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Karimah, de Polyfonik à Granby

Originaire d’Edmonton, l’auteure-compositrice-interprète Karimah a fait beaucoup de chemin depuis le début de sa carrière, il y a une dizaine d’années déjà. Surtout depuis qu’elle a fait un virage de l’anglais au français, il y a deux ans. Après ses passages remarqués à Polyfonik et à Chant’Ouest en 2014, c’est au tour du Festival international de la chanson de Granby (FICG) au Québec de l’inviter à faire ses preuves sur scène. Portrait d’une jeune artiste pleine de potentiel.

Ashanti Karimah Mcleod Marshall, abrégé à Karimah sur scène, a toujours eu des inspirations variées pour son art. Elle cite le Motown, la soul et le jazz parmi ses influences, qui ont pris tout leur sens lorsqu’elle s’est mise à chanter en français. «Comme artiste, je suis inspirée par beaucoup de musiques qui ne sont pas vraiment écoutées dans la francophonie», admet l’Edmontonienne dans la mi-vingtaine. Celle-ci se targue d’offrir une musique francophone avec, malgré tout, une petite saveur anglophone. «Je chante des petites phrases en anglais», mentionne celle qui a triomphé à Polyfonik en 2014.


«J’ai commencé en anglais, et cela fait seulement deux ans que j’essaie de faire plus de musique en français», reconnaît Karimah, qui se considère presque bilingue. Elle insiste d’ailleurs sur l’importance de chanter en français, surtout dans une province comme l’Alberta. «Je sais qu’il y a une population francophone qui grandit en Alberta, des gens qui parlent français et qui veulent leurs arts, leur musique en français. Pour moi, cela représente vraiment le Canada; j’adore le fait que le Canada est bilingue et je célèbre ce bilinguisme dans ma musique.» Cette dualité se transmet alors dans son art, notamment dans les anglicismes qu’elle continue d’employer dans ces chansons. «J’essaie d’en garder quelques-uns, parce que c’est moi, c’est mon expérience, mon monde où on parle les deux langues.»

Questionnée sur sa plus grande fierté comme artiste, Karimah est catégorique : ses prix à Chant’Ouest et à Polifonik figurent au sommet de son palmarès. «J’en suis fière, surtout parce que j’ai eu le prix du public. Quand on reçoit ce prix, on sait que ce n’est pas le choix de seulement deux ou trois personnes, mais bien celui de beaucoup de personnes», spécifie-t-elle.

En route pour Granby

Granby est une petite ville en Montérégie au Québec (environ 66 000 habitants), mais accueille chaque année depuis 1969 un des plus célèbres concours de chanson francophone au pays. Cela explique pourquoi il attire autant de jeunes talents, venant de partout au Canada, et ayant un but commun : montrer ce qu’ils ont dans le ventre. Ce sera d’ailleurs une première performance en terre québécoise pour Karimah, qui cache mal son enthousiasme. «J’ai visité le Québec par le passé pour des vacances, et aussi découvrir la province. Mais c’est la première fois que je vais jouer au Québec et devant un auditoire plus grand. Je m’attends à rencontrer beaucoup de personnes à Granby et faire des connexions avec des gens de l’industrie.» Pour remporter le grand prix du FICG, qui inclut une tournée européenne en 2017, Karimah fait face à 23 autres finalistes qui ont autant qu’elle l’intention de repartir avec les honneurs à l’issue du concours le 29 août. «Chaque jour, je pratique mes paroles et je pratique mon interprétation. Je suis en train d’écrire de nouveaux arrangements pour mes chansons pour m’assurer que chaque note est parfaite», répond l’artiste, qui travaillera aussi avec le directeur musical et la directrice artistique de l’événement pour peaufiner sa performance.

Projets de grandeur

Après une dizaine d’années de carrière, la jeune femme semble savoir plus que jamais où elle va. Celle qui a chanté pour le band Noisy Colours et qui a fait un duo avec Robert Walsh l’an dernier se sent prête à enfin sortir un album en français sous le nom Karimah. «J’ai sorti un EP (mini-album) en anglais fin 2014, TG/GR. J’espère sortir un album en français d’ici la fin de l’année ou bien l’année prochaine», précise la chanteuse qui a aussi lancé la chanson «Keep it up, Monsieur» sur sa page Bandcamp en juin, où elle a tout produit elle-même. À plus long terme, Karimah voit, bien entendu, un album, mais aussi des tournées à l’extérieur de l’Alberta. «Mon but est d’être en tournée, voire d’avoir une tournée internationale!»

À savoir si l’artiste de 26 ans souhaite demeurer en Alberta ou s’installer ailleurs pour faire avancer sa carrière en français, elle ne ferme aucune porte. «Peut-être que je vais déménager au Québec dans l’avenir… À Montréal, ou à Granby, on ne sait pas!» Le FICG n’est que «la première étape» pour elle de sa conquête du public à l’Est du pays; et comme plusieurs artistes bien connus de la francophonie, comme Jean Leloup, Isabelle Boulay, Luc De Larochellière et Lisa LeBlanc pour n’en nommer que quelques-uns, sont passés par le concours, tous les espoirs sont permis pour Karimah.

L’artiste rêve aussi de collaborations avec ses artistes favoris. Elle répond très spontanément. «Un featuring de rêve? J’en ai plusieurs! Karim Ouellet – j’adore Karim Ouellet –, Stromae… je pense que tout le monde veut travailler avec lui!, Alexandre Desilets, Alex Nevsky – les deux Alex, mes
préférés ! –, Misteur Valaire aussi, ils sont cool!» L’artiste spécifie qu’elle a d’ailleurs eu la chance de rencontrer Alexandre Desilets et les membres de Misteur Valaire à Chant’Ouest. Quant à Alex Nevsky, elle le rencontrera certainement au Festival, lui qui en est l’artiste invité cette année.

Karimah participera à la première demi-finale du concours, le 19 août. Si elle est retenue, elle participera aussi à la grande finale, le 28 août. Cette participation risque d’être le plus grand tremplin pour l’avenir de sa carrière artistique, mais elle n’oublie pas son public qui l’a appuyée depuis ses débuts. «Merci pour le support, pour les années précédentes. J’espère arriver à lancer quelque chose de vraiment concret dans la prochaine année!», ajoute-t-elle avec optimisme.

Photo : Amy Vachon-Chabot

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