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Oliver Jones : légende vivante du Jazz

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Oliver Jones a présenté son premier concert solo à l’âge de 9 ans, au Café Saint-Michel, à Montréal. Le prodige de la musique Jazz, qui joue sur scène depuis 77 ans, en est à sa tournée d’adieu, et il fera un arrêt à Edmonton pour l’occasion, le samedi 2 juillet. L’événement, qui est déjà qualifié d’historique par les promoteurs du Festival international de Jazz d’Edmonton, est à ne pas manquer.  

 

Le vénérable pianiste, aujourd’hui âgé de 81 ans, s’est déjà produit dans la capitale albertaine il y a trois ans. « J’en garde un très bon souvenir. Le paysage est magnifique, mais surtout, j’ai été surpris de rencontrer des gens si intéressés par le Jazz. Être si loin de Montréal, mais constater que les gens d’ici connaissent ma musique, c’était un très beau moment », se remémore-t-il. De plus, le musicien a offert des classes de maîtres en Alberta. « J’étais tellement surpris de la vitalité des musiciens d’ici », renchérit-il.

Oliver Jones s’exprime dans un français du quartier de la Petite-Bourgogne, dans le Sud-Ouest de Montréal, où il a grandi dans les années 30. « Après toutes ces années, depuis mon premier concert à l’âge de 5 ans, je trouve que c’est le temps de laisser la place à la relève », affirme-t-il.

Une relève épatante
Une grande partie de la conversation tournera d’ailleurs autour de la place faite à la relève. Oliver Jones ne tarit pas d’éloges envers les jeunes musiciens qui peuplent la scène d’aujourd’hui. « Le Jazz au Canada est promu par de jeunes musiciens qui ont profité de notre expérience. Mais en ce moment, la relève est simplement incroyable depuis les quinze dernières années. Les jeunes musiciens canadiens n’ont rien à envier à la relève américaine », juge-t-il. Du même souffle, il déplore le fait que parfois, le public canadien boude ses artistes Jazz. « Écoutez nos jeunes artistes, et vous serez surpris! »

Celui qui a voyagé aux quatre coins du monde remarque que le talent de la relève est pancanadien. « Il y a des jeunes talents dans toutes les provinces, et dans toutes les grandes villes, y compris à Edmonton. Ça m’impressionne beaucoup. Nous devons être fiers de nos jeunes artistes, ici au Canada », martèle-t-il.

Selon les dires du principal intéressé, c’est le Festival international de Jazz de Montréal qui, en 1983, lui a donné une opportunité incroyable pour propulser sa carrière. « Ils m’ont demandé de faire la première partie de Tony Bennett et d’Ella Fitzgerald.  « Je souhaite ça à tout le monde, c’est un souvenir unique. » Or, après toutes ces années de tournées et les 150 prix canadiens et internationaux qu’il a reçus, c’est de s’être vu décerné l’Ordre du Canada, en 1993, qu’Oliver Jones se dit le plus fier.

« Oscar»
D’ailleurs, lorsque questionné sur ses plus beaux souvenirs, Oliver Jones soupire en riant. « Il y a en vraiment trop! » Il se dit chanceux d’avoir grandi à quelques minutes de marche du meilleur artiste Jazz « au Canada et dans le monde », Monsieur Oscar Peterson, qu’il appelle simplement Oscar. « On restait à 12 portes de la famille Peterson. Et toute la famille m’a toujours aidé, y compris sa sœur et son grand frère Chuck, qui prenait soin de moi quand je faisais des concerts dans les clubs montréalais, à l’âge de 9 et 10 ans. »

Oscar Peterson lui a d’ailleurs légué un trésor inestimable à la fin de sa vie. « Alors qu’il était très malade, Oscar m’a donné des cahiers entiers de pièces inédites qu’il a écrites. J’en ai enregistré une quinzaine », raconte-t-il. En hommage à son grand ami disparu en 2007, Oliver Jones joue toujours plusieurs pièces d’Oscar Peterson dans ses concerts. « Le morceau le plus populaire, c’est Hymn to Freedom. On finit toujours notre spectacle avec ça », indique-t-il. Le tandem a d’ailleurs interprété cette pièce ensemble, en 2004.

Pour sa tournée d’adieu, Oliver Jones dit que le public doit s’attendre à un concert comprenant beaucoup de pièces de son cru, et quelques surprises. « À la fin, on laisse toujours une bonne place pour les demandes spéciales. On accepte tous les genres de musique, sauf le country, le Western, et le hip-hop », avertit-il, un clin d’œil dans la voix. 

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