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L’histoire des francophones de l’Ouest à la portée de tous

La maison de production francophone Red Letter Films, basée à Vancouver, vient de rendre public l’accès à l’un de ses documentaires historiques, La légende de Cataline. Avec ce genre de récits, c’est toute l’histoire des pionniers francophones qui est retracée, pour le plus grand plaisir de ceux qui voudraient en savoir plus sur leurs ancêtres.

Cataline

L’histoire des francophones en Amérique passionne. « J’ai été témoin de l’appétit des francophones en situation minoritaire pour ces histoires », rapporte Sylvie Peltier, présidente de la société de production et ancienne présidente de l’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC).

Les histoires franco-canadiennes de Red Letter Films seront publiées petit à petit sur la plateforme de YouTube. « Ces films étaient dans notre librairie privée, pas accessibles au public. On s’est dit qu’on devrait les partager avec la communauté », explique Sylvie Peltier.

Photo prise a Barkerville lors du tournage des reconstitutions pour le documentaire. De gauche a droite Jeff Henschel preneur de son Kirk Tougas cameraman Sylvie Peltier Productrice Realisatrice et Scenariste RUne histoire méconnue

Ce genre de documentaires rend hommage aux pionniers francophones de l’Ouest. « C’est un travail de visibilité », souligne Sylvie Peltier. Elle-même ne connaissait pas nécessairement la place et la contribution de ces personnages. « J’ai découvert l’histoire de beaucoup de francophones avec l’aide de l’historienne Jean Barman », indique-t-elle. Dans ses livres The West beyond the West et French Canadians, Furs, and Indigenous Women in the Making of the Pacific Northwest, l’auteure et historienne Jean Barman parle de l’influence des Canadiens-français, et de leur mélange avec les autochtones au temps de la traite des fourrures.

La première des histoires à être partagées par Red Letter Films est celle de Jean Caux, dit Cataline, un muletier français venu tenter sa chance dans la ruée vers l’or en Colombie-Britannique au milieu du 19e siècle. Le documentaire décrit son aventure dans l’Ouest en s’appuyant sur des photos d’archives et des reconstitutions dramatiques. À l’origine, La légende de Cataline a été conçue pour Radio-Canada et produit en 2002.

Au-delà du parcours personnel de l’homme, c’est toute une série d’anecdotes sur d’autres francophones de l’Ouest qui s’entremêlent dans le récit. Le documentaire nous plonge dans l'univers de la ruée vers l’or, d’une Angleterre désireuse de protéger la Colombie-Britannique de l’influence américaine, et de l’essor spectaculaire de Fort Victoria qui passa de 1 000 à 40 000 habitants en quelques mois. « C’étaient des rêveurs, des aventuriers », commente Sylvie Peltier.

Les années 1850 marquent aussi une époque dramatique, celle des désillusions et de mouvements migratoires soudains. « C’est une histoire dramatique, fascinante et dynamique », résume Sylvie Peltier. C’est en 1858 qu’est fondée la province de la Colombie-Britannique, avant de rejoindre la Confédération en 1871. En 1905 ce sera au tour de l’Alberta. «  On témoigne de tout un pan de l’histoire de l’Ouest », relève la responsable.

Jean Caux dit Cataline incarne par le comedien Rydyr MorseL’histoire au service de l’identité

L’appétit des francophones de l’Ouest pour leurs ancêtres traduit une quête de leurs racines. « Dans le fond, ça sert à bâtir l’identité », estime Sylvie Peltier.

Car vivre en situation minoritaire n’est pas toujours facile pour trouver ses repères identitaires : « Ce n’est pas évident au début, et avec le temps on finit par se rendre compte que le discours dominant autour de nous n’a rien à voir avec la francophonie et sa contribution. Tout est là pour nous assimiler », juge la présidente de Red Letter Films. Ainsi, en découvrant l’histoire de ses prédécesseurs, « on se rend compte qu’on n’est pas les premiers, qu’il y a toujours eu des francophones, et ça valide notre position », conclut-elle.

Dans les mois à venir, un documentaire plus contemporain de la société, Ouest qu’on parle français, sera lui aussi accessible sur YouTube. Cette série de portraits de francophones établit un tour d’horizon de la pratique de la langue dans l’Ouest. « Ça nous aide à trouver nos racines, à ne pas se sentir comme un intrus, à prendre notre place », observe la productrice.

Puis ce sera au tour de Franco-boom en Alberta, documentaire sur la ruée vers l’or noir, d’être diffusé en accès libre. « On est allés dans la région de Rivière-la-Paix, on a rencontré les communautés de souche, des familles qui sont là de génération en génération », évoque Sylvie Peltier.

Pour visionner les documentaires de Red Letter Films, rendez-vous sur leur chaîne YouTube: https://www.youtube.com/channel/UCWZzeYn2nA3xYizD8qwiI4g

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