expérience pour moi », confie-t-il.

En musique, en communion

Pour l’artiste, la musique permet de « dépasser les limites du quotidien, d’entrer dans un domaine qui est magique ». La musique donnerait ainsi une clé pour communier. « Le fait de chanter pour moi est un acte spirituel, surtout avec les gens avec qui j’ai une attache particulière comme les francophones en situation minoritaire. Il existe dans l’être humain un besoin, je crois, fondamental de se rassembler pour célébrer, et la musique est la meilleure façon de le faire », songe-t-il.

Originaire de la Louisiane, où la musique joue un rôle si important, Zachary Richard observe ses effets bénéfiques au Canada français. « On est tous fiers de nos musiques et musiciens. C’est un élément de la culture rassembleur, qui nous permet de partager de façon très évidente une culture spécifique ». Nul doute pour lui que la culture renforce l’identité francophone des communautés d’Amérique du Nord.

Si tous les arts peuvent transporter dans des expériences « intensément humaines », la musique tient une place toute particulière pour le Louisianais : « Elle a l’avantage d’être immédiate. Et elle est associée à la danse, que ce soit sur la piste ou dans la tête ». Il y en aura eu de la danse ce jeudi 5 juillet à la Cité des Rocheuses !

À 67 ans, avec 45 ans de carrière derrière lui, Zachary Richard n’a pas fini de faire rêver des générations de francophones. « C’était un grand plaisir de me retrouver encore dans les Prairies, j’espère que je serai de retour très vite ! », lance enfin le chanteur comme une invitation au revoir.

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