Guy Armel Bayegnak publie un premier roman

« C’est une histoire qui se lit à plusieurs niveaux », indique Guy Armel Bayegnak au sujet de son livre Cœur de lionne, qui a été lancé le 15 juillet dernier à la librairie Le Carrefour d’Edmonton, lors d’une soirée qui a attiré près de 60 personnes.

 

Le roman

Au premier niveau, il y a le récit, l’histoire d’Évina, une étudiante camerounaise qui rassemble ses camarades de classe autour du projet de rénover le Jardin botanique de son université. Elle y travaille sans le soutien de son père, un homme autoritaire qui, tenant à protéger sa réputation et sa fille, voit d’un mauvais œil qu’elle fréquente les gens de son milieu, qu’il considère comme des voyous.

 

 

Au grand dam de son père et de ses bailleurs de fonds qui lui font des avances, Évina est éprise du capitaine de l’équipe de football universitaire. Lorsqu’elle se retrouve enceinte, elle fuit son père en colère, quittant du même coup sa famille, son projet, ses amis et son amoureux.

 

Une lecture attentive permet de réfléchir à la manière d’accueillir dans une famille une grossesse-surprise. En décrivant le comportement agressif et le rejet du père d’Évina, lors de cette période où elle est particulièrement vulnérable, « je ne veux pas dire ce qu’il faut faire dans ces circonstances, je veux seulement alimenter la discussion », précise l’auteur.

 

D’un point de vue plus large, « à travers les épreuves et la vie d’Évina, je raconte l’histoire d’une jeunesse urbaine camerounaise en pleine transition, emportée par la mutation à grande vitesse du pays », précise Guy Armel Bayegnak.

 

Il tente, en effet, d’y peindre la fissure générationnelle qui sépare les aînés d’une jeunesse « aux mœurs dégradés », à la recherche du bonheur à travers l’amour, la réussite et le matériel.

 

Un livre pour tous

L’auteur est confiant que son roman, distribué à la grandeur du Canada, peut toucher un large public. Écrit en français, il est premièrement accessible aux Camerounais francophones en sol canadien, qui peuvent s’y reconnaître.

 

Il s’adresse aussi au public occidental, chez qui Guy Armel Bayegnak espère « casser l’image stéréotypée de l’Afrique et des Africains. Je veux changer l’image d’un pays de safari en proie à la guerre et à la pauvreté. Ce n’est pas un déni de cette réalité, la guerre et la pauvreté sont bien présentes, mais au-delà, il y a des gens qui font le bien et qui aspirent au bonheur », insiste-t-il.

 

Un premier roman publié

Disponibles depuis juin 2011, les 350 premiers exemplaires de Cœur de lionne sont déjà distribués et il est question de procéder à un deuxième tirage. Lors de la soirée de lancement, la librairie Le Carrefour en a d’ailleurs vendu 35 exemplaires, soit la presque totalité de son inventaire.

 

L’auteur confie par ailleurs avoir bien d’autres histoires dans son chapeau, dont plusieurs sont sous forme manuscrite, écrite au Cameroun, pays qu’il a quitté il y a 11 ans. Il n’a cependant pas, pour l’instant, l’intention de les publier.

 

Au lieu de transcrire en version numérique des histoires qu’il a déjà écrites, Guy Armel Bayegnak préfère en écrire de nouvelles. Son prochain roman est d’ailleurs déjà à quelques signatures d’être publié, la sortie en est prévue pour 2012.

 

L’ouvrage racontera la vie en Alberta en période de boom économique, selon la perspective d’un étranger. M. Armel y raconte la cohabitation des Tent city et des Ferrari. « Le titre n’est pas encore fixé, mais il sera construit autour de “le plancher se dérobe” », prévoit-il.

 

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