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Une Franco-Albertaine engagée pour faire grandir la poésie d’Edmonton

 

L’artiste franco-albertaine Pierrette Requier débute officiellement son contrat de deux ans comme poète de la Ville d’Edmonton le 1er juillet. Elle est la première lauréate francophone à recevoir cet honneur.

 

La poète originaire de Donnelly, dans la région de Rivière La Paix,  deviendra en quelque sorte l’ambassadrice de la littérature de la Ville d’Edmonton. Elle aura l’occasion d’organiser des évènements et de mettre sur pied des projets visant à faire grandir la poésie dans la capitale albertaine. « C’est sans doute l’un des plus grands moments de ma vie. J’ai hâte d’inspirer les gens et de les aider à faire ressortir le poète en eux », affirme l’artiste qui cumule plus de 15 ans d’expérience dans le domaine.

 

 

Elle passera les deux prochaines semaines à laisser ses idées « mijoter », après quoi elle veut aider des artistes locaux qui ont déjà des projets en cours. « Quand on est poète, tout prend du temps », explique-t-elle.

 

Au cours de son mandat, elle souhaite organiser un évènement où les participants pourraient écrire dans la langue de leur choix. « J’ai besoin d’entendre la sonorité des autres langues. C’est une richesse qu’on peut développer. Il y a certaines expressions qui ne se disent pas aussi bien lorsqu’elles sont traduites », croit celle qui est à l’origine du festival de poésie French Twist, à Edmonton.

 

Elle voudrait aussi trouver une façon de renforcer la relation entre les deux langues officielles du pays. Pierrette Requier a grandi en anglais et en français. Elle se décrit comme étant une « bilingue pure laine ». « Pendant un bon bout de ma vie, j’avais honte d’avoir un accent dans les deux langues. Je ne savais pas si je devais écrire en français ou en anglais. Dans un atelier, il y a dix ans,  j’ai réalisé qu’il fallait que j’écrive dans mon propre jargon. Après tout, c’est vivant, c’est la langue du “vrai monde” », partage la poète, en ajoutant que ses lecteurs adorent qu’elle joue avec l’anglais et le français dans ses poèmes.

 

Des souliers rouges

Mary Pinkoski avait été choisie, il y a deux ans, pour devenir la poète d’Edmonton. L’artiste de « spoken word » a remporté plusieurs prix nationaux et a représenté Edmonton un peu partout en Amérique du Nord. « J’ai des grands souliers à chausser, mais le maire, Don Iveson, a souligné, lors de ma nomination, qu’avec ce que j’avais dans les pieds, des souliers rouges, j’allais être à la mesure », lance Pierrette Requier à la blague.

 

La Franco-Albertaine a grandi dans la municipalité de Donnelly; ses premiers écrits sont donc inspirés des plaines et de la nature. « Ma mère nous disait toujours lorsqu’on était jeunes: “venez voir les enfants, l’arc-en-ciel ou l’orage”. Elle nous incitait à apprécier les petites choses de la vie. C’est notamment pour cette raison que je suis connectée à ma province et au sol ».

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