Culture et monde numérique : les défis de la francophonie « au fond de la liste »

Des milliers de citoyens, artistes et intervenants ont participé à la consultation nationale sur la modernisation des stratégies fédérales dans la valorisation de la culture à l’ère numérique. L’exercice tenu à l’automne 2016 confirme l’urgence de redéfinir le contenu canadien, les créateurs et l’industrie culturelle. Le contenu en français demeure toutefois marginal.

Dube Culture monde numerique Anne Robineau

Des milliers de citoyens, artistes et intervenants ont participé à la consultation nationale sur la modernisation des stratégies fédérales dans la valorisation de la culture à l’ère numérique. L’exercice tenu à l’automne 2016 confirme l’urgence de redéfinir le contenu canadien, les créateurs et l’industrie culturelle. Le contenu en français demeure toutefois marginal.

« Ce que nous avons entendu aux quatre coins du Canada » est le surtitre du rapport de consultation publié le 21 février par Patrimoine canadien. Ce qui frappe dans le document de 60 pages est le peu d’attention accordée aux communautés francophones et le cadre suggéré par les participants pour en parler.

« Je m’attendais à trouver un peu de contenu sur les langues officielles », souligne la chercheuse Anne Robineau de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques de l’Université de Moncton. « C’est mentionné à quelques reprises, mais on ne les voit pas dans l’énumération des principaux défis et dans la façon de voir les solutions. Ça vient au fond de la liste. »

Dans la section sur les modèles de financement, les minorités francophones semblent reléguées au folklore. On invoque la nécessité « de soutenir les projets culturels qui revêtent une certaine importance pour le patrimoine culturel canadien, mais qui ne présentent pas nécessairement une viabilité commerciale importante (langues officielles, diversité culturelle, peuples autochtones) ».

La question revient ensuite dans une section intitulée « Lumière sur la diversité », où l’approche de financement uniforme risque d’avoir des répercussions négatives sur les collectivités francophones, les Premières Nations et le Canada multiculturel.

« C’est toujours choquant, déplore Anne Robineau, ça donne l’impression que la francophonie ne fait pas partie du grand portrait. Cette manière de traiter la question des langues officielles risque de reproduire les inégalités de moyens qui affectent les communautés. C’est organisé de façon réductrice. »

Il y a tellement d’autres enjeux et impacts, selon elle, que le fait d’être mentionnée seulement deux fois montre que la francophonie compte peu. « Je ne sais pas quels efforts ont été faits par les porte-parole des communautés, mais ils ne peuvent qu’être déçus de ce rapport. »

La FCFA du Canada et les organismes culturels nationaux, tels que la Fédération culturelle canadienne-française, ont participé aux consultations. La chercheuse du domaine des arts et de la culture souhaite que les communautés francophones fassent partie de la prochaine ronde, qui réunira les experts des industries culturelles.

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