« Ils ont été des ambassadeurs incroyables! »

La troupe de la Chorale Saint-Jean, dirigée par Laurier Fagnan, a vécu des émotions fortes lors de sa tournée française.


Du 6 au 19 juillet, les 51 choristes ont parcouru des villes, villages et îles françaises et ont fait découvrir à leurs habitants la voix francophone de l’ouest du Canada. « Je suis fier de ma chorale, de leur chant, leur comportement, de leur fierté d’être qui ils sont, d’être ce groupe, de faire cette musique », affirme fermement Laurier Fagnan.


À Lyon, à Paris, à Brouage, à Marennes, sur l’Île de Ré et ailleurs, la Chorale Saint-Jean était sur la route et sur la scène tous les jours. Devant 3500 personnes, elle a d’ailleurs fait vibrer le chœur de la célèbre cathédrale Notre-Dame de Paris, qui comme l’indique M. Fagnan, « est le lieu de naissance même du chant choral. »

La beauté, l’âge et l’histoire des lieux ont certes offert une expérience unique à tous les chanteurs. Pour certains, ce fut particulièrement marquant. « La dernière fois que je suis entré dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, c’était en 1998, juste après la mort de mes deux parents », a confié le choriste Roméo Desmarais.

Ses parents n’avaient jamais été à Notre-Dame, mais M. Desmarais sait qu’ils auraient aimé y être, et avait senti leur présence dans la voute en 1998. Pendant la répétition le samedi, il était très ému en anticipant de remettre les pieds dans la cathédrale, cette fois à titre de chanteur.

« Quand on entre, c’est tellement beau que ça fait penser à la vie », lance-t-il.

Le choriste Yvon Loiselle a aussi vécu la représentation dans la fameuse église avec grande nostalgie. « Je me suis rappelé ma mère, que j’ai perdue en 2000 », livre-t-il.

« Ma mère brulait toujours des lampions dans la paroisse Saint-Jean de Brébeuf en Ontario, d’où nous venions, retrace-t-il. Alors que nous répétions le samedi pour la représentation du dimanche, j’ai vu dans un coin des lampions, j’ai éclaté en sanglots pendant une quarantaine de minutes, c’était plus fort que moi. Ma mère aurait tellement aimé ça! »

De l’émotion, la Chorale Saint-Jean n’a pas manqué d’en vivre toutes sortes. Lors de la représentation qu’elle a donnée à Brouage, le village natal de Samuel de Champlain, « nous avions vraiment le sentiment d’être devant un peuple avec lequel nous étions liés », se remémore Laurier Fagnan.

« C’était un retour aux sources, c’était là où tout a commencé », renchérit Yvon Loiselle. « Nous chantions Je te retrouve et, tout à coup, des larmes sont apparues. Nous reconnaissions les gens de notre ancienneté, comme une famille éloignée, l’émotion fut très forte », indique le directeur de la chorale.

« À Marennes, nous avons chanté Toi, moi, tout un monde dans une église qui débordait », se rappelle M. Fagnan. Dans le chœur avec deux chorales françaises, les paroles « nous partageons un seul pays c’est cette langue qui nous uni » ont fait serrer les cœurs.

Un volet apprentissage
Entre les spectacles, la troupe a aussi saisi les occasions de se perfectionner. « Nous avons beaucoup vécu et nous avons beaucoup appris, culturellement et musicalement » a évoqué Laurier Fagnan.

Ils ont d’abord eu l’occasion de chanter avec Alter echo, qui a remporté les honneurs au Florilège vocal de Tours, l’un des plus prestigieux concours d’Europe. « Nous avons appris en les écoutant, mais aussi en les regardant », précise M. Fagnan.

Le chœur franco-albertain a aussi bénéficié d’un atelier pédagogique donné par le conducteur Jean-Louis Barbier, chef d’orchestre, chef de chœur et directeur artistique renommé en Europe et à l’international. La troupe a même pu profiter des installations à la fine pointe de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique de Paris, lors d’une séance d’enregistrement.

« On a beaucoup vécu, on a beaucoup appris, on a beaucoup partagé, on a beaucoup donné », résume encore Laurier Fagnan. Les Français leur ont servi un accueil chaleureux, « le meilleur accueil, on se sentait chez nous », d’insister Yvon Loiselle.

 Les choristes ont d’ailleurs reçu de touchants témoignages de leurs hôtes, plusieurs leur disant qu’ils avaient laissé chez eux « un coin de ciel bleu. » « On a secoué des vies, on a eu un impact pour eux », juge avec fierté Roméo Desmarais.

Surprise!
La tournée française de la Chorale Saint-Jean s’est conclue d’une manière inattendue. Le secret avait été bien gardé, et ce n’est que lors de leur dernier dimanche en sol français que les choristes ont appris qu’ils allaient chanter lors des noces de deux de leurs membres.

L’accompagnatrice Dessislava Gavrailova et le choriste Léonard Douziech ont uni leur destinée devant la tour Eiffel et la troupe de la Chorale Saint-Jean le dimanche 17 juillet, une union célébrée par Denis Magnan.

Pour Laurier Fagnan, c’est la preuve que « nous ne sommes pas qu’une troupe de choristes, nous sommes plus, nous sommes la communauté de la Chorale Saint-Jean. »

Roméo Desmarais partage ce sentiment, lui qui n’aurait pas pu participer à la tournée française si ce n’avait été de l’aide financière importante que lui a offerte l’un des choristes « que je ne connais que depuis deux ans à peine. Nous sommes vraiment une famille, indique-t-il, et encore, il y a des familles qui ne s’entraident pas comme ça. »

La Chorale Saint-Jean peut maintenant récupérer de ce voyage… et se préparer pour célébrer en grand son 75e anniversaire, l’an prochain.

 

 

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