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Patrick Dunn, nouveau directeur du CAVA, prêt à « bâtir des ponts »

Le Centre d’arts visuels de l’Alberta (CAVA) vient de nommer un nouveau directeur pour succéder à Agnieszka Janowska. Patrick Dunn, originaire de Lethbridge et résidant à Edmonton depuis douze ans, est ainsi entré en fonction le 9 avril dernier. Au fait des enjeux de la communauté artistique franco-albertaine, le nouveau responsable entend bien faire rayonner les artistes locaux, en ciblant tout particulièrement les jeunes et les amateurs. Entretien.

Patrick Dunn

Le Franco : Pourquoi avez-vous voulu devenir directeur du CAVA ?

Patrick Dunn : Ça fait depuis mai 2017 que je suis technicien au CAVA pour des installations artistiques et j’ai été artiste et créateur toute ma vie. J’ai appris à connaître les artistes, je suis tombé en amour avec la galerie. J’adore les arts visuels et j’aime travailler avec les gens ici. Quand le poste s’est libéré, je me suis dit que ce serait une bonne continuation.

Le Franco : En quoi consiste votre rôle ?

Patrick Dunn : Je dois concevoir des projets, travailler avec des artistes visuels, répondre à leurs besoins, faire des démarches de subventions, aller trouver de l’argent pour les projets. Globalement, je dois accomplir la mission de faire rayonner les arts visuels de l’Alberta.

Le Franco : Quelles idées nouvelles apportez-vous ?

Patrick Dunn : Ça fait longtemps que je suis bourré d’idées ! Une chose qui m’intéresse beaucoup, c’est de rejoindre la jeunesse et les artistes amateurs. Il faut bâtir un pont entre professionnels et amateurs. Beaucoup se demandent comment devenir artistes professionnels, comment exposer dans une galerie et faire leur vie avec leur art. Il faut qu’un artiste amateur francophone en Alberta ait une piste très claire de ses opportunités. L’autre angle, c’est de créer un lien entre les arts visuels et d’autres disciplines artistiques, comme le théâtre, la musique et la danse. Il y a beaucoup de potentiel, d’échanges et d’inspiration entre les créateurs. Enfin, on a un travail à faire dans la manière de rejoindre les régions.

Le Franco : Vous êtes vous-même un artiste multidisciplinaire. Vous avez été lauréat du Chant’Ouest, représentant au Festival international de la chanson de Granby, récipiendaire du prix du meilleur discours humoristique au Parlement jeunesse de l’Alberta, meilleur comédien au Festival théâtre jeunesse de l’Alberta, et vous avez reçu le Prix du jury de l’ONF au Festival des vidéastes. Quel palmarès !

Patrick Dunn : J’aime créer ! J’aime sortir quelque chose de ma tête et le rendre vrai, physique. J’ai toujours aimé apprendre de nouvelles choses. En tant qu’artiste, je trouve que les opportunités de professionnalisation ne sont pas claires. Je voulais être comédien en français à la fin du secondaire mais je ne savais pas comment faire. Nos jeunes artistes visuels voient le monde très développé côté anglophone et ils se disent que pour faire une carrière c’est là qu’ils doivent aller. Il faut démontrer qu’il y a des opportunités dans le monde francophone.

Le Franco : Quelles expériences dans la communauté vous ont marqué ?

Patrick Dunn : J’ai été coordonnateur de projets et conseiller en développement de carrière artistique pour le Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA). Ce que j’aimais le plus, c’était d’aider les artistes à planifier leur carrière, m’asseoir avec eux, parler et trouver comment les pousser à aller encore plus loin. Ce travail m’a beaucoup nourri moi-même.

Le Franco : Comment percevez-vous la situation dans les prochaines années pour la communauté artistique franco-albertaine ?

Patrick Dunn : Je pense que c’est une terre fertile. Elle a juste besoin d’eau et de soleil !

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