Sur les entêtes de bus un peu partout au pays, on peut y lire « qu’on se souvienne ».  Cette célèbre phrase du poète anglais Rudyard Kipling, tiré de son poème Récession, s’affiche en l’honneur de la commémoration du 11 novembre. Une célébration importante qui permet chaque année de se remémorer le sacrifice de jeunes hommes morts au front. Une cérémonie au nom des soldats franco-albertains a également eu lieu à la Cité francophone. Tous se sont rassemblés.

Il est 10h45, plus de 100 personnes se sont réunies à la Rotonde. Parmi les personnes présentes, on pouvait compter des participants anglophones, francophones, mais aussi autochtones. « Toutes ces familles ont en commun d’avoir des racines francophones », précise le directeur de la Cité, Daniel Cournoyer.

 

Par exemple, la famille Laberge s’est déplacée en grand nombre cette année afin de déposer une couronne de fleurs en l’honneur de leur grand-oncle combattant de la Première Guerre mondiale. L’année dernière, une cinquantaine de ses membres était déjà venue pour l’occasion.

 

La cérémonie a commencé en entonnant l’hymne national canadien « Ô Canada ». Deux chants autochtones Honor song et Soldier boy ont aussi permis de rendre hommage aux centaines de jeunes soldats, dont les noms restent à jamais gravés sur les plaques posées à cet effet lors de cette cérémonie.

 

IMG 2740Le 11 novembre, tout un symbole

 

Le jour  du Souvenir est aussi connu sous le nom de jour de l'Armistice. Cette journée de commémoration annuelle existe aussi en Europe et dans les pays du Commonwealth. Elle reconnaît les sacrifices de la Première Guerre mondiale ainsi que d'autres guerres. Le président de l’ACFA provinciale, M. Marc Arnal, a pris la parole en évoquant la participation de son père, vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Un moment émouvant qui en a entraîné d’autres, puisque Daniel Cournoyer, le père du directeur de la Cité francophone, a partagé du haut de ses 94 ans ses souvenirs de jeunesse. Il a expliqué à l’auditoire avoir assisté à la disparition de ses compagnons. Ils avaient alors à peine 20 ans.

 

Mémoire d’un soldat

Cournoyer père tenait à l’époque un rôle administratif dans l’armée. Son fils raconte: « Il est arrivé dans les derniers six mois de la campagne de la Seconde Guerre. Il est resté par la suite deux ans en Europe afin de rapatrier les soldats… Il a tout vu ».

 

Si il n’a pas vu la ligne de front, certains de ses amis ne sont jamais revenus. Les cicatrices de la guerre sont bien réelles. « La guerre, c’est moche », lance l’aîné à son fils quand ce dernier, âgé alors de 14 ans, lui demande pourquoi il n’en parle jamais.

 

Si la guerre est parfois taboue, il faut pourtant se souvenir des personnes qui ont donné leur vie. D’ailleurs aujourd’hui, est-ce que le monde se souvient ? C’est la question que se pose le directeur de la Cité francophone. Selon lui, si le jour du Souvenir est un moment pour justement se remémorer, « on oublie facilement » malgré tout. « Il est important pour la francophonie de créer un endroit afin de reconnaître ces événements du passé. Ces combattants ne sont pas de simples combattants, ce sont des combattants de la liberté », conclut-il.  

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